Zoanthropes t.1 (Matthias Rouage)

Zoanthropes t.1 : La Métamorphose (Matthias Rouage)

Zoanthropes

1. La Métamorphose

Auteur : Matthias Rouage
Editeur : Scrinéo Jeunesse
Date de parution : 05/2013
Pages : 313
Prix : 16,90€

Shina, comme tous les jeunes de son âge, appréhende le test d’entrée à l’université. Celui-ci révélera en effet si elle est une Zoanthrope, un de ces hybrides homme-animal qui sont traqués et éliminés comme des bêtes dangereuses par les Intervenators, dont son père fait partie. Un test positif, cela signifierait être tuée ou devoir partir en pays Zoanthrope, loin de tout ce qui faisait auparavant son quotidien…

Un univers SF qui emprunte beaucoup à la fantasy

L’univers de ce premier roman est clairement science-fictif. Matthias Rouage semble d’ailleurs s’être fait plaisir à le créer, à coup de clichés qui font sourire comme les voitures volantes ou la nourriture en pilules, ou d’éléments intrigants comme les maisons aux pièces « sur commande ».

Mais malgré ce décor futuriste, l’impression de lire un roman de fantasy s’installe vite. En effet, les capacités des Zoanthropes, leurs transformations, ont vraiment des apparences magiques, tout comme d’autres sciences rencontrées au fil des pages. L’histoire de Shina est quelque part une histoire de destinée, celle d’un personnage amené à réaliser de grandes choses, typique en fantasy. Cette approche mixte est plutôt plaisante, même si des éléments inexpliqués renforcent de fait l’impression de magie.
L’auteur a-t-il également été influencé (consciemment ou non) par Harry Potter ? Certains choix, certaines scènes ont l’air tout droit sortis de cette saga, ce qui a de quoi faire sourire.

Un univers recherché et des interactions relativement complexes

Matthias Rouage a construit un univers relativement complexe, dont l’histoire remonte à une soixantaine d’années. Ce passé revient hanter Shina et ses amis, bouleversant l’équilibre de la société Zoanthropienne et potentiellement du monde.
Les forces qui s’éveillent poursuivent un but mystérieux, qui se dévoile peu à peu avec les tensions qui existent au sein de la société Zoanthropienne comme entre cette dernière et la société humaine.

Au cours de l’aventure les rebondissements sont nombreux et rapides. Amitiés naissantes, trahisons, secrets, solitude, mèneront les jeunes protagonistes à faire des choix et lutter d’abord pour leur survie, mais également dans le cadre d’un plus vaste projet sur lequel ils n’ont aucun contrôle.
Les confrontations entre protagonistes sont parfois fortes, comme par exemple les diverses scènes mettant Shina et son père face à face, ou la révélation de certaines trahisons.

Un aspect humain assez fort, malgré quelques défauts

Ce cadre et l’intrigue qui l’accompagne sont prétexte pour l’auteur d’aborder des thèmes forts récurrents dans les œuvres pour adolescents, comme la tolérance face à la différence, la définition de ce qui fait l’humain et la complexité des relations humaines.
Les personnages sont d’ailleurs plutôt sympathiques. Shina est une jeune fille un peu trop parfaite mais ni trop forte ni trop gentille pour que cela lui porte préjudice. Les amis dont elle s’entoure ont des personnalités et des physiques bien distincts et bien décrits. Le fait que l’animal en lequel se transforme un Zoanthrope peut marquer légèrement leur physique est un signe distinctif plutôt amusant et bien trouvé.

Certains écarts de comportements brisent légèrement la cohérence des personnage et leur crédibilité, comme par exemple lorsque Shina dévoile un élément normalement super secret à une grosse poignée de personnes sans y réfléchir à deux fois. Un peu dommage, mais le lecteur prend plaisir à suivre ce petit monde malgré tout.

Une lecture qui reste assez convaincante malgré ses faiblesses

D’autres défauts caractérisent ce premier roman. Les raisons d’agir des protagonistes, surtout des méchants, restent parfois obscures et surtout, les comportements de chacun dans l’action sont parfois douteux (ex : une jeune fille de 17 ans qui est la seule à bouger alors qu’il y a du monde autour, ou 3 personnes qui ont l’air de pouvoir prendre par surprise des dizaines d’autres…). Mais ce sont des petites choses, qui chatouillent l’esprit sans trop gêner la globalité de l’ouvrage.
Heureusement, la plume de Matthias Rouage est plutôt plaisante globalement, le livre se lit d’une traite grâce aux nombreux rebondissements et la toute fin apporte une surprise qui donne très envie de savoir comment va évoluer la situation.

La Métamorphose est premier roman sympathique dans son ensemble. L’auteur est prometteur, il réussit à entraîner dans son univers et à susciter suffisamment l’intérêt pour que le lecteur ait envie de découvrir ce qu’il a prévu pour la suite : Rébellion, à paraître en octobre.