Hunger Games (Suzanne Collins)

Hunger Games (Suzanne Collins)

Hunger Games t.1

Auteur : Suzanne Collins
Editeur : Pocket Jeunesse
Date de parution : 10/2009
Pages : 382
Prix : 18,15€ / 7,70€ poche

Chaque année, en souvenir d’une révolte anéantie par le pouvoir du Capitole, les douze districts de Panem doivent envoyer deux tributs, un garçon et une fille de 12 à 18 ans, dans l’arène des Jeux de la Faim. Lâchés dans un décor créé de toute pièce, ils devront s’entre-tuer jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un.
Katniss habite le District 12 et a déjà échappé plusieurs fois à l’arène ; mais l’année de ses 17 ans tout bascule. La voici en route pour le Capitole, en compagnie d’un camarade de son âge, avec un seul objectif en tête : survivre, coûte que coûte. Pour cela, il faudra conquérir le public, avec l’aide et les conseils de son coach et de son équipe de préparation.

Conventionnel dans le fond, agréablement singulier dans la forme

Hunger Games se place dès le départ dans le registre de la dystopie. Un ordre sévère est imposé à la population, divisée en districts et soumise à la cruauté du gouvernement.
Assez classique dans le fond avec d’un côté l’oppresseur tout puissant et de l’autre le peuple oppressé, elle est originale sur la forme que lui donne Suzanne Collins. L’intrigue se concentre sur un point particulier : ces Jeux de la Faim, symbole du pouvoir et de l’impuissance des citoyens, qui n’est pas sans rappeler le principe de Battle Royal.

Le lecteur assiste donc dans le détail à ce processus qui a lieu tous les ans, du choix des tributs au gong final signalant le gagnant, en passant par les diverses cérémonies et étapes incontournables précédant l’entrée dans l’arène.
Ce détail est intéressant, mais donne surtout de belles scènes, grâce à des décors originaux, des costumes époustouflants, des pièges mortels, etc. L’auteur est inventive et sait faire naître de belles images avec une mise en scène habile.

Des protagonistes qui donnent envie de suivre leurs aventures

Katniss est une fille simple, dont la réflexion n’est tournée que vers un but unique : la survie. Cela était déjà une grande préoccupation pour elle et sa famille depuis des années, au regard du quotidien dans le District 12. Mais elle est en réalité tellement obnubilée par sa lutte qu’elle en développe des œillères énormes, au point d’être aveugles à certaines évidences. Elle est un peu agaçante à ne pas comprendre ces choses, mais réussit à rester dans une zone supportable où cela ne gêne pas la lecture.
Même si elle n’a jamais eu la nécessité ou l’opportunité d’être très fine, Katniss a beaucoup de ressources physiques et mentales et s’avère être une fille très maline.

Les personnages secondaires sont intéressants, qu’il s’agisse de la famille de Katniss, de certains de ses amis ou de son équipe pour les Jeux (coach Haymitch ou styliste Cinna en tête).
Cependant, le compagnon d’aventure de Katniss s’avère aussi pâlot qu’elle est butée, un peu trop gentil et effacé, mais avec suffisamment de qualités pour avoir envie de suivre ses aventures.
Globalement, Suzanne Collins réussit à créer des protagonistes suffisamment vivants et touchants pour rendre leur calvaire dans l’arène difficile pour le lecteur. La souffrance des familles ou des enfants destinés à se massacrer est prenante, mais une touche de pudeur permet à l’auteur de ne pas livrer un récit trop brutal.

Très accrocheur malgré certaines limites stylistiques

L’écriture de Suzanne Collins ne brille pas par sa personnalité, mais son style est indéniablement entraînant, à un point presque impressionnant. Ce premier volume d’Hunger Games est un vrai page-turner.
Malgré la simplicité de la plume, l’auteur a fait des efforts notables pour donner du sens à son récit, avec par exemple des références à la Rome antique et sa mythologie (que l’on retrouve dans certains noms ou rien qu’au travers des Jeux), un petit plus appréciable.

Ce que l’on retient, c’est que malgré la légèreté de l’ensemble le plaisir de lecture est entier. Difficile de ne pas être captivé par les images, de ne pas avoir envie de savoir comment les héros vont bien pouvoir s’en sortir et quel prix il leur faudra payer pour cela. Cet enthousiasme se teinte de quelques nuances quelques temps après lecture, tout en laissant le souvenir d’un bon moment.

Pas très dense, pas admirablement écrit, mais diablement addictif, ce premier volume de la trilogie Hunger Games est convaincant malgré ses faiblesses. Peu étonnant qu’il ait su conquérir un si large public et que même les adultes se laissent prendre au jeu. Mais que vont révéler les prochains volumes ?

(Titre lu en anglais en édition Scholastic, 464 pages, 7$)