Le Baron Noir (Olivier Gechter)

Le Baron Noir (Olivier Gechter)

Le Baron Noir

Auteur : Olivier Gechter
Editeur : Céléphaïs
Date de parution : 03/2013
Pages : 99
Prix : 9€

Antoine Lefort a hérité il y a quelques années des industries de son père, parmi les plus compétitives du domaine du transport et de l’armement. En cette année 1864, il est un atout indéniable de la France du Président Bonaparte.
De quoi être l’objet de convoitises. C’est ainsi que des plans commencent à disparaître de ses bureaux de manière mystérieuse. L’énigmatique justicier tout de noir vêtu que la presse a vite surnommé Le Baron Noir pourra-t-il aider à retrouver les vils espions ?

Contexte historique au cœur de l’intrigue : un roman uchronique

Le Baron Noir est une uchronie intéressante qui s’inscrit dans la mouvance steampunk. Dans cette réécriture du passé, il ne s’agit pas de partir d’un point de divergence. Celui-ci est en effet est évoqué seulement en postface et permet à l’auteur de proposer une Révolution Industrielle précoce, orientée vers la vapeur. Les explications en fin de lecture sont vraiment instructives et montrent qu’Olivier Gechter a construit minutieusement son univers, avec logique.

L’aspect historique s’insère tout à fait bien dans ce court roman d’aventure. Des individus ayant réellement existé croisent donc la route du jeune Lefort et du Baron Noir, tels le Maréchal Niel ou l’ingénieur Clément Ader. Ces protagonistes peuvent avoir un rôle anecdotique, digne du clin d’œil, mais certains, tels l’ingénieur, sont au centre de l’intrigue orchestrée par l’auteur.

Une esthétique cuivre et vapeur : vive le steampunk

Le côté steampunk quant à lui crée un environnement tout à fait original, avec des voitures à vapeur, des oiseaux mécaniques, les gadgets multiples du Baron Noir qui lui donnent de la force, lui permettent de projeter des armes, etc. La technique prend une place importante dans l’histoire du fait du métier de Lefort et de sa rencontre avec Ader et tous deux réfléchissent à/font progresser les sciences de leur siècle, avec cette dominante de vapeur. Évidemment, un dirigeable est de la partie, sinon ce ne serait pas un « vrai » roman de steampunk, pas vrai ?

Bref, rien que l’univers à lui seul vaut le coup d’oeil, pour la précision dans sa réflexion scientifique, l’uchronie bien pensée et le côté XIXe siècle dépaysant ; et ce même si certaines libertés ont été prises dans ces différents domaines.

Des protagonistes intéressants qui rendent le récit vivant

Cela n’a pas suffi pour vous convaincre ? Qu’à cela ne tienne, parlons un peu des personnages.
Olivier Gechter anime un petit groupe bien sympathique. A commencer par Antoine Lefort, héritier certes mais digne de son poste de directeur, passionné par les sciences et audacieux dans ses recherches. Il est également humain, loin du mépris que peuvent offrir d’autres nantis. En bref, c’est un héros que le lecteur prend plaisir à suivre. Il est accompagné d’un vieux majordome fidèle, à l’air austère mais dont la relation avec le jeune homme est source d’humour à l’occasion.
S’ajoute à ce duo l’ingénieur Ader, petit personnage sans prestance particulière mais génie précoce et visionnaire qui saura plaire à l’industriel enthousiaste qu’est Antoine Lefort. N’oublions pas également l’étrange Baron Noir, défenseur des faibles et de la justice, prompt à poursuivre et punir les criminels. Il y a un côté assumé de Batman dans ce personnage, en version moins sérieuse car la personnalité est plus légère, mais tout aussi riche en gadgets.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste, entre des personnalités bonhommes, des escrocs à la petite semaine, des criminels artistes ayant le sens du spectaculaire… tous sont bien campés, dépeints en quelques courtes descriptions, affirmant leur personnalité dans des dialogues bien écrits.

Une jolie plume sous la vapeur : une lecture fort plaisante

Alors voilà : Le Baron Noir est un court roman bien écrit. Le maître-mot : l’aventure. Le style d’Olivier Gechter est vivant, entraînant le lecteur dans les rues de Paris avec aisance. Le récit est bien rythmé, et même si le livre est très court l’intrigue se découpe en plusieurs étapes et l’action prend divers visages. L’équilibre entre les descriptions, indispensables à ce genre d’univers très visuel et les dialogues, savoureux et adaptés à chaque personnalités est très bien trouvé.

En peu de pages, le contexte, les enjeux, les personnages, sont posés avec précision et efficacité. Et surtout, le résultat se lit avec beaucoup de plaisir. Le Baron Noir est de ces lectures attachantes qui donnent envie d’y revenir, tant pour son décor que pour ses héros, pour le souffle de l’aventure et sa pointe d’humour régulière.

Uchronie steampunk bien réfléchie, aventure dynamique, protagonistes sympathiques, Le Baron Noir a tout pour plaire, même un petit prix et une suite déjà parue. Qu’ajouter de plus ?

Vapeur et feuilles de thé, le challenge steampunk de SiaChallenge steampunk organisé par Sia

Une réflexion au sujet de « Le Baron Noir (Olivier Gechter) »

  1. Ping : Vapeur et feuilles de thé, le bilan ! « Encres & Calames

Les commentaires sont fermés.