[TTT #43] 10 livres des éditions Cambourakis dans ma wishlist

Top Ten Tuesday Frogzine« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français pour une 2e éditions sur le blog Frogzine. »

Les éditions Cambourakis je les connais depuis un moment, à traîner dans les milieux BD (jusqu’à être passée derrière le comptoir d’une librairie spécialisée dans le sujet – la BD, pas que Cambourakis, oh). Mais leurs romans, je ne les connaissais pas vraiment. Jusqu’à l’an dernier. Et depuis ils apparaissent régulièrement dans mon environnement de lectrice.

Premièrement, L’Oiseau Canadèche de Jim Dodge. Je l’ai acheté et lu en édition 10-18, avant de réaliser qu’ils étaient son dernier éditeur grand format en date. Excellent titre à remettre au goût du jour.
Puis il y a eu La Fin du vandalisme de Tom Drury chez Points, auteur que j’avais repéré en tombant totalement par hasard sur la suite de ce titre. Moi qui suis de plus en plus attirée par la littérature américaine, je commençais à me dire qu’il fallait surveiller tout ça.
Puis j’ai découvert Paul Beatty, toujours chez 10-18 avec American Prophet. Si ce titre – un coup de cœur – était publié chez Passage du Nord-Ouest en grand format, devinez qui a repris l’auteur et publié son dernier titre à la rentrée littéraire ? Bingo. Moi contre les Etats-Unis d’Amérique a rejoint ma PAL, du coup.
Avant cela, il y a eu le conseil de l’été de Charybde 2 pour la réédition du classique Alexis Zorba. Et puis il y a quelques jours je vois sur la page Facebook l’éditeur annoncer sa joie de rééditer un grand roman américain… Et j’ai même découvert que j’avais un titre graphique de l’éditeur dans ma bibliothèque, offert à un anniversaire : Silhouettes de la culture pop de Olly Moss. Hiiiiiii !

Stop ! N’en jetez plus ! Je suis tombée dans le catalogue pour vous sortir un Top Ten de mon cru : 10 livres des éditions Cambourakis qui ont atterri dans ma wishlist (ou qui ont tout du moins attiré mon œil).

Littérature anglophone

Le Courtier en tabac (John Barth) Les Fantômes voyageurs (Tom Drury) Retenir les bêtes (Magnus Mills)

Le Courtier en tabac, John Barth (réddition à paraître ce mois-ci) – Description de l’éditeur « une pièce essentielle de la littérature américaine contemporaine, indisponible depuis bien trop longtemps ! ». Need.

« Unanimement considéré comme le chef-d’œuvre de John Barth, Le Courtier en tabac a acquis le statut d’un classique contemporain. Situé à la fin du XVIIe siècle, le roman raconte l’odyssée chaotique d’un jeune puceau maladroit et naïf, Ebenezer Cooke, envoyé dans le Nouveau Monde pour veiller sur la plantation de tabac de son père et rédiger un poème épique sur les splendeurs du Maryland, assisté d’un valet poltron et d’un mystérieux précepteur, notre infortuné poète sera capturé par des Pirates puis des Indiens se verra déposséder de ses biens par de grossiers imposteurs, tombera amoureux d’une prostituée, défendra tant bien que mal sa précieuse virginité, et croisera quantité de dangereux personnages qui ne cessent d’échanger leurs identités – il finira même par découvrir le  » scabreux secret  » de la mythique Pocahontas. À la fois parodie du genre picaresque et satire du roman d’apprentissage, fantaisie nihiliste et farce historique, hommage à Rabelais et Voltaire, Don Quichotte et Gil Blas, Swift et Sterne, Le Courtier en tabac est une monstrueuse machine romanesque sur le vice et l’innocence, écrite dans une langue savoureuse et drolatique. »

Les Fantômes voyageurs, Tom Drury – La « suite » de La Fin du Vandalisme, dont j’ai aimé le surréalisme poétique.

« Tant de choses peuvent arriver en un week-end, et celui qui s’annonce sera particulièrement fécond en évènements pour les Darling, une famille du Midwest (presque) comme les autres: Charles, voleur reconverti à la plomberie, Joan, ex-comedienne, ex-prosélyte, désormais à la tête d’une association de défense des animaux, leur fils Micah, sept ans, et sa grande demi-soeur Lyris, nouvelle venue dont la jeune silhouette suscite d’inévitable attractions dans le comté. Tous naviguent comme ils le peuvent dans le flot de sentiments parfois obscurs, parfois contradictoires qui tantôt les réunit tantôt menace de les séparer. Resserrant sa focale sur des personnages qui occupaient une place périphérique dans la constellation dessinée avec « La fin du vandalisme », Tom Drury donne ici toute la mesure de son immense talent: maître du dialogue burlesque, il tisse une toile narrative pleine de détails d’une merveilleuse finesse, fait surgir l’extraordinaire des situations quotidiennes, et mêle avec une magie qui n’appartient qu’à lui mélancolie et drôlerie. »

Retenir les bêtes, Magnus Mills – Découvert dans… Spirou il me semble, conseil d’un auteur de BD. Aussitôt repéré, aussitôt cherché sur le net, aussitôt aimé le concept et ajouté à la wishlist. Une édition poche de chez Cambourakis en plus.

« Tignasses de hooligans, drapeau écossais gravé sous la peau, Tam et Richie n’ont qu’une passion, le pub, qui a le mérite de conjuguer deux activités essentielles : picoler et draguer la serveuse. Une telle vocation entraînant fatalement quelques frais, les deux losers finissent par consentir à cette harassante perte de temps qu’est le travail, optant pour la pose de clôtures, métier tranquille… tant que le maillet ne prend pas trop de libertés vis-à-vis du poteau. Le vent tourne le jour où le patron décide de les expatrier en Angleterre, flanqués d’un contremaître un brin laxiste et d’une caravane déglinguée. Sous une pluie battante, le chantier s’organise, avec pour tout réconfort quelques boîtes de fayots et une cassette de Black Sabbath. Mais une lumière brille chaque jour au bout du tunnel : l’enseigne du Queen’s Head, seul pub à la ronde, où ils ne tardent pas à croiser les frères Hall, gloires locales au physique de boucher… qui donnent eux aussi dans la clôture. Avec cette comédie à la masse, Magnus Mills s’est imposé comme l’un des écrivains anglais les plus originaux du moment. »

Sale temps pour les braves (Don Carpenter) Mais qui a tué Harry ? (Jack Trevor Story) Neige (Anna Kavan)

Sale temps pour les braves, Don Carpenter – Que d’éloges à propos de ce roman reparu depuis en édition de poche ! Il suffit de visiter sa page internet.

« Abandonné dès sa naissance en pleine crise de 1929, Jack Levitt traîne ses airs de mauvais garçon et ses pulsions meurtrières dans la grisaille de Portland. Empoisonné par l’amertume qui fait bouillir son sang, Jack suit depuis toujours le parcours d’isolement que la société a prévu pour lui. Après l’orphelinat, la maison de correction; après la prison du comté, la prison d’Etat. Jack a vingt-six ans quand il sort de San Quentin. Affranchi par la connexion qui l’a uni à son codétenu Billy Lancing, Jack tentera de se libérer de la solitude de la vie, son ennemie de toujours, à travers l’aventure conjugale et la paternité. Mais là encore, la liberté est hors de portée.« 

Mais qui a tué Harry ?, Jack Trevor Story – Repéré dans mon épluchage rapide du catalogue, j’ai aimé le résumé de ce polar pas tout à fait polar, dont l’approche originale m’a légèrement fait penser à l’approche surréaliste et humaine de Drury (juste à lire le résumé comme ça).

« Alors qu’il vadrouille en forêt par un beau jour d’été, Abie, petit garçon de quatre ans, bute sur le corps d’un homme étendu au milieu des fougères et des rhododendrons, en ce charmant coin de campagne anglaise. Harry est mort, et son cadavre est bien encombrant pour les membres de la petite communauté qui peuple la lande de Sparrowswick. Plusieurs fois découvert, caché, enterré, exhumé au cours d’une même journée, le défunt déclenche une série de quiproquos, et sera le révélateur des turpitudes secrètes des villageois, qui tous ont de bonnes raisons de craindre d’être accusés de meurtre. Mais l’incident, cause de beaucoup d’angoisse, encouragera également le rapprochement de quelques êtres, les situations aiguës stimulant semble-t-il sentiments et passions… »

Neige, Anna Kavan – Un petit côté science-fiction, une auteur louée par Brian Aldiss et J.G. Ballard et alors franchement, pourquoi pas ? D’autant que mon œil l’avait déjà repéré, sa couverture me disait quelque chose…

« Quelque chose en elle appelait la tyrannie et la terreur, et elle corrompait mes rêves, m’entraînait dans des recoins obscurs que je ne tenais nullement à explorer. Je ne savais plus au juste qui de nous deux était la victime. Peut-être étions-nous la victime l’un de l’autre. Un homme sans nom poursuit obstinément une femme qu’il a aimée jadis – une femme fragile comme le verre, à la chevelure étincelante comme le clair de lune – dans un monde de catastrophe imminente.
Jour après jour, la glace grignotait la courbe du globe, dans une progression que ni les mers ni les montagnes n’entravaient. Elle s’approchait régulièrement, sans hâte ni lenteur, laminant des villes entières, remplissant des cratères d’où avait coulé de la lave en fusion. Il n’y avait aucun moyen d’arrêter les gigantesques bataillons de glace envahissant inexorablement le monde, écrasant, rasant, détruisant tout sur leur passage. »

Littérature européenne non anglophone

Alexis Zorba (Nikos Kazantzaki) La Guerre des salamandres (Karel Capek)

Alexis Zorba, Nikos Kazantzakis – « Zorba le grec », mais si, le film, ça vous dit quelque chose ? Ben c’est ça, mais différent (a priori). En tout cas c’est chaleureusement recommandé par des gens de bon goût et c’est reparu cette année chez Cambourakis.

« Dans ce roman écrit entre 1941 et 1943, aux heures les plus sombres de l’histoire de la Grèce moderne, Nikos Kazantzaki, presque sexagénaire, dresse le bilan d’une existence placée sous le signe du conflit intérieur et de la quête philosophique. Loin de sa version folklorique popularisée par le film de Cacoyannis et l’interprétation qu’en a donnée Anthony Quinn, l’Alexis Zorba du romancier grec apparaît surtout comme le prétexte à une interrogation sur les formes et le sens de la liberté. Il préfigure la célèbre épitaphe choisie par son auteur : « Je n’espère rien, je ne crains rien, je suis libre ». »

La Guerre des salamandres, Karel Čapek – Classique de la science-fiction et auteur mythique qui nous a donné le terme « robot ». Rien que ça. Plusieurs titres de cet auteur m’intéressent mais pour ce top j’ai choisi celui-ci.

« Les « Salamandres » de Capek sont secrètement parvenues, parallèlement à l’homme, à un degré d’évolution presque comparable. Ce sont de braves créatures peuplant discrètement, à l’abri des requins, certains hauts-fonds de nos côtes maritimes. L’homme (en la personne truculente du Capitaine Van Toch) les découvre d’abord au large de l’Indonésie, sur une petite île sauvage. Ce sont des êtres paisibles, corvéables à merci et mêmes… comestibles. Asservies, exploitées, les salamandres finiront cependant par se révolter, initiées en cela par la pensée marxiste et sensibilisées aux droits accordés aux ouvriers. Emportées par leur élan, ces dernières découvriront alors l’impérialisme, le nationalisme, grignotant peu à peu l’habitat terrestre, nos côtes s’effondrant dans leurs océans. Succéderont-elles alors à l’homme, seules maîtresses d’un globe aquatique, imitant celui-ci jusque dans sa manie d’autodestruction ? »

BD et Essais

Annie Sullivan & Helen Keller (Joseph Lambert) Ne suis-je pas une femme ? : Femmes noires et féminisme (Bell Hooks)

Annie Sullivan & Helen Keller, Joseph Lambert (coédition Ça et Là) – J’ai pas mal vu passer cette BD au moment de sa parution et du coup je serais très curieuse de découvrir ce récit.

« Née en 1880 dans l’Alabama, la petite Helen Keller devient aveugle et sourde à l’âge de dix-neuf mois, suite à une maladie. Elle se trouve alors dans l’incapacité de communiquer avec son entourage, si ce n’est avec quelques gestes maladroits. Sa vie va être bouleversée l’année de ses six ans, quand ses parents engagent Annie Sullivan comme préceptrice. Elle-même malvoyante, celle-ci a appris à enseigner la langue des signes à l’Institut Perkins pour les aveugles. Elle va prendre en charge l’éducation d’Helen Keller, et, au fil des mois, réussir non seulement à établir un contact avec l’enfant, mais aussi à lui apprendre la langue des signes, puis l’écriture. Les deux femmes resteront amies à vie. Annie Sullivan et Helen Keller relate l’histoire de cette extraordinaire rencontre. Une véritable leçon d’humanité, magnifiquement dessinée par Joseph Lambert. »

Ne suis-je pas une femme ? : Femmes noires et féminisme, Bell Hooks – Je suis tombée par hasard sur cet essai qui traite d’un sujet qui me touche (le féminisme) mais selon un axe qui m’est plutôt inconnu (féminisme et femmes noires aux Etats-Unis. Doublement intéressant donc.

«  »Ne suis-je pas une femme ? », telle est la question que Sojourner Truth, ancienne esclave, abolitionniste noire des Etats-Unis, posa en 1851 lors d’un discours célèbre, interpellant féministes et abolitionnistes sur les diverses oppressions subies par les femmes noires : oppressions de classe, de race, de sexe. Héritière de ce geste, bell hooks décrit dans ce livre devenu un classique les processus de marginalisation des femmes noires et met en critique les féminismes blancs et leur difficulté à prendre en compte les oppressions croisées. »

2 réflexions au sujet de « [TTT #43] 10 livres des éditions Cambourakis dans ma wishlist »

    • Chouette 😀
      C’est la première fois que j’ai l’impulsion de faire un Top Ten comme ça, j’ai pris plaisir à l’écrire, je recommencerai peut être pour d’autres petites maisons (plus ou moins petites d’ailleurs ^^)

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