[TTT #41] Les 10 critères qui font qu’un roman est un coup de coeur

top ten thursday“Le Top Ten Tuesday (ou TTT, donc) est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français chez Frogzine.”

S’il y avait une recette pour faire d’une lecture un coup de cœur de façon sure et certaine, je pense que nous l’aurions tous déjà trouvée. Il est donc de fait impossible de répondre à une question pareille.
Pourtant, force est de constater que certains critères reviennent régulièrement. Voici une petite liste non exhaustive, dont les éléments sont complémentaires mais pas forcément tous nécessaires au coup de cœur. Et en passant je vous parle de l’inverse qui m’insupporte. Hop, combo.

Des personnages en profondeur, complexes et qui évoluent avec les épreuves qu’ils traversent.
J’ai besoin que les personnages soient VRAIS. Je ne déteste rien de plus que les drama queens ou les héros au physique et aux réactions parfaits. Je ne parle pas de ceux qui sont totalement incohérents du style « je suis une badass mais je deviens une espèce de chiffe molle incapable d’aligner deux neurones dès qu’un mec me regarde, à part pour me demander s’il m’aime ou non en effeuillant des pâquerettes ».

Une écriture qui transporte, à la fois accessible et fine, travaillée et légère, adaptée au récit et lui donnant une dimension supplémentaire.
Bref, de la personnalité que diable ! Une histoire n’est pour moi rien sans un minimum de style. Une mauvaise écriture m’insupporte en elle-même et m’empêchera de profiter du récit. Un gamin de dix ans est censé savoir aligner des mots. En revanche faire passer une émotion ou vivre une action, ça se travail. Un peu d’âme dans nos livres s’il vous plaît !

Une construction cohérente et bien rythmée.
Parce que des fois, le style est là et pourtant, patatras. Un retournement de situation trop rapide, un personnage qui change de manière irréaliste, un tiers du bouquin chiant comme la mort et le reste bien prenant, des fils qui partent dans tous les sens sans retomber sur leurs pieds…
Je suis au contraire très fan de ceux qui savent gérer leur narration, la construire habilement, mettant les passages lents au bon endroit, sachant prendre le temps de poser des personnages et des situations, sachant où introduire un peu d’action ou d’émotion… Je crois que c’est encore plus dur que de développer du style.

Un message qui passe tout en subtilité et que le lecteur doit s’approprier (s’il y a message).
Je suis très agacée quand un message me saute à la tronche en lettre clignotantes et surlignage fluo. D’autant plus s’il est hyper naïf (façon Miss USA « la guerre et la famine say mal ») et que l’auteur ne laisse aucune place à l’interprétation.
En revanche, j’adore quand l’auteur nous lance des perches mais nous donne juste ce qu’il faut pour nous faire réfléchir, tirer nos propres conclusions et décider de comment ce message va nous impacter. Ceux qui arrivent à faire ça sans même que je m’aperçoive qu’il y a un message ont toute ma considération.

Un récit qui apprend des choses, sur l’histoire, sur d’autres pays et sociétés, sur son sujet de manière générale…
J’aime ressortir grandie d’une lecture. Évidemment, il faut que les éléments s’insèrent parfaitement au récit, sinon autant lire un essai ou une encyclopédie (je n’ai rien contre, mais si je lis un roman je veux un roman ^^). J’aime voyager avec mes lectures et avoir l’impression de m’être réellement immergée dans une époque ou un pays, auprès des protagonistes. C’est le meilleur moyen de s’imprégner de ces choses inconnues.
Si le livre me donne envie d’approfondir en allant faire des recherches sur le net, c’est encore mieux (parce que vu ma flemme naturelle, ils ne sont pas si nombreux à y arriver).

Le récit qui trouve une résonance en moi vis à vis de mon vécu, de ma façon de voir les choses.
Soit parce que ça me ressemble, soit au contraire parce que ça bouscule ma perspective. J’aime quand un livre me remue intimement.
D’ailleurs pour ça un des livres qui m’a le plus marqué est Chroniques de l’oiseau à ressort d’Haruki Murakami. Lu vraiment au bon moment, l’introspection du héros faisait écho à la mienne.

Un récit qui me rend humble.
En me racontant des histoires de gens ordinaires qui ont vécu des choses extraordinaires, ici ou ailleurs, actuellement ou il y a longtemps. Encore une question de perspective. J’aime ressortir d’une lecture en me sentant petite fourmi qui fait partie de la grande marche du monde, et savoir qu’il y a des gens aux destins fabuleux qui ont vécu ou vivent encore, des gens ordinaires qui ont vécu des moments historiques, que tout le monde peut faire l’histoire, tout le monde a sa place.

Un livre qui sait réveiller mon âme d’enfant en réenchantant le monde et en me faisant croire à nouveau à la magie.
Good luck with that. C’est essentiellement destiné à la jeunesse, mais pas que. Et Diana Wynne Jones est géniale pour ça, dans toutes les catégories d’âge. Pour n’en citer qu’une. J’aime sortir d’une lecture et me surprendre à chercher des traces de quelque chose de fabuleux autour de moi. Une fée qui se cache derrière un meuble, le souffle d’un élémentaire d’air dans le bruit du vent, ce genre de chose…

Un récit qui sait m’émouvoir.
Qu’il s’agisse d’en sortir pleine d’espoir ou désespérée, du moment que je ressens quelque chose de fort. En général, ça s’accompagne d’une autre qualité : la sincérité. Parce qu’un auteur qui essaye de me gaver comme une oie avec des émotions artificielles et théâtrales, je vais un peu lui vomir sur les genoux (ok, j’ai déjà fait des métaphores plus glamour).
C’est pour ça que je peux avoir un petit coup de cœur pour un récit touchant et sincère même s’il n’est pas magnifiquement écrit.

Avoir besoin d’un temps de silence pour digérer ce qui vient de se passer, après avoir tourné la dernière page.
Un au-revoir, un retour à la réalité. Prolonger un peu les sentiments provoqués par la lecture. Laisser le récit nous imprégner complètement.
Si un livre réussit à me couper la chique, à moi qui suit super bavarde (l’écrit c’est quelque chose, mais vous ne connaissez pas la version live !), c’est un bon signe pour lui.

11 réflexions au sujet de « [TTT #41] Les 10 critères qui font qu’un roman est un coup de coeur »

  1. Je serais incapable de dresser une liste de ce qui peut faire un coup de cœur.
    Même si, je pense qu’un critère principal chez moi c’est que je ne m’y attende pas. Quand j’ouvre un livre, un peu dubitative, en me disant peut être que je ne vais pas aimer, sans trop savoir. Et qu’au final, je suis totalement transportée. Du coup, ils sont assez rares parce que dès que je connais un peu l’auteur, je m’attends à aimer. Et j’ai moins la surprise et le chamboulement.

    • Je ne m’attends à rien quand je commence une lecture. J’espère juste aimer. Même les chouchous peuvent décevoir ^^
      Le coup de coeur est effectivement toujours une surprise, il est impossible de prévoir à quel point on sera happé et quand on l’est complètement c’est une redécouverte de cette possibilité. C’est un argument qui manque à ma liste ^^

  2. Nous avons donc les 3 premiers en commun 🙂
    je n’ai pas pensé au message et pourtant il y en a dans tous mes coups de cœur (quoique je pense rarement à le souligner). Et plus 1 pour le récit qui résonne, je pense que c’est ce que j’appelle « le petit supplément d’âme ».
    En tout cas, cela donne un très beau Top Ten !

  3. Sacré top ten! J’aurais bien eu du mal à le faire.
    Je devrais prendre des notes, car je suis sure que ça m’aiderait souvent à expliquer pourquoi j’aime un livre!

    • C’est effectivement une liste d’arguments que je mets régulièrement en avant dans mes chroniques, même si ici je l’ai abordé d’une façon un peu plus personnelle ^^

  4. Qu’il est beau ce top ten ! J’aime beaucoup tes critères : comme dans le TTT de Mypianocanta, je me suis reconnue dans la plupart d’entre eux. C’est quand même vachement dur de déterminer la « recette du coup de cœur ». (Surtout que j’ai des coups de cœur totalement irrationnels, parfois).

  5. Je pense que tes critères me correspondent très bien aussi, et c’est rare quand ils sont remplis. Par contre je ne suis pas d’accord avec ton introduction : ce qui est difficile ce n’est pas de trouver la recette, c’est de trouver des livres qui la remplissent, puisque forcément quand on commence à lire on ne peut pas savoir si ce sera le cas ou non 😀

    • Ah ben si, car si on savait les critères qui font un coup de coeur pour nous, il suffirait qu’on les donne à un libraire et il nous trouverait le titre qui correspond. Peu importe la longueur de la liste qu’on fait, y’aura toujours plein de livres pour ne pas lui correspondre, il y a toujours une part d’inconnu. Le feeling c’est trop aléatoire pour être vraiment défini ^^

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