Comment je suis (re)devenue une grande lectrice en tombant dans la marmite de l’imaginaire – Ray’s Day

Le Ray’s Day est l’occasion parfaite pour faire un article complètement hors des sentiers battus, un petit concentré d’anecdotes personnelles sur mon rapport à la lecture. Remontons le temps, si vous le voulez bien.

Ray's ay 2015

Pour résumer je pourrais dire que j’ai toujours beaucoup lu. Romans, BD, jeunesse ou pas, polars, fantastique, contemporain, classique… Mais c’est plus compliqué. Enfant je lisais soit les livres de la bibliothèque du rayon jeunesse, soit les polars de ma mère. En grandissant, ma belle-mère m’a mis beaucoup de livres dans les pattes dès que je faisais mine de m’ennuyer (du polar pas mal, Stephen King, mais aussi des auteurs comme Jim Fergus ou Jean M. Auel).

Mais il y a eu le lycée, la prépa, l’école. Quelques années où j’étais tellement focalisée sur le travail (été compris entre le travail intellectuel et le travail manuel pour gagner des sous), que j’en ai presque arrêté de lire !

Et ça m’a manqué. J’ai voulu m’y remettre. Mais avant, mes lectures étaient presque toujours choisies pour moi, par le stock de la bibliothèque ou les étagères de mes parents.

Jensen Ackles - reading is sexy

Trois personnes ont été très importantes à l’époque pour cette reprise. J’étais en école d’ingé et j’étais bien entourée.

Sophie était une enthousiaste née, elle m’a saoulée à mort avec le Da Vinci Code (jusqu’à en faire un exposé en anglais). C’était drôle. Mais ce n’est pas ça qui m’a motivée (au contraire, jamais pu voir ce bouquin en peinture à force). En revanche, toujours à son enthousiasme, elle m’a un jour passé L’Assassin royal de Robin Hobb. En découpage français (donc pleiiiin de tomes).

J’ai littéralement redécouvert le plaisir d’engloutir les livres rapidement et de les enchaîner sans reprendre son souffle. Une vraie claque.

L'Assassin royal tome 1 (Robin Hobb)

En voulant tenter la lecture en VO autrement que par Harry Potter, j’ai réussi à me faire prêter plusieurs Diana Wynne Jones par Grnx (qui nous a fait l’honneur de quelques chroniques ici aux débuts du site). The Chrestomanci series, Howl’s Moving Castle et Castle in the Air pour la jeunesse m’ont carrément enchantée ! Quelle richesse de plume, quels univers, quelles couleurs !
Quand j’ai voulu passer à la littérature adulte, c’est Deep Secret qui m’a happée du début à la fin. Génial ! D’ailleurs, pas loin de dix ans après, je veux tous les relire (c’est d’ailleurs fait cette année pour Howl’s Moving Castle) !

Howl's Moving Castle (Diana Wynne Jones)

Bon, mais là je dépendais encore vachement beaucoup des autres et de leurs livres. Alors j’ai demandé quelques conseils pour lire de la SFFF et aller me les procurer par moi-même. C’est encore Grnx qui m’a bien aidée pour la majeure partie.

Seule dans le rayon SFFF du Virgin de Rennes (RIP), j’ai tourné, avec ma liste, pendant un loooong moment. Prenant des livres en main, lisant des 4e de couv’, reposant, hésitant pour un même auteur entre deux titres.
Je visais Asimov pour la SF et Gaiman pour la fantasy. Et j’ai choisi Chrono-minets pour le premier, un recueil, pour découvrir, et Miroirs et fumées ainsi que Neverwhere pour le second. Un recueil et un roman. Notons que je n’avais déjà aucun a priori sur les textes courts.

Évidemment, comme à l’époque je n’avais pas de pile à lire (sweet old times), je les dévore dans la foulée. Et j’adore ! Surtout Neverwhere qui me fait voyager encore plus loin que Diana Wynne Jones dans les possibilités de la fantasy (totalement subjectif). Je deviens instantanément une Gaiman maniac (enfin plus ou moins, j’ai pas trop le profil d’une groupie).
Asimov quant à lui me montre déjà quelques facettes de la SF et ça m’interpelle, me donne envie d’approfondir.

Mes premiers romans SFFF

Est-ce qu’en arrêtant là je serais devenue cette grosse lectrice orientée SFFF qui a fini par ouvrir un blog ? Pas sûr. Car il y a encore une personne importante dans mon parcours de débutante à cette époque. Et il s’agit de Lionel Davoust.

Je le rencontre dans un cadre totalement hors SFFF : à l’impro. Et j’apprends qu’il écrit des nouvelles de science-fiction et que certaines sont publiées. Je finis par être intriguée, notamment à discuter avec lui de littérature SFFF, et me dis que quand même, faut lire les potes quand c’est possible.

Je ne sais plus très bien si je lis des textes avant ça mais en tout cas un titre marque le changement. En 2007 en effet paraît (Pro)Créations, une anthologie française dirigée par Lucie Chenu aux éditions Glyphe. Je l’achète et la lit. Et découvre au passage plein d’auteurs français du genre, avec des univers et des styles super intéressants ! Lionel Davoust bien sûr, mais aussi Pierre Bordage, Jean Millemann, Joëlle Wintrebert, Antoine Lencou, Sylvie Miller, Mélanie Fazi…
Je suis bluffée par tous les possibles qu’un thème à a offrir sous des plumes inventives.

Suite à des séances de dédicaces de Lionel, je rencontre notamment Jean Millemann dont je deviens fan (il est adorable). Et plus le temps passe, plus je lis, plus je rencontre, plus j’ai envie de continuer, de découvrir ces textes si peu connus, ces auteurs qui ont tant à offrir et cette SF support de récits étonnants et profonds.

2007 c’est l’année de mes premières Utopiales à Nantes. Je suis encore une novice mais je rencontre des gens, je demande des conseils (à Lionel notamment), j’achète mon premier Bordage : Wang, je passe complètement à côté de celui qui me donnera un gros coup de cœur quelques années plus tard : John Scalzi (Le Vieil homme et la guerre), je fais dédicacer (Pro)Créations à pas mal de monde dont Lucie Chenu et j’achète une petite pile de bouquins qui marquera le début de ma pile à lire.

Les années suivantes, il y aura d’autres anthologies, d’autres découvertes d’auteurs et de textes. J’apprendrai à connaître les éditeurs, comme Griffe d’Encre, Les Moutons Electriques, Critic lorsqu’ils se lanceront… les collections comme Lunes d’Encre chez Denoël… Et je lirai essentiellement de la SFFF qui vient de paraître, ne passant que rarement par les classiques.

Anthologies et roman, Lionel Davoust

Faire connaître la SFFF et ses auteurs m’amènera à commencer à parler de mes lectures sur le net, jusqu’à l’ouverture début 2010 un petit blog de rien du tout, qui s’appelait… Imaginelf, bien sûr.

Le site a bien évolué depuis, tout comme mes lectures et mon rapport au milieu de la SFFF, mais je dois à Sophie, Grnx, Lionel Davoust et les auteurs que j’ai rencontrés grâce à lui d’être redevenue une grande lectrice et d’avoir découvert l’univers littéraire de tous les possibles. D’avoir enfin trouvé mon propre chemin de lectrice, sans guide, et une passion étendue à toute la littérature, qui ne s’éteint plus.

31 réflexions au sujet de « Comment je suis (re)devenue une grande lectrice en tombant dans la marmite de l’imaginaire – Ray’s Day »

  1. Très beau texte ! J’ai aussi découvert Gaiman lorsque j’ai vraiment repris/commencé l’imaginaire, d’abord avec Coraline qu’on a étudié en L1 d’anglais. Je crois que j’avais lu American Gods l’année d’avant, mais j’étais restée dessus (je relisais énormément à l’époque, j’avais du mal à me lancer). Et le jour de l’exam pour Coraline, j’ai trouvé Miroirs et fumée et … Le nez de Cléopâtre. Il a fallu encore quelques années pour que je ne lise que de l’imaginaire, ou presque, mais Miroirs et fumée m’a passionnée !

  2. Quel plaisir de te voir ainsi découvrir cet univers ! Ton article est génial …
    Et contrairement à toi, je suis arrivée à la littérature imaginaire par les classiques : les nouvelles fantastiques du XIXe, Tolkien et puis Ravage de Barjavel, 1984 d’Orwell et évidemment Bradbury pour la SF. Les autres je les découvre plus depuis que je suis sur la blogo. Comme quoi les parcours 🙂

    • Merci My ^^
      Je pense que j’ai un parcours carrément atypique, je suis vraiment entrée par la petite porte. Et c’est d’autant plus étonnant que mon père lisait de la SFFF avant, en avait dans des cartons, mais je n’y avais jamais mis le nez. ^^

  3. C’est sympa de découvrir ton parcours de lectrice ! Je suis tombée dans l’imaginaire avec L’assassin royal, avant ça j’étais plus polar/thriller et depuis mes goûts non cessés d’évoluer et de s’élargir grâce notamment aux blogs et aux copines 🙂 Happy Ray’s day et bonnes futures lectures !!!

    • Merci Mallou ^^
      Polars et thrillers m’ont aussi bien souvent accompagnée, ma mère et ma belle-mère en étant très friandes. Il est vrai que si ma PAL est restée très longtemps largement majoritaire SFFF, l’arrivée dans la blogo m’a fait découvrir dès les premiers temps d’autres genres, que je regardais du coin de l’oeil. Et maintenant, je suis la rentrée littéraire ! Si on m’avait dit il y a encore deux ans… ^^

  4. Je ne voudrais pas être totalement hors sujet mais voilà : j’ai regardé la saison 1 de Supernatural et je n’ai pas vu l’image tout à fait évocatrice de la lecture que tu nous proposes ici. Pas convaincue par cette saison, je n’ai pas poursuivi, mais là, je crois que j’ai peut-être fait une erreur : quelle saison la photo de Dean ?

    • Je crois que c’est une photo « promotionnelle » hors saison ça 😀
      C’est gentillet Supernatural. On aime bien ici et on suit mais ça casse pas trois pattes à un canard quand même ^^

  5. C’est effectivement une très belle occasion pour nous raconter ton histoire de lecture…. Très sympa de te « découvrir » ainsi

    • Merci ^^ J’ai pas trop l’habitude de me dévoiler autant, j’avais peur que ça n’intéresse personne mais finalement ça a bien permis de partager c’est cool 😀

  6. Article, et parcours, très intéressants, je dis souvent qu’il y a autant de genres littéraires que d’auteurs différents mais je constate de plus en plus que c’est encore plus vrai pour les lecteurs : nous avons tous un cheminement propre, inhérent à nos expériences, nos personnalités et nos rencontres…..

    • Oui et c’est ça qui rend nos interactions super intéressantes, on apporte tous une expérience et une sensibilité différente, même quand on a des goûts semblables ^^

  7. Merci de partager cela avec nous 🙂 J’aurais dû faire un article pour le Ray’s Day mais je m’en suis aperçue que la veille donc c’était trop tard x)
    En tout cas j’adore tes articles pour l’occasion 🙂

  8. Comme les autres, j’adore ton article ! C’est sympa de découvrir ton parcours. Ne te connaissant que via ton blog et nos rencontres dans le « web littéraire », j’avais un peu l’impression que tu étais née sur une étagère de librairie au rayon SFFF 😀 Mais en fait tu as pas mal tâtonné, comme moi, et il a fallu l’influence de certaines personnes, comme pour moi. Quelque part ça me rassure un peu, je ne sais pas trop pourquoi 😀

    • Et bien techniquement mon père lisait pas mal de SFFF avant donc il a toujours eu des cartons de vieille SF quelque part. Donc à défaut de librairie, y’avait quand même de la SFFF pas loin. Mais j’ai préféré sa collection de BD :p

    • Je ne peux que t’encourager pour Diana Wynne Jones. Certains sont parfois un peu bizarres (comme The Time of the Ghost que j’ai chroniqué ici) mais son écriture riche est toujours un régal ^^

  9. Chouette article, et chouette rétrospective ! Merci pour ton soutien depuis cette époque, et ce qui me fait le plus plaisir c’est que tu fasses ton chemin à toi. 🙂

  10. Très sympa comme article, c’est toujours super chouette de voir les différents parcours et ce qui fait que les chemins ont pu se croiser… 🙂
    De mon côté, grosse lectrice aussi depuis petite, je suis tombée dans la marmite SFFF via David Eddings et la Belgariade, dont le premier tome fut acheté complètement au hasard dans une petite librairie de Landerneau… :p Dévoré en quelques instants, j’ai vite fait couru pour choper la suite, pour finir par explorer d’autres auteurs et d’autres genres…

    • Je garde un excellent souvenir de La Belgariade aussi et j’ai plusieurs connaissances qui sont tombés dans la marmite grâce à cette saga également ^^

  11. Tiens, alors ça c’est rigolo : une Ensarienne qui a fait de l’impro dans l’amphi où on se marre comme des baleines… Quelle promo ? (Perso, 151 et aussi impro d’ailleurs)
    Bonne continuation !

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