Mitsu a 15 ans. Il vit à proximité de la Terre, au niveau inférieur de l’anneau qui abrite l’humanité depuis déjà bien longtemps. Pour gagner sa vie, il décide de devenir nettoyeur de vitres, comme son défunt père et jure de travailler dur pour être à la hauteur. Il fait la connaissance de ses camarades de travail, souvent taquins, parfois mécontents de voir ce jeune blanc-bec arriver, mais aussi de ses clients, souvent de riches personnalités du niveau supérieur. Très vite il se fait remarquer par son dévouement et sa gentillesse ; à sa modeste façon il marque la vie de bon nombre des habitants de l’anneau.
Une série douce et belle
Une série manga courte, de science-fiction, c’est déjà un très bon point. Quand en plus elle s’avère délicatement dessinée, le trait d’Hisae Iwakoa étant très fin et expressif, alors rien ne nous retient. Le décor à la fois clos de l’anneau et ouvert sur l’immensité de l’espace est propice au développement d’une certaine philosophie pour Mitsu, qui est un garçon un peu rêveur mais serviable, humble et discret. C’est donc sur un ton très doux que se déroule la majeure partie de l’intrigue.
Au-delà du rêve, il y a ce quotidien de nettoyeur de vitres, physiquement éprouvant et dangereux parfois. Mais ces gens démunis sont mus par un honneur très développé et sont très touchants dans leur façon de s’entraider, de soutenir leur famille et leur épargner certains détails difficiles ou de se dévouer à leur tâche malgré l’ingratitude de leur condition.
Des émotions simples et fortes, un espoir omniprésent
Et puis il y a l’humour, largement présent. Des personnages extravagants comme certains clients, d’autres qui pensent bien cacher leur jeu comme Jin, le formateur de Mitsu qui se veut bourru mais ne trompe personne, des bons mots placés aux moments opportuns, des discussions gênantes, des éléments décalés et inattendus… l’auteur ne manque pas de ressorts pour faire sourire et rire, accentuant les aspects clownesques en exagérant les expressions scandalisées apeurées ou fourbes des individus.
L’auteur jongle entre le rire et la tendresse, puis ajoute de la tension en cours de route. Très habile, il m’a mis les larmes aux yeux plus d’une fois, de soulagement, de rire ou de tristesse, réussissant à surprendre, faisant des virages d’une émotion à une autre pour mieux les déclencher et les alimenter. La Cité Saturne est une série très prenante donc, qui fait réellement vibrer et vivre à fond auprès de ces héros ordinaires. Le mélange d’humour et d’humilité des protagonistes renforce l’empathie développée à leur contact.
Le lecteur se perd en songe avec Mitsu en contemplant la Terre depuis le ciel, la beauté se ressent. Beauté de la vue mais aussi beauté humaine, beauté du rêve. Le manga est largement optimiste, malgré le postulat de départ de fuite d’une Terre devenue inhabitable, et ça fait du bien !
Un rythme et une construction maîtrisés
La série connaît une montée en puissance, lente, à l’image du quotidien sur la station, mais puissant et inexorable, accéléré par les événements sur la fin. Un creux se fait sentir au milieu de la parution, où peu d’éléments nouveaux s’ajoutent à l’existant sans que les personnages évoluent vraiment.
Au-delà de la vie de tous les jours sur la station, divers enjeux se dévoilent, notamment un projet très important qui permet d’émerveiller et faire vibrer comme ce type de récit de science- fiction sait si bien le faire. Le ton se durcit particulièrement dans les deux derniers tomes : la bonté, l’espoir et le rêve feront-ils le poids quand la crise menace ?
L’intérêt n’est jamais perdu, l’émotion est toujours présente et à partir d’un certain point, le scénario ne laisse aucun répit, jusqu’à la fin. La narration maîtrisée d’Hisae Iwaoka entraîne l’histoire en puissance jusqu’à la toute dernière vignette ; le lecteur est alors submergé par une dernière vague d’émotion qui clôt l’aventure de belle manière.
La Cité Saturne, une série sublime, un gros coup de cœur, à découvrir absolument.








ça fait envie… d’autant plus que je n’ai pas lu de manga depuis une éternité !
L’ambiance et les personnages ont le potentiel pour te plaire Mélie. Surtout que le rêve est un thème essentiel de la série
Je suis toujours à la recherche de mangas courts et celui-ci est bien tentant ma foi
.
Alors cède donc à la tentation, ça vaut vraiment le coup ^^
C’est un manga dont je n’avais pas encore entendu parler, mais ton avis me donne vraiment envie. Je le note précieusement, les quelques planches que j’en ai vu sont très tentantes !
Ravie d’avoir permis cette découverte et j’espère que tu te feras plaisir avec cette lecture
Je ne connaissais pas non plus et même si je ne suis pas sûre que ça me plaise, j’essaierais sûrement de lire le premier tome, le côté poétique de cette science fiction m’intrigue beaucoup.