Ce qui nous lie (Samantha Bailly)

Ce qui nous lie (Samantha Bailly)

Ce qui nous lie

Auteur : Samantha Bailly
Editeur : Milady (Grande Romance)
Date de parution : 05/2013
Pages : 282
Prix : 15,20€ / 9,99€ ebook

Alice a souvent été blessée dans la vie. Une de ces dernières épreuves : avoir soudainement le don de voir les liens qui unissent les gens sous la forme de fils de lumière. Don ? Ou malédiction ? Et comment se servir de cette capacité ?
Alors qu’elle essaye de prendre un nouveau départ en commençant un travail en cabinet de recrutement, elle rencontre Raphaël, séduisant, intelligent. Mais surtout, ses liens sont invisibles pour Alice, de quoi intriguer fortement la jeune femme.

Un début peu accrocheur

Le démarrage de Ce qui nous lie n’a pas su me convaincre. Pas « mauvais » à proprement parler, mais sans personnalité, plutôt froid, ce dernier point en phase avec la personnalité de l’héroïne. Le lecteur suit le quotidien d’Alice, ses angoisses, son rapport à son don, à sa famille.
Je me suis très vite rendu compte que ce n’est pas un livre qui se lit avec les tripes et qui ne ferait pas beaucoup appel à l’émotion. Publié en collection romance, ce fait m’a un peu déstabilisée, mais pourquoi pas.

Alice ne fait également pas partie des types de personnages que j’apprécie. Parisienne, fashion victime, on insiste bien sur le fait qu’elle se maquille, s’habille avec style, fait du shopping, se coiffe, bref, une “vraie” fille selon certaines définitions, une fille qui m’ennuie personnellement.
Puis après un an sans rien faire, elle trouve un taf cool comme ça, paf. Pour quelqu’un qui a vécu le chômage cela à de quoi sonner un peu surréaliste, surtout qu’Alice n’a pas l’air très bien dans sa peau. Bref, la lecture ne partait pas sur les meilleures bases.

Et la chenille devint papillon

Au fil du texte, l’intérêt réussit à prendre tout de même un peu. Car le récit est en fait celui d’une évolution. Alice cumule les douleurs, elle est deuil et en vrac à l’intérieur. Elle veut faire payer ceux qui sont à l’origine de ce genre de douleurs, pour elle mais aussi pour les autres. Au contact de son nouvel entourage professionnel, elle va changer, comprendre des choses sur les autres, sur elle-même et sur la vie, aidée par son don.
Les liens qu’elle tisse avec tout ce petit monde sont intéressants à voir évoluer. Tout comme la perception qu’elle a des gens au départ et ce qu’ils deviennent pour elle lorsqu’elle apprend à les connaître et à voir au delà des apparences. La force du lien qu’elle entretient avec sa grand-mère en particulier est réellement touchante et rend Alice bien plus attachante qu’elle ne l’aurait été sans cela. Ces changements sont au final assez bien amenés et sont le point le plus convaincant du livre.

En revanche, j’ai eu un rapport ambigu avec le déclencheur principal. Raphaël est un personnage à la fois intrigant et dont je n’avais pas envie d’entendre parler. Il n’est ni aimable, ni mauvais, pas vraiment honnête avec les autres, il ne l’est pas plus avec lui-même.
La conclusion de la relation avec Alice est bien pensée et ne tombe pas dans les clichés romantiques habituels, ce qui est appréciable. C’est aussi un personnage qui évolue mais ce sentiment de rejet qui ne me quittait pas n’a pas aidé à laisser des souvenirs particulièrement agréables. La confrontation Alice/Raphaël est le moteur du livre mais n’en constitue pas non plus l’essentiel. Un mal nécessaire en somme, pour que la jeune femme puisse grandir.

Une touche de poésie fantastique dans un style qui ne m’a pas particulièrement enthousiasmée

Côté style, je ne peux pas dire que j’ai peiné, le roman a été vite lu. Mais comme précisé au départ, l’écriture manque de personnalité, et également d’émotions ; en clair, de subtilité, de profondeur. Ce genre de roman aurait dû – ou pu – m’emporter, me toucher, mais au final c’est avec ma tête que je l’ai lu.
Ce qui n’a pas été désagréable, mais quel dommage d’être tombée dans une lecture analytique alors qu’il s’agit du récit de la transformation profonde d’une personne ! Un livre qui ne m’a donc pas transportée, mais auquel j’aurais adhéré juste assez pour passer un moment pas désagréable.

Le côté fantastique est léger, un support à cette période de transition pour Alice. Les images qui en découlent sont plutôt belles. La dynamique de son pouvoir est bien pensée, tout comme la façon dont elle s’en sert.
Ce don n’est pas vraiment là pour dire que Ce qui nous lie est un roman fantastique, il aide plutôt à rendre cette histoire de changement plus poétique. Sans lui, le roman aurait nettement moins de saveur.

Bref, Ce qui nous lie a rempli sa fonction estivale : lu sans effort, vite expédié, le roman sera aussi vite oublié.