Métro 2033 (Dmitry Glukhovsky)

Métro 2033 (Dmitry Glukhovsky)

Métro 2033

Auteur : Dmitry Glukhovsky
Editeur : L'Atalante
Traducteur : Denis Savine
Date de parution : 05/2010
Pages : 640
Prix : 25€ / 11,99€ ebook

Artyom, réfugié dans le métro de Moscou depuis des années comme des centaines d’êtres humains, est à peine plus qu’un enfant lorsqu’une mission des plus importantes lui est soudainement confiée. Bravant tous les dangers, il devra – pour délivrer un message – quitter la sécurité de sa station et s’enfoncer dans les tunnels inconnus.
De la réussite de son voyage dépend la survie de sa famille et ses amis, mais peut-être également celle de tous ces rescapés de l’apocalypse, miraculés qui ont pu, il y a une vingtaine d’années, trouver refuge dans les entrailles de la terre et refermer les portes de l’enfer sur eux. A moins que l’enfer ne se trouve maintenant dans ces tunnels, en 2033…

Entrez dans un monde original et inquiétant

Métro 2033, signé par un journaliste russe, a connu un fort succès dès sa première édition en ligne et gratuite et possède depuis son adaptation en jeu vidéo. Pour les français, ce décor d’Europe de l’Est a quelque chose d’exotique, d’original en soi. Cette origine se retrouve dans les tournures de phrases, certains comportements…
Mais la force de ce livre est avant tout à chercher dans l’environnement presque entièrement clos et sombre des souterrains. Dmitry Glukhovsky réussit à faire naître sous sa plume un univers oppressant et angoissant, où chaque ombre est une potentielle menace et où croiser un de ses semblables est loin de signifier la sécurité.

Les armes, les dangers, sont omniprésents et les mythes qui se sont développés et colportés peu à peu ajoutent une angoisse tenace. Car le fantastique s’y invite régulièrement, un inexplicable qui rend paranoïaque, sous forme de bruits, de disparitions, d’histoires, qui pousse le lecteur à retenir son souffle lorsqu’un protagoniste s’approche de trop près d’une zone plongée dans l’ombre.

Une construction solide

L’auteur a développé un univers extrêmement riche, toute une société avec ses codes (monnaie, circuits commerciaux, travail, etc) et ses groupes politiques qui tiennent stratégiquement (et historiquement) les stations. Il décrit une vie rude, une organisation de survie, au régime alimentaire peu varié, aux habitations sommaires, où la technologie tient peu de place et surtout où la possession la plus précieuse d’un individu est son fusil et ses munitions.
Rien n’est donc simple ou facile dans le métro ; Artyom va devoir faire preuve d’une grande capacité d’adaptation pour s’en sortir malgré l’apparente simplicité de sa mission.

La variété des décors et des coutumes est réelle malgré l’aspect presque huis clos. Jamais la monotonie ne s’installe dans les tunnels et le lecteur, à l’image d’Artyom, prend peur ou s’émerveille devant l’inattendu. L’immersion dans l’univers est facilitée par le style fluide de l’auteur, appréciable pour un petit pavé comme Métro 2033 !

Un récit rythmé

Le roman comprend de plus très peu de temps morts, Dmitry Glukhovsky souhaite montrer un maximum des aspects de sa société troglodyte, ses travers comme ses bons côtés. Artyom constitue un bon choix de héros : il n’a aucun souvenirs du monde d’avant, c’est un enfant du métro, un jeune homme qui pose encore un regard naïf sur ce qui l’entoure, jamais blasé, au contraire de beaucoup.
Au fil de son périple, ce garçon attachant croisera des militaires, des nazis, des érudits, des communistes, des chamanes, de simples hommes, de simples parents ou enfants, des optimistes, des pessimistes, des bandits, des marchands et bien d’autres encore. Chacun offrant une peinture différente du quotidien sous la terre, de sa façon dont il s’adapte aux contraintes écrasantes d’une société où la loi du plus fort domine.

Même entre deux phases mouvementées, des anecdotes au coin d’un feu permettent d’en apprendre sur l’univers, son histoire, ses légendes, l’état d’esprit des hommes. Des petites longueurs au milieu du récit sont à noter tout de même, mais sans conséquence et toujours avec un apport de réflexions et d’observations sur ce qui entoure Artyom.

De nombreux questionnements et points de vue sur la vie

Omniprésente sans être envahissante, une intense réflexion sur le sens de la vie, le destin et la foi est distillée dans les pages. Cet aspect, aux tournures parfois un peu mystiques, fait prendre du recul et ajoute une touche de philosophie à l’intrigue. Les protagonistes portent chacun leur propre vision, et Artyom devra trouver par lui-même le sens de sa propre existence et de sa quête.
La folie aussi est une thématique très présente. Inévitable dans des lieux clos qui semblent posséder une vie propre, ou face aux souvenirs d’une vie au soleil, c’est aussi l’occasion d’aborder la démence de toute l’espèce humaine.

Métro 2033 est donc un roman extrêmement riche qui possède diverses facettes, entre aventure, fantastique, philosophie et horreur. L’écriture de Dmitry Glukhovsky est entraînante et il est difficile de ne pas être impressionné par la densité du récit.
Bien que Métro 2034 constitue une suite directe, Métro 2033 se suffit à lui même et se conclue sur un final marquant, qui trottera un moment dans la tête du lecteur.

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