A comme Association t.5 (Erik L’Homme)

A comme Association t.5 (Erik L'Homme)

A comme Association

5. Là où les mots n'existent pas

Auteur : Erik L'Homme
Editeur : Gallimard Jeunesse/Rageot
Date de parution : 06/2011
Pages : 203
Prix : 10,05€

Jasper a subi bien des épreuves ces derniers temps. Mais voilà qu’il se réveille à l’hôpital et doit affronter une des pires qui soit et le sentiment de vide qui l’accompagne. Et il faudrait qu’il reste sagement sur son lit sans rien faire alors qu’il est celui qui en sait le plus sur leur accident, à Ombe et lui ? Hors de question pour le jeune homme de se laisser mettre sur la touche. Ni une ni deux, le voici en train d’enquêter, malgré la douleur et le danger.

Un volume plein de tristesse mais qui reste fidèle à l’esprit original

Autant le dire tout de suite : ce cinquième tome de la série est poignant. L’ombre de la disparition de Pierre Bottero plane sur le récit et ajoute de l’émotion à un volume qui n’en manque pas par ailleurs. Le titre en prendrait presque des allures d’hommage, Jasper devant affronter la dure réalité concernant Ombe comme le lecteur doit accepter la disparition de l’auteur.
Jasper est émouvant dans son deuil, le vide qu’il ressent à ne plus pouvoir voir son amie est communicatif. Le lecteur se sent particulièrement impuissant à la lecture, voyant souffrir le héros en sachant bien que même s’il pouvait l’entendre, aucun mot ne pourrait adoucir sa peine et le dévier de la route qu’il a décidé d’emprunter.
L’adolescent se révèle dans sa fragilité, il a peur, est en colère et se pose plein de questions. Mais il n’en oublie pas pour autant d’être le Jasper habituel : casse-cou, brise règles, magicien hors pair et humoriste déplorable. C’est presque un tour de force de la part d’Erik L’Homme de réussir à combiner autant d’émotion avec l’humour et la légèreté propres à la série.

Un récit plus sombre, riche de nouvelles et perturbantes questions

Côté intrigue, outre l’accident tragique qui débute le roman, le lecteur assiste à l’émergence d’un nouveau type de menace. Qui sont donc les types qui les suivent et les agressent, lui et Ombe, depuis le premier tome ? Les réponses commencent à tomber, apportant finalement des questions encore plus vastes.
A comme Association qui n’est déjà pas un titre spécialement manichéen puisqu’il est possible de trouver du bon et du moins bon en chacun et dans chaque catégorie d’individus, se permet de nouvelles subtilités. Le bien et le mal se floutent, se confondent et laissent Jasper quelque peu dérouté. Le voile s’épaissit autour de l’Association même et du jeune homme, qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Cette confusion ajoute à la noirceur ambiante, les actions et les gens pouvant être perçus comme bons ou mauvais selon l’œil qui les juge. Mademoiselle Rose et Walter eux-mêmes commencent à perdre leurs repères. L’intérêt pour la série est relancée, l’auteur réussissant comme toujours à apporter l’élément accrocheur nécessaire pour passer d’un tome à l’autre.

A comme Association atteint avec Là où les mots n’existent pas un point culminant, un tournant. Les choses réellement importantes commencent, après un début marqué par une perte tragique. Malgré sa légèreté et sa destination aux jeunes lecteurs, Erik L’Homme prouve qu’il a plus d’un tour dans son sac.