Imaginales 2013 (2) : Conférences et animations

Imaginales 2013, affiche

Impossible de parler des Imaginales sans parler des nombreuses conférences et animations qui s’étalent sur les quelques jours du festival. Libre aux visiteurs d’en profiter ou non, les conférences étant limitées à quelques espaces fermés (très beaux à visiter pour les Magic Mirrors), tout comme les expositions, réparties dans la ville et les animations qui déambulent un peu partout.

(Rappel : toutes les photos sont ©Lelf et ne doivent pas être utilisées sans autorisation. Vous pouvez les agrandir d’un simple clic. Les commentaires en italique sont d’Herbefol).

Conférences

Comme toujours lors des festivals, nous n’avons pas passé notre temps dans les espaces dédiés aux conférences, préférant de loin le contact et les discussions avec les auteurs. Néanmoins, nous en avons suivi quelques unes.

Globalement les thématiques ont bien été respectées, je suis moins déçue qu’il y a deux ans. Anne Besson et Carole Ecoffet sont deux modératrices très carrées, qui retombent toujours sur leurs pattes, c’est agréable. Nous avons été moins fan de la façon de faire de Stéphanie Nicot qui enferme dans des questions très précises (voire répond à la place de l’auteur). Par exemple, Ken Scholes déçu de ne pas avoir pu parler de l’ordre Androfrancien des Psaumes d’Isaak dans la conférence sur le fanatisme religieux et Gail Carriger n’a pas pu parler de son personnage dans la conférence sur la fantasy et les femmes.

Il y a toujours des conférences où certains invités ne sont/se sentent pas à leur place (cf. Timothée de Fombelle en fantasy urbaine) et parfois des auteurs qui manquent sur des thématiques qui sont leur domaine (ex : pas un seul auteur de bit lit ou assimilé dans la conférence sur la fantasy urbaine, alors que les intervenants avaient des approches assez semblables et que cela aurait amené une vision différente sans doute). Bon, ça donne une impression de joyeux bordel et c’est l’occasion de quelques fous rires. Et si tout était toujours carré et à sa place dans les conf’, on n’aurait plus l’occasion de médire dessus. :p

Il y avait très très peu de possibilités pour le public de poser des questions cette année, un gros changement par rapport à il y a deux ans et à ce à quoi nous sommes habitués de manière générale.  Ce n’est certes pas obligatoire dans café littéraire mais c’est toujours sympa pourtant, pour éclaircir un point ou en soulever d’autres. Que tout le monde se vouvoie nous a fait bizarre aussi, même si la consigne est compréhensible, nous savons fort bien que la plupart des gens se connaissent. Quitte à donner la consigne de traiter tout le monde pareil, le tutoiement paraît bien plus convivial (ce vouvoiement nous a paru froid, en décalage avec l’ambiance décontractée du festival), même si on imagine bien que faire se rencontrer les participants quelques minutes avant les conférences demande une organisation difficile à mettre en place (surtout en cours de journée, avec les retards et les auteurs qui enchaînent les conf’ sans pause).

Tolkien, l’incontournable…

Conférence Tolkien, Imaginales 2013 Conférence Tolkien, Imaginales 2013 - Ken Scholes et Régis Goddyn
De gauche à droite : Francis Berthelot, Edouard Kloczko, Anne Besson (modératrice), Sylvie Miller (traduction), Ken Scholes, Régis Goddyn

Ça commence bien, aucun des auteurs ne se revendiquent d’un héritage Tolkiennien. Sauf le type qui écrit sur les langues elfiques, mais ça aurait été gonflé de sa part. Pire, la plupart disent vouloir s’en détacher au maximum. Néanmoins, nous avons quand même pu apprécier l’influence globale de Tolkien sur la fantasy moderne et un débat a eu lieu pour savoir ce qui relevait ou non de l’influence de Tolkien aujourd’hui (par ex : mettre une carte, faire un lexique, est-ce Tolkiennien ou juste un outil pratique lorsqu’on écrit/lit de la fantasy).
Cette conférence est l’occasion de découvrir Régis Goddyn, qui parle vraiment bien en public et réussit à nous intéresser encore plus à son univers. Francis Berthelot a carrément adopté la position de l’auteur qui renie Tolkien et son influence, histoire que tout le monde ne dise pas la même chose. Cependant, il a reconnu avoir dû faire une généalogie de ses personnages pour ne pas se perdre dans son cycle du Démiurge. Au final, on constate que tous les éléments additionnels au récit (cartes, généalogies, annexes…) sont d’abord des aides indispensables pour les auteurs qui sont parfois un peu débordés par leur création. Scholes a aussi expliqué que la carte de son premier volume était une demande de l’éditeur et qu’il s’est bien abstenu d’en proposer d’autres pour les ouvrages suivants.

Quand l’imaginaire croise les fanatiques religieux

Conférence fanatismes religieux, Imaginales 2013De gauche à droite : Stéphanie Nicot (modératrice), Samantha Bailly, Estelle Faye, Régis Goddyn, Lionel Davoust (traduction), Ken Scholes, Pierre Bordage

Une thématique vraiment intéressante et des invités en cohérence. Ken Scholes a pu parler de son personnage de Pape mais n’a pas pu aborder sa construction religieuse de manière plus large. Les interventions de Samantha Bailly donnent vraiment envie de découvrir Oraisons. Régis Goddyn continue de dire des choses intéressantes sur son univers où la religion a un pouvoir important (dans le peu de temps de parole qui lui a été accordé).
Nous ressortons au final à la fois intéressés et frustrés, le débat aurait pu aller plus loin et chaque auteur avait à lui seul plein de choses à dire, trop sans doute pour le format de la conférence, mais tout de même…

Entretien avec… Ken Scholes

Concert de Ken Scholes aux Imaginales 2013 Conférence Ken Scholes, Imaginales 2013
Ken Scholes, la chansonnette toujours prête et le coeur sur la main (concert et conférence-rencontre)

Nous savions déjà que derrière l’auteur se cache quelqu’un de passionnant. Autant entrer dans le détail. Il raconte notamment comment a commencé sa carrière, jusqu’à la signature de sa série Les Psaumes d’IsaakIl a expliqué en partie tout ce qu’il a mis de lui-même dans ses personnages, qui sont autant de miroirs de son histoire personnelle.
Ken Scholes sait être drôle et touchant à la fois et nous passons une heure très agréable en sa compagnie. D’autant plus que l’auteur a fait profiter le public de ses autres talents. Il a eu droit à un créneau pour faire son propre concert, chantant tout en s’accompagnant à la guitare et à l’harmonica. Ce fut un bon moment de détente, Scholes alternant les reprises célèbres avec les compositions personnelles. Un auteur que l’on espère bien voir revenir un jour par chez nous.

Guerre de l’eau, pollution, sécheresse…

Globalement, les auteurs présents se sont avoués pessimistes quant à l’avenir sur les thèmes de pollution et d’eau et ce même s’ils se disaient au départ optimistes. Car pour certains, les enfants d’aujourd’hui devront trouver demain les solutions pour eux-mêmes alors que nos générations ne bougent pas parce qu’elles ne connaîtront pas de problème drastique. Jean-Marc Ligny lui est d’un pessimisme absolu, il pense que le point de non-retour est atteint et exorcise ses peurs dans ses romans. Andreas Eschbach a parlé de En panne sèche en expliquant qu’il avait voulu parler de ce moment où tout bascule, ce moment où la production de pétrole commence tout juste à baisser.

Entretien avec… Alastair Reynolds

La rencontre avec Alastair Reynolds a été une occasion d’en apprendre un peu plus sur l’auteur de quelques-uns des bons space-opera de ces dernières années. On a  pu mesurer toute l’importance de Dr. Who, non seulement pour lui mais pour l’ensemble des auteurs britanniques. Il a aussi avoué que certaines choses que l’on pense mûrement réfléchies dans ses romans ne sont en fait que le fruit de son instinct.

Conférence eau/pollution, Imaginales 2013 Conférence Alastair Reynolds, Imaginales 2013
De gauche à droite 1/Andreas Eschbach, Jean-Marc Ligny, Carole Ecoffet (modératrice), Xavier Muller, Florian Ferrier. 2/Jérôme Vincent (modérateur), Laurent Whale (traduction), Alastair Reynolds

La fantasy urbaine : réenchanter notre époque

Sans doute la conférence la plus cocasse de l’année. Timothée de Fombelle et François Place se sont un peu demandé, au vu de leur œuvre, ce qu’ils faisaient là, mais aidés par la modératrice Anne Besson ils ont réussi à s’intégrer dans la discussion et apporter des éléments différents de leurs camarades. De l’autre côté, les auteurs étaient tous d’accord, ce qui pénalisait un peu la discussion, surtout pour Raphaël Albert qui avait tendance à parler en dernier pour seulement dire « pareil ». Malgré les couacs, l’ambiance était très bonne et tout tournait à la rigolade.

Femmes et fantasy, du faire-valoir à la femme d’action

Découverte à la fois des auteurs et de leurs personnages/univers. Thématique trop survolée mais moment sympa, beaucoup d’humour. Nous apprenons par exemple que Gail Carriger adore manger.Le format de modération et l’absence de débat ont pénalisé le thème, ce qui est très dommage. Mais bon, comme on peut rencontrer facilement les auteurs ici, on peut toujours approfondir la discussion plus tard sans modération cette fois. :p

Conférence fantasy urbaine, Imaginales 2013 Conférence femmes et fantasy, Imaginales 2013
De gauche à droite 1/François Place, Timothée de Fombelle, Anne Besson (modératrice), Raphaël Albert, Mathieu Gaborit, Lionel Davoust. 2/Hélène Bury (traduction), Gail Carriger, Manon Fargetton, Charlotte Bousquet (hors cadre : Justine Niogret)

Retrouvez une bonne partie des conférences des Imaginales sur ActuSF (liste disponible dans le sujet des Imaginales) !

Animations diverses et Expositions

Animations

On pourrait se dire qu’entre les conférences, les dédicaces et tout le public qui va et qui vient, l’animation est garantie de fait, aux Imaginales. Certes oui, mais les organisateurs aiment voir les choses en grand.

Tout au long des quatre jours, nous aurons croisé des soldats napoléoniens, dont certains se sont liés d’amitié avec un Poilu (à la tenue finalement assez adapté au climat du début de ce festival, tant la météo n’aurait pas dépareillé dans les tranchées de la Somme), des vampires (mais ceux là étaient présents d’eux même et non fournis par le festival), des aliens sur des échasses (ou des insectes mutants, ou des trucs bizarres non identifiés)…

Des soldats aux Imaginales 2013 Un alien aux Imaginales 2013
Les Imaginales, lieu de rencontres improbables

Nous avons profité du spectacle des escrimeurs, qui nous ont montré une même scène de combat (la célèbre botte de Nevers extraite du Bossu de Paul Féval) vue selon l’auteur du livre et les cinéastes l’ayant adaptée au fil du temps. Ça donnait une idée intéressante de la manière dont a évolué, au fil des décennies, la façon de filmer les combats. On a aussi eu quelques explications sur la nécessité de proposer au cinéma des duels qui d’un point de vue d’escrimeur sont très éloignés de la réalité historique. Un extrait bien connu de Cyrano de Bergerac et un duel féminin ont suivi cette leçon. Outre le vent glacial qui soufflait (les escrimeuses avaient bien du courage vu leur tenue), nous avons fortement apprécié ces démonstrations.

Le week-end, les Madames toutes nues, comme dit Snow, font beaucoup parler et intriguent les visiteurs. Des artistes peignent à même la peau de leurs modèles pour les transformer en créatures fantastiques. Inutile de dire que nous avions froid pour elles. Comme quoi, il n’y a pas qu’aux yeux qu’il ne faut pas avoir froid pour faire ce genre de truc.

Spectacle d'escrime aux Imaginales 2013 Peinture sur corps, Imaginales 2013

Et tout au long des quatre jours, les visiteurs ont pu voir, comme tous les ans, évoluer la fresque à laquelle plusieurs illustrateurs participaient.

Fresque en cours, Imaginales 2013

Expositions

Hum, comment vous dire… Nous ne les avons pas faites, voilà (les exp-quoi ? :p). Tout juste avons-nous jeté un oeil à l’exposition de Krystal Camprubi qui se tenait à côté d’un espace conférences. On pouvait y admirer des illustrations bien entendu, mais également de magnifiques robes et autres objets, car l’artiste est polyvalente. Donc voilà. ^^’

D’accord, nous avons été mauvais élèves concernant les expositions et de manière globale à tout ce qui se trouvait en dehors du site principal des Imaginales. Mais pour nous faire pardonner, nous avons fait tout plein de rencontres avec les auteurs (et ce n’est rien de le dire) et nous allons vous détailler tout ça dans les articles qui vont suivre. Restez connectés !