Block 109 (V. Brugeas, R. Toulhoat)

Block 109 (Brugeas, Toulhoat)

Block 109

Scénariste : Vincent Brugeas
Dessinateur : Ronan Toulhoat
Editeur : Akileos
Date de parution : 01/2010
Pages : 204
Prix : 18€

J’aime beaucoup les uchronies et comme pas mal d’amateurs du genre je trouve que l’une des périodes les plus intéressantes pour la chose est la deuxième guerre mondiale. C’est pourquoi je me suis fort réjouis lorsque l’un de mes amis m’offrit Block 109, de Brugeas et Toulhoat, qui semblait bien rentrer dans ce genre.

Le 22 mars 1941, Hitler est assassiné. Il s’en suit une épuration du système nazi qui voit l’ascension d’Himmler à la tête du pays. Ce dernier créé le nouvel ordre teutonique, organisation destinée à combattre l’influence d’Heydrich, l’ancien bras droit d’Himmler propulsé à la tête de la SS. Il s’en suit la victoire du Reich contre les puissances occidentales. Mais la guerre à l’est continue. 1953, l’Armée Rouge est aux portes de l’Allemagne et la fin semble proche pour le régime nazi. Pourtant, les dirigeants allemands semblent convaincu qu’une arme secrète peut encore leur permettre de retourner la situation.

Le moins que je puisse dire de Block 109, c’est que ça n’est pas amusant, drôle, rieur, ni lumineux et plein de joie de vivre. Block 109, c’est sombre, violent et plein de désespoir. Brugeas nous dépeint un monde à l’agonie, en alternant entre le front et la férocité des combats qui s’y produisent, et la tête du Reich, en pleine ambiance de fin de régime, avec les luttes de pouvoir et les décisions lourdes de conséquences que des dirigeants désespérés peuvent prendre. Et si les affrontements entre allemands et russes sont d’une violence extrême, les confrontations entre factions à la tête du pays est sans pitié aucune. Brugeas dévoile peu à peu les secrets de son monde et de ses personnages, en proposant comme de juste quelques retournements de situation.

Sur le plan graphique, Toulhoat propose des dessins en crayonnés agrémentés de couleurs donnant un effet plus ou moins monochrome brun/gris, avec quelques touches de rouge ici ou là. Le tout s’adapte parfaitement au récit et contribue à lui donner cette ambiance qui me rappelle un peu celle de Fatherland de Robert Harris (très bonne uchronie dans la catégorie « les nazis ont gagné la guerre »).

L’album se termine avec un petit bonus de quelques pages reproduisant un faux numéro de la revue Signal, célèbre magazine de propagande allemand. Certaines illustrations de ces pages sont d’ailleurs inspirés de véritables clichés de la guerre.

Tout ça pour dire que j’ai énormément apprécié Block 109, tant pour son ambiance et le propos général, que pour les petits détails qui montrent que les auteurs ont bien étudié leur sujet et creuser la question à fond. Merci à Brugeas et Toulhoat d’avoir réaliser cet album, et grand merci à l’ami qui me l’a offert.