Via Temporis t.3 (Joslan F. Keller)

Via Temporis t.3 (Joslan F. Keller)

Via Temporis

3. Tous les chemins mènent
vraiment à Rome

Auteur : Joslan F. Keller
Editeur : Scrinéo Jeunesse
Date de parution : 11/2012
Pages : 324
Prix : 14,90€

Charlotte, Mathias et Aimery ont décidé qu’il était plus prudent de récupérer le Tempoflux de DarkVenom lancé au hasard dans les méandres de l’histoire. Le jeune garçon, qui avait vu la date indiquée sur l’engin, retrouve sa trace au Portugal en l’an 6 après J.-C.. Mais récupérer l’objet s’avère plus compliqué que prévu et il faudra que la fine équipe suive sa trace jusqu’à Rome, au Ier siècle. Il leur faudra développer des trésors d’imagination et d’habileté en ces temps troubles pour réussir leur mission.

Une époque intéressante mais l’impression de retourner sur les bancs d’école

Après l’aventure des Templiers, le récit réussit à retomber sur ses pattes avec habileté pour entraîner le lecteur du Portugal à Rome. Là bas, nos compères y croiserons des personnages emblématiques de l’histoire tels que l’empereur Néron et le philosophe Sénèque. Comme les volumes précédents, ce troisième se déroule sur plusieurs années dans le passé, montrant ainsi la montée vers la gloire comme la déchéance de plusieurs hommes et femmes de ce temps et se terminant avec le décès de l’empereur.

Si l’on croise un nombre non négligeable de personnalités et que bien d’autres sont évoquées, l’aspect ludique s’estompe notablement. Au lieu de vivre pleinement et directement l’histoire, Mathias et Charlotte observent beaucoup et subissent des cours magistraux. Les informations sont ainsi nettement moins bien intégrées et le plaisir de la balade historique s’en trouve diminué. Néanmoins, beaucoup d’informations sont tout de même abordées et une annexe en fin de livre dévoile le destin un peu plus détaillé des principaux individus rencontrés. De quoi regretter que cela n’ait pas été intégré à l’aventure, mais un approfondissement appréciable.

Une tension dosée avec maladresse mais des petits éléments sympathiques

Sans doute ce manque d’immersion est-il imputable à la difficulté de rendre certains aspects de la Rome antique, époque très violente, auprès d’enfants. Une prudence exagérée, d’autant plus qu’alors que les héros se trouvent dans un environnement très dangereux, le sentiment d’insécurité n’est finalement pas bien ressenti vis à vis de ce dernier.
Il est plus palpable face aux sbires de DarkVenom qui ne reculent devant rien pour récupérer le TempoFlux. Cependant, ces passages en viennent parfois à se transformer en film d’action façon 24h chrono, un peu de trop pour ce genre de série, qui n’a pas besoin de rebondissements explosifs.

Les fils rouge de l’intrigue sont un peu en stand by du côté de DarkVenom bloqué par la perte de son appareil temporel. En revanche celui concernant le père de Charlotte avance un tout petit peu, l’ombre de ce dernier planant sur l’ensemble du volume et devenant peu à peu plus concrète. La hâte de comprendre ce qui se passe à ce niveau augmente toujours plus, quel suspense !
Ce volume est aussi l’occasion d’un clin d’œil sympathique. En effet, suite à un concours de l’éditeur, une personne réelle a été mise en scène au cœur du récit. A cet aspect tout le monde ne prendra pas autant plaisir que moi à la découverte, car il se trouve que je connais la personne par internet interposé et que je l’ai donc reconnue dans les pages. Une initiative sympathique à souligner tout de même, je n’ai en tout cas pas boudé mon plaisir.

Des faiblesses qui auraient pu être évitées et des protagonistes qui lassent

Il y a malheureusement d’autres défauts à ce 3ème tome. Des coquilles et erreurs de langage assez importantes comme des chevaux qui piaffent sur place (c’est le principe de piaffer) ou des concurrents qui tournent dans le sens contraire d’une montre (jamais vu une montre tourner). Le pire étant une monumentale incohérence temporelle facilement évitable dans la séquence finale façon film d’action qui était déjà un peu de trop.

Est-ce parce que je venais de lire une mauvaise romance J’ai Lu « Pour Elle » ? Toujours est-il que ce qui était encore à peu près mignon (bien que je n’aie jamais entièrement adhéré aux personnalités, mais leur dynamisme correspond bien à la série) dans les premiers volumes est devenu pénible. Le personnage de Charlotte et la façon dont les autres la voient est insupportable : blonde exubérante charmante qui ne pense qu’au shopping même à Rome, qui fait des crises de jalousie systématiques quand son copain parle à une autre (un peu ça va, trop bonjour les dégâts), qui est flattée quand on la siffle dans la rue et que l’on regarde avec tendresse quand elle mène les hommes par le bout du nez… Pendant ce temps les hommes font des recherches en librairie, eux. Trop de clichés qui font basculer cette vision dans le sexisme « ordinaire », ce qui me gène toujours, mais particulièrement auprès des enfants.

Bref, une déception pour ce volume malgré un thème très intéressant que le livre donne tout de même envie d’approfondir par soi-même. Bien gentillet et un cran en dessous, il reste à espérer que le plaisir reviendra avec la suite car la série Via Temporis reste plaisante et les fils rouge savent susciter l’attente.