Les Enfants de Peakwood (Rod Marty)

Les Enfants de Peakwood (Rod Marty)

Les Enfants de Peakwood

Auteur : Rod Marty
Couverture : Aurélien Police
Editeur : Scrinéo
Date de parution : 10/2015
Pages : 382
Prix : 20€ / 9,99€ ebook

Peakwood, petite ville du Montana, tait un lourd secret, souvenir d’un accident de car tragique.
Mais dix ans plus tard, celui-ci semble rattraper les habitants. Blessures et comportements mystérieux se développent soudainement. Une force implacable se réveille.
Afin d’éviter un nouveau dénouement dramatique, il faudra trouver un moyen de l’arrêter.

Contexte sympathique pour un thriller fantastique

Le cadre choisi pour un récit fantastique à tendance horrifique est tout à fait adapté. La petite ville isolée de Peakwood en plein hiver permet de jouer des étrangetés qui n’auraient pas aussi bien fonctionné ailleurs, ou révélé trop tôt certains points du mystère.
Le choix des Etats-Unis s’avère quant à lui vite logique, car le folklore indien tient une place très importante dans ce qui se joue. Les parties un peu mystiques qui s’y rapportent sont bien dosées, laissant la place libre pour la lutte des habitants.

Le récit se déroule sur quelques jours, laps de temps bien choisi pour que l’intrigue se développe sans précipitation tout en étant assez court pour que l’angoisse grimpe à bon rythme.
Les Enfants de Peakwood n’est pas spécialement un roman à faire des cauchemars ; il semble d’ailleurs ne pas aller totalement au bout de ses possibilités anxiogènes, ce qui est un peu dommage. Mais cette lecture s’apparente tout de même à un thriller haletant avec compte à rebours mortel, une source de tension déjà très honorablement exploitée.

Un aspect humain très développé qui contribue à la montée en tension

L’auteur prend le temps de laisser monter très doucement les problèmes, les éléments ne s’additionnant que tard, quand la machine est déjà allègrement lancée. De plus, Rod Marty ne se contente pas d’enchaîner simplement les horreurs.
Au contraire même, et c’est une des grandes qualités de ce roman, l’auteur propose une véritable plongée dans la tête de chacun de ses narrateurs.

Les Enfants de Peakwood est un roman en multi narration, à la proportion relativement équilibrée d’adultes et d’adolescents, chacun respectant les caractéristiques de son âge. Si certaines réactions peuvent paraître un peu attendues parfois, elles restent logiques et ne basculent pas dans l’exagération.
L’histoire de l’accident ne fait pas tout. Harcèlement, problèmes psychologiques ou physiques, difficultés relationnelles avec sa famille ou le reste de son entourage… chacun porte en lui une souffrance plus ou moins intense que le lecteur apprend à connaître, ce qui l’amène à angoisser doublement : pour la vie quotidienne de ces gens forcément pas tous les jours simple et pour la force surnaturelle qui gagne en force et risque de les engloutir.

Les éléments horrifiques prennent donc petit à petit au fil du récit leur place dans les consciences. Des blessures mystérieuses qui inquiètent leur porteur, une disparition brutale, une voix, la perception d’un changement inquiétant survenu chez les autres…
Vivre toute l’affaire par le biais des protagonistes crée presque plus de tensions que les actes en eux-mêmes, aussi horribles soient-ils.

De la maîtrise et des choix narratifs sans concession

Pour un premier roman, la maîtrise de Rod Marty est à noter. Non seulement les personnages sont bien campés, la tension est plutôt bien gérée, mais en prime la construction et l’écriture sont tout à fait entraînantes.
Le lecteur est plongé de A à Z dans cette histoire, tenu en haleine par quelques petits suspenses de fin de paragraphe (très peu de chapitres ici) et l’alternance de points de vue.

Si la narration par des héros adolescents et d’autres éléments rendent l’histoire accessible aux ados, Les Enfants de Peakwood ne se limite aucunement à ce lectorat. L’auteur a choisi de ne pas faire dans la dentelle et au-delà des difficultés vécues par tous, ados compris (parfois pas tendres du tout), le côté horrifique s’exprime bel et bien.
Ce n’est clairement pas le genre de récit où malgré une grosse trouille tout le monde s’en sort, indemne qui plus est, et n’en parlons plus. La première victime surprend, la deuxième est gérée avec un très bon suspense et à partir de là tout est possible.
Qui survivra et dans quel état ? Difficile à dire. Il faut absolument aller au bout de cette lecture pour le savoir.

Rod Marty est un auteur « coup de coeur » pour Scrinéo. Il est vrai que Les Enfants de Peakwood est un roman au rythme entraînant et à l’écriture maîtrisée ; le plaisir de lecture est indéniable. Avec une parution le 8 octobre, voilà un titre parfait pour accompagner Halloween ou simplement les sombres soirées à venir.

 Challenge Halloween 2015

6 réflexions au sujet de « Les Enfants de Peakwood (Rod Marty) »

    • Après je ne sais pas ce que tu entends par « thriller » et ce que tu n’aimes pas dedans. Moi j’entends ça façon « récit rythmé qui provoque le stress par ses enjeux et/ou son timing », quelque chose de très prenant en somme ^^

  1. Je me laisserais bien tenter pour le côté horrifique. Certains romans en littérature jeunesse sont parfois surprenants.
    Je ne sais pas pourquoi mais l’accident de car me fait penser à celui des « Revenants ». C’est sûrement parce que je l’ai lu le roman récemment. Après, j’imagine que l’histoire part dans une autre direction.

    • Je ne connais pas « Les Revenants », mais je pense que Peakwood est moins horrifique, plus psychologique. Et ce n’est pas jeunesse, c’est juste accessible aux ados (pas trop jeunes), parce qu’il n’y a pas de truc spécialement gore ou autre extrême et qu’une partie des protagonistes sont des ados, pour le reste c’est tout à fait adulte 🙂

  2. Ping : Chroniques des livres éligibles au Prix Planète-SF 2016 : A à K (par titre) - Planète-SF

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