Les Futuriales 2014

Il ne fallait pas avoir peur du soleil ou des transports en commun aléatoires pour se rendre samedi dernier à cette nouvelle édition des Futuriales, petit salon de l’imaginaire d’Aulnay-sous-Bois en région parisienne.

Affiche des Futuriales 2014 d'Aulnay-sous-Bois, réalisée par François Baranger

La grève SNCF aura fait beaucoup de mal à la fréquentation du salon, les allées sont restées relativement vides une bonne partie de la journée. Le soleil quant à lui avait commencé à faire fondre les auteurs qui ont employé leur créativité pour essayer d’échapper à ses rayons. Les rabats avec fenêtres en plastique transparent sont bien pour permettre aux curieux de voir l’intérieur mais ce n’est décidément pas très approprié pour un salon en météo estivale.
Mais tout ça n’a pas empêché la bonne humeur, les auteurs étant comme toujours disponibles pour papoter un moment et parfois même un long moment. Arrivés en fin de matinée après un peu de marche et deux bus, nous avons pu assister à la rapide remise des prix avant de passer aux rencontres.

(Rappel : les interventions en italique sont de Herbefol)

Les Prix Futuriales des lycéens et Le Prix Révélation adulte Futuriales 2014

Anne Fakhouri a reçu le prix pour Hantés, chez Rageot, un très bon thriller jeunesse avec une dimension surnaturelle (chronique très bientôt). Elle a particulièrement remercié les lycéens qui ont participé à l’événement.

Antoine Tracqui a reçu quant à lui le Prix Révélation catégorie adulte avec son thriller Point Zéro. Au micro il a semblé tout surpris et modeste, mais n’a pas boudé son plaisir pour cette première reconnaissance pour son premier roman.

Anne Fakhouri reçoit son prix Futuriales 2014 Antoine Tracqui reçoit son prix Futuriales 2014
Les heureux lauréats des Prix Futuriales 2014

Ambiance et animations

Ce petit salon (une grande tente dans le parc derrière la bibliothèque) est toujours très convivial. Des bénévoles sympathiques, un stand qui vend des friandises et boissons, des auteurs plutôt décontractés (ou assommés par la chaleur, dur de dire, peut-être un peu des deux), un joli panel d’invités… on fait le déplacement avec plaisir (si on peut). La grève aura malgré tout empêché certains auteurs de se déplacer, dont l’un de ceux que j’espérais rencontrer, damned.
Dehors, bibliobus et activités/jeux sont proposés aux visiteurs, notamment pour les enfants. En parallèle des dédicaces, quelques tables rondes ont lieu en fonction des thèmes de l’année (ici le space opera). Bref, une petite dynamique sympathique. Mais nous, ben on venait surtout pour papoter, en fait.

Rencontres

Première personne que nous sommes allés saluer, Danielle Martinigol, toujours gentille et accueillante, qui a toujours des anecdotes rigolotes ou intéressantes à raconter. Un vrai plaisir pour commencer la journée.

Puis c’est au tour de Sylvie Miller avec qui nous parlons notamment de la parution de Lasser 1 en numérique et du bouclage du tome 4 (miam) (Où l’on discute entre autre des bienfaits de la communication pour vendre des livres numériques). Bonne rigolade avec sa voisine Cathy Coopman, autre auteur Rivière Blanche.

Un petit tour plus loin et nous démarrons une longue discussion avec Jean-Philippe Depotte. En prévision du salon, j’ai enfin lu Les Démons de Paris, que j’ai adoré. Un premier roman bluffant, mais bref, je garde le détail pour le bilan et la chronique.
Nous avons abordé le roman historique et le problème du positionnement en librairie avec la dimension fantastique. Ses deux premiers romans sont en poche chez FolioSF mais sont surtout lus par des amateurs d’historique. Cela lui semble bizarre d’être en librairie entre Asimov et de la bit-lit, ça ne lui semble pas totalement cohérent par rapport au contenu, même s’il contient de l’imaginaire (on peut comprendre).

Nous parlons longuement de son dernier roman paru, Le Chemin des Dieux. Il est un grand fan du Japon, y a vécu, et a voulu dans ce livre faire passer sa vision du Japon, la modernité confrontée aux vieilles croyances, avec encore une touche de fantastique. Il a ensuite embrayé sur son prochain projet (en cours d’édition et de recherche d’éditeur), un roman dans le Paris de l’expo universelle, toujours avec du fantastique, un polar mêlant folklore européen et asiatique. Miam. Et il y aura quatre enquêtes prévues ! Et c’est une héroïne ! Inutile de dire qu’on a déjà le portefeuille prêt à être dégainé. Je suis très curieux de voir chez quel éditeur le projet atterrira, mais nous allons suivre ça avec attention.

En bonus, Depotte nous parle de sa chaîne Youtube sur laquelle il décortique des romans (pour ceux qui les ont lus). C’est assez sympathique, quand on a lu les livres en question, de voir comment Depotte les analyse.

Régis Goddyn et Danielle Martinigol aux Futuriales 2014 Jean-Philippe Depotte aux Futuriales 2014
Régis Goddyn en grande discussion avec Danielle Martinigol / Jean-Philippe Depotte

Pfiou, belle discussion déjà. Et là… Ta da daaaa. Régis Goddyn. Ami, si tu ne connais pas Régis Goddyn, sache qu’il est en général bavard et comme on plus on aime ça et on en redemande, ça n’en finit plus (youpi). Mais c’est Herbie qui commence avec lui tandis que je vais voir Anthelme Hauchecorne. Ami (bis), si tu ne connais pas Anthelme Hauchecorne, sache qu’il est en général bavard. T’as déjà entendu ça quelque part ? C’est normal.

Bref, comme je ne l’avais pas vu depuis que je l’ai enfin lu avec Punk’s not dead, très joli recueil de nouvelles, je suis allée lui dire tout le bien que je pensais de son écriture. Nous avons donc parlé écriture engagée (ce qu’il a fait sur Punk’s not Dead et dont il dit vouloir se défaire un peu), livres illustrés (il y tient pour ses propres œuvres) et aussi de ses prochains projets qui ont l’air tous vraiment chouettes : un roman dans une foire inspiré notamment de La Foire des ténèbres de Bradbury et un récit sur les croisades des enfants. Toujours aussi sympa cet auteur, vraiment, et intéressant, on sent vraiment sa passion pour l’histoire et les mythes en parlant avec lui.

La rencontre avec Régis Goddyn fut l’occasion de discuter un peu de la fantasy qui n’en est pas tout à fait, ainsi que de la façon dont un auteur peut s’amuser avec son œuvre, en se permettant des petits jeux sur la forme.

Régis Goddyn le retour. Après avoir chassé Herbie pour lui éviter des spoilers nous avons essentiellement parlé du tome 3 que j’ai lu récemment. Mais oh, pause déjeuner, on reprendra plus tard.
Pendant ce temps, je suis allé voir Laurent Genefort et nous avons engagé une discussion sur l’utilité des néologismes dans l’imaginaire.

Anthelme Hauchecorne aux Futuriales 2014 Régis Goddyn superstar aux Futuriales 2014
Anthelme Hauchecorne (damned, je crois que je suis repérée) /
Un auteur incognito… sauras-tu le reconnaître ?

*Interlude musical*

Reprise, deuxième round. Retour auprès de Régis Goddyn après un crochet d’Herbie pour une dédicace de Manchu. J’avais pris un bouquin au dernier moment avant de partir, au cas où j’arriverais à me glisser dans la file d’attente et bien m’en a pris puisque j’ai eu la chance de faire dédicacer l’un des volumes de la Culture de Iain M. Banks. L’occasion de discuter un peu avec l’illustrateur qui appréciait beaucoup cet univers de space opera et m’a vivement recommandé d’en lire le dernier opus. Et c’est toujours un plaisir de voir Manchu dessiner des vaisseaux.

Je sors cette fois mon 3e tome du Sang des 7 Rois, seul livre apporté, tandis que nous continuons de parler de tout et de rien. Après l’interlude nourriture nous faisons un interlude translatif vers le parc ombragé pour échapper un peu à la chaleur et continuer la discussion dans de meilleures conditions (mais chapeau pour la résistance générale quand même !). La migration vers une zone ombragée et disposant d’un léger vent nous a fait le plus grand bien, nous permettant de recharger un peu les batteries.

Manchu dédicace aux Futuriales 2014Manchu en pleine dédicace pour Herbie

L’après-midi de nouveaux auteurs semblent faire leur apparition.
C’est le cas de Fabien Clavel, dont j’ai lu le Métro Z, son dernier roman jeunesse, dans la semaine. Plus précisément, j’ai dépêché Herbie pour l’acheter le lendemain de sa sortie (encore une mission réussie) et il n’a pas fait long feu. Un très chouette roman, plus riche qu’un simple survival.
Nous avons pas mal parlé de ce titre là du coup, notamment de la difficulté de justement doser les différents éléments de l’histoire pour un jeune public. Petit truc fun, Fabien Clavel essaye de relier depuis peu tous ses romans entre eux par le biais de petits clins d’œil.

Karim Berrouka arrive alors et entre dans la lumière (à ce moment là ça commence à cogner sévère). J’avais fait exprès de lire La Porte, une novella Griffe d’Encre en prévision du salon et puis je n’en ai même pas parlé. Mais il faut dire qu’on déconne facilement avec Karim et c’était joyeux avec Fabien Clavel comme voisin. Ce dernier d’ailleurs tentera jusqu’au bout de suivre une petite zone d’ombre pour ne pas mourir par liquéfaction, quitte à repousser le collègue un peu plus loin.
Je ne voudrais dénoncer personne, mais la discussion croisée avec Karim Berrouka et Fabien Clavel fut l’occasion d’évoquer certains noms de la littérature, notamment d’imaginaire, et de tenter d’en comparer les mérites. Ou l’absence d’iceux.

 Fabin Clavel et Karim Berrouka aux Futuriales 2014
Fabien Clavel et Karim Berrouka, collègues auteurs d’ActuSF, essayent de faire croire qu’ils sont sages (leur éditeur doit être juste derrière)

Petit passage devant Anne Rossi. Je suis un peu sa carrière de loin, curieuse de la voir évoluer d’un pure player numérique (Numeriklivre) à Scrinéo Jeunesse et Harlequin numérique (HQN)… La pauvre a le courage de rester en plein soleil tandis que nous parlons un peu de Barthélémy Styx (son Scrinéo). Déjà attirée par le côté aventure et piraterie, elle m’accroche totalement lorsqu’elle mentionne que la 2e et dernière partie impliquera la civilisation Aztèque. Bingo, j’achète (oui, réellement)(et si c’est bien peut-être que je le lirai aussi). Mais pas de dédicace, moi j’aime faire ça après ma lecture.

Dernier tour et puis s’en vont, je passe dire bonjour à Feldrik Rivat, que j’avais rencontré sur Facebook puis aux Imaginales l’an passé. Je suis allée le gronder d’avoir fait pleurer sa femme avec la fin de son tome 3 des Kerns à paraître, mais aussi lui dire que du coup ça m’a encore plus intriguée. Il faudra que je me mette à cette série un jour.
Nous en parlons un moment, de la structure narrative qu’il a beaucoup réfléchie notamment (on sentait bien l’envie d’avoir quelque chose de vraiment construit sur l’ensemble des trois volumes), en évitant le contenu vu que je n’en sais rien, de l’aventure éditoriale (si l’éditeur passe ici : il a dit uniquement des choses positives, promis)(ayant été payé pour, je confirme). Il parle aussi de ses projets à venir, plus « récréatifs » et puis des one shots. Il travaille notamment sur un récit ambiance Paris de l’expo universelle (la psychosphère doit être branchée sur cette période vu la multiplication des projets de ce genre ^^). Ça tombe bien, ça m’intéresse. Je garde un œil ouvert.

Feldrik Rivat aux Futuriales 2014Feldrik Rivat en pleine discussion comme s’il ne faisait pas 12000°C sous la tente

Il reste à ce moment là encore plein d’auteurs à qui nous n’avons pas parlé, mais l’essentiel est fait pour nous. Ouf, une dernière bise ici ou là et retour à la maison. La journée fut riche, nous repartons très contents. Les Futuriales, malgré les conditions particulières, nous ont encore offert une belle édition. Merci à tous ceux qui l’ont rendu possible !