Une journée aux Dystopiales 3

Les Dystopiales 3 s’étalaient sur trois jours comme l’annonçait le programme. L’avantage, c’est que nous n’étions pas obligés de tout faire (enfin certains diraient « si si », mais je les soupçonne d’avoir des intérêts dans l’affaire), du coup nous avons choisi d’aller au lancement officiel de Le Prophète et le Vizir de Yves et Ada Rémy, publié par l’association Dystopia. Ça vient aussi un peu du fait que je n’arrivais pas à remettre la main sur un des livres que j’aurais pu faire dédicacer à un autre moment.

Arrivés sous la pluie de ce début d’automne – euh, d’été – nous trouvons une librairie Charybde relativement calme et nous installons afin de voir la suite des événements. Au premier plan, un couple d’un certain âge : les Rémy, en pleine dédicace. Au fond de la librairie, un autre duo d’auteurs : Julien Campredon et Thierry Acot-Mirande qui présentent leurs œuvres ; respectivement Brûlons tous ces punks pour l’amour des elfes / L’attaque des dauphins tueurs et Temps gelé. Je ne sais pas pour vous, mais moi les titres de monsieur Campredon m’intriguent, j’aimerais bien en lire à l’occasion. C’est un appel à cadeau ?
(Pas spécialement, mais ne te gêne pas surtout ^^).

Bref, le ravitaillement en boissons arrivant en direct de la librairie Scylla où devait se dérouler la dédicace au départ, nous avons la garantie de ne pas mourir de soif d’ici la fin de journée (enfin, la pluie nous l’assurait déjà…). Pendant ce temps, on se rend compte qu’il ne s’agit pas d’une simple dédicace. Non m’sieurs dames. Que nenni ! C’est un vrai show qui se déroule sous nos yeux.

Afin de savoir quoi écrire, Ada Rémy se transforme en psychologue inquisitrice, fait parler les lecteurs de leurs occupations, leur métier… avec beaucoup d’humour. Et si Yves a le malheur de ne pas aller assez vite ou de faire un truc de travers, le voici qui récolte une réprimande ! Même si ce n’est pas notre tour, nous sommes déjà écroulés de rire rien qu’en assistant à la séance.
Et quand on leur demande comment il écrivent à quatre mains, ils répondent en coeur que c’est Monsieur qui écrit et Madame qui contrôle et tient le fouet. Terriblement dynamique, Ada ne tient pas en place et finit par tourner dans la librairie, heureuse qu’on lui ai apporté une p’tite bière. Heureusement que je suis là pour m’occuper des auteurs. S’il fallait compter sur les libraires…

A ce stade peut-être serez-vous tentés de plaindre Monsieur Rémy. Mais même s’il se trouve aussi calme que sa femme est speed, il ne manque pas d’esprit et de répartie. Ainsi, quand Ada dit avoir arrêté de fumer il y a 7 ans, elle avoue avoir été « encore plus » exécrable pendant un mois. Ce sur quoi sa tendre moitié, sans se détourner de sa dédicace en cours réplique « ah ben chez elle un mois ça dure 7 ans, ça fait long le mois ». Nouveau fou-rire (à ce stade on ne les compte plus).

La gentillesse de ce couple est sans égale, tout comme son humour. On les sent absolument ravis d’être présents, de tenir un nouveau livre entre leurs mains et de rencontrer des lecteurs et futurs lecteurs, de voir d’anciennes éditions des Soldats de la mer et de vendre du Prophète. Et aussi impatients de passer au prochain livre surtout ! Les éditeurs seraient (presque) harcelés pour un peu !
Ada a d’ailleurs demandé plusieurs fois que son éditeur mettent un peu plus d’énergie à sortir leurs autres ouvrages « parce qu’il ne faudrait pas que ce soit des éditions à titre posthume ».

Une des choses qui m’a épaté, et qui montre bien la vivacité d’esprit de ce couple, est leur récent contact avec le net. Les Rémy sont connectés à la toile depuis seulement quelques jours mais sont intéressés par ce que l’on peut y trouver. Et à chaque fois qu’un lecteur, venant se faire psychanalyser dédicacer un livre, avouait participer à un site ou un blog, Ada en notait religieusement les références dans son petit carnet. Je n’ose imaginer ce qu’ils feront une fois qu’ils auront maîtrisé les arcanes du email.

Je fais partie des rares heureux ayant lu le livre avant la dédicace. Et j’ai vraiment beaucoup apprécié ce conte d’inspiration arabe en deux textes. D’une part un prophète dont les visions lui permettent de percevoir ce que deviendra ce qu’il voit de ses yeux lors de son long voyage en Méditerranée, et ce dans un futur plus ou moins lointain. Puis ce Vizir qui, ayant connaissance d’une prophétie, tentera de se jouer du Destin. Les Rémy sont ravis de voir que leur nouveau titre est apprécié.

De mon côté, j’ai fait dédicacer Les Soldats de la mer, que j’ai dans la troisième des quatre éditions que ce recueil avait connu. Cette série de nouvelles m’avait fait fort impression à l’époque et c’est avec une vraie joie que j’avais appris que le couple allait de nouveau être édité. Notons en passant que Dystopia prévoit normalement de rééditer aussi Les Soldats de la mer, afin de permettre à ces textes qui ont marqué la mémoire de tant de lecteurs par le passé d’être à nouveau à la portée de nouvelles générations. Ceci ne m’a pas empêché de me prendre quand même un exemplaire du Prophète et le Vizir. Il n’y a pas de raison que je n’ai pas le mien dédicacé personnellement à moi. Non mais.

Prochaines Dystopiales… à l’automne !