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5 nouvelles d’imaginaire (Editions Astéroïdes)

5 nouvelles, 6 auteurs, tout numérique. J’ai testé pour vous les éditions Astéroïde qui proposent des textes courts en numérique à bas prix 0,79€ chaque ! Voici les chroniques des récits, suivies d’un commentaire global sur l’expérience et l’offre des éditions.

Catarina – Arnaud Boutle (12 pages) 7/10

Catarina roule sur le sol lunaire, pressée de rentrer chez elle en ce jour de Noël, quand par accident elle se trouve mêlée à une révolte de clones. Chose impensable ! Impensable aussi pour Nicolas, policier chargé de surveiller les nombreux rebuts de clones qui s’accumulent en cette période.

Catarina est une nouvelle plaisante grâce à son côté un peu décalé entre le choix de placer le récit sur la Lune, avec une société bien développée, les clones serviteurs presque jetables et des éléments absurdes dans le ton qui donnent une fausse légèreté au récit. On se retrouve à la fois dans une nouvelle bien moderne et dans un vieux texte type Âge d’Or de la SF.
Il s’agit surtout d’une histoire d’humanité au delà des apparences, du droit de vie et d’indépendance des créations (IA, clones), où finalement le plus humain ne dépend pas forcément de la nature de l’individu. Avec quelques subtilités venant au fil du texte et évitant la facilité du « un est humain, l’autre ne l’est pas tant ». Certaines images et la morale sont assez noires et le texte amène ouvertement à réfléchir sur plusieurs questions. Un texte au final simple mais efficace.

Hors Garantie – Antoine Lencou/Jess Kaan (13 pages) 7/10

Arrivé au terme de ses réincarnations autorisées, un presque mort fait appel à la société qu’il met en cause dans ses récents ennuis. S’ensuivent de nombreux échanges de courriers.

Les auteurs se sont de façon évidente fait plaisir à écrire ce texte. Cette satyre de notre système administratif fait sourire tellement elle sonne vrai, entre délais, requêtes, réponses à côté de la plaque, énervement et cynisme d’un côté, réclamations de l’autre… L’approche est originale et ce ping-pong verbal aux nombreux clins d’oeil s’avère être une lecture sympathique.
L’enjeu de survie et de résurrection est en lui-même délicieusement décalé et le héros ne manque pas de mordant dans ses courriers. On aimerait en écrire des aussi bien tournés parfois, si les réponses ne donnaient pas envie d’étrangler l’interlocuteur, qui finalement fait bien de rester à distance, tandis que le protagoniste, lui, sans trop hausser le ton, le presse de plus en plus.
Heureusement que le texte est court car le découpage des chapitres en fonction des mails ne permet pas de s’y retrouver dans le sommaire.

L’Entre-deux – Denis Lejeune (9 pages) 6/10

L’entre-deux est une histoire en deux parties centrée sur un personnage qui a du mal à s’ancrer dans la vie et se complaît dans le vide. Finissant par revenir dans le monde, il y retrouve une dynamique bien étrange et angoissante.

Histoire fantastique assez classique qui met en scène un personnage en perte de repères pour des raisons internes autant qu’indépendantes de sa personne, son déroulement est relativement efficace, surtout sur la fin. La héros est pénible à supporter dans la première partie, qui se trouve être un peu longue par rapport au propos. Pourtant l’approche est intéressante mais finalement le texte apparaît déséquilibré et l’intérêt n’est pas maintenu tout le long. La deuxième partie voit le lecteur se faire balader autant que le héros, au fil des rues de plus en plus angoissantes.

Le Lac noir – Jean Millemann (8 pages) 7,5/10

Deux amis discutent un soir du Lac Noir et de l’histoire de son nom. Si l’un se contente d’une légende réaliste, l’autre en sait un peu plus long sur la terrifiante origine du terme et ce qu’il implique encore aujourd’hui.

Cette nouvelle est prétexte à une anecdote, centrée autour d’un simple nom, racontée comme un conte au coin du feu. Jean Millemann plonge le lecteur, grâce à sa plume comme d’ordinaire simple et habile, dans l’ambiance d’une soirée vosgienne qui change de son habituelle Bretagne et où la nuit dissimule de bien noirs secrets. Un texte qui rappelle d’autres œuvres fantastiques plus anciennes dans sa construction et son ton. On se laisse prendre dans l’histoire, plaisante à lire et dont les images apparaissent nettes et vives grâce au style de l’auteur.

Le Protocole SS – Eric Lequien Esposti (31 pages) 7/10

Un jeune homme bien sûr de lui et à la recherche d’argent facile va sauter sur l’occasion de participer à un test clinique. Seulement l’expérience est tout de même plus élaborée que prévu…

Le texte est assez complexe en construction et plein de sens. Le héros/sujet est à la fois détestable mais quelque part victime, tandis que le scientifique qui inspire de la sympathie fait preuve d’une éthique discutable. Le ton lui même, légèrement décalé, est entre-deux : pas franchement drôle par la gravité des implications éthiques, la lecture prête à sourire devant la tournure presque absurde que prennent les événements, la complexité de la science étant confrontée à une forme de simplicité, de naïveté, redoutable.
Le style d’écriture est travaillé et la lecture qui en découle est fluide. Un léger sentiment d’inabouti persiste même si la conclusion ramène bien au début, bouclant la boucle, comme s’il manquait encore une étape ; mais la nouvelle est globalement intéressante.

Conclusion sur l’expérience

Astéroïde propose des epub sans DRM, un choix que nous validons sans hésiter. La navigation est fluide et les transferts ne posent pas de soucis.

Un inconvénient se situe dans le poids des fichiers, très lourds pour des nouvelles. La mise en page n’est également pas harmonisée, les images pouvant être soit plein écran soit décentrées, le titre se trouver avec les mentions légales ou sur la page suivante… Simple question esthétique et pratique qui ne nuit évidemment pas à la lecture.

Les prix bas et les textes variés : SF, fantasy, fantastique, humour, réflexion, frisson… sont les atouts majeurs de l’éditeur. Les nouvelles proposées de sont pas de « grands » textes (s’il était déjà facile de définir ce terme) mais les histoires sont dans l’ensemble agréables à lire et s’avèrent être des lectures idéales pour la pause déjeuner, une coupure entre deux romans conséquents… bref, des transitions sympathiques qui permettent de découvrir de nouvelles plumes ou de continuer à suivre un auteur apprécié auparavant. Une initiative bien plaisante et une expérience à renouveler !

Le Catalogue

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2 Responses to “5 nouvelles d’imaginaire (Editions Astéroïdes)”

  1. Lune says:

    J’aime beaucoup cet éditeur ! J’ai lu et aimé les 2 premières nouvelles que tu cites, notamment Catarina. La prochaine fois n’oublie pas Thomas Geha :p

    • Lelf says:

      Ah ah, j’avais deviné avant de lire la fin de ton commentaire. Et oui, je compte bien continuer avec du Thomas Geha ^^

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