Doctor Who : La chasse au mirage (Gary Russell)

[livre image= »http://www.imaginelf.com/wp-content/uploads/2012/05/dw-chasse-au-mirage-russell.jpg » titre= »Doctor Who » soustitre= »La chasse au mirage » anthologiste= » » auteur= »Gary Russell » couverture= » » editeur= »Milady » dl= »03/2012″ pages= »288″ prix= »7€ » note= »7″/]

Amy, Rory et le Docteur atterrissent en pleine campagne anglaise en 1936. Leur arrivée aurait-elle un rapport avec le traumatisme subit quelques années auparavant par un Lord anglais, avec les fouilles archéologiques en plein milieu du village qui pourraient bien dévoiler autre chose que des artefacts humains, avec la désertion progressive et étrange du village sous la coupe d’un maître des lieux bien austère, ou encore avec une rencontre ayant eu lieu il y a bien longtemps ? A moins que tout cela se recoupe et que les trois compères se retrouvent à nouveau au milieu d’un conflit intergalactique.

Angleterre, aliens, mystère… un scénario bien plaisant

Entre deux peuples extra-terrestres en conflit et une communauté rurale anglaise du début du XXe siècle, le plus bizarre n’est pas forcément celui qu’on pense. L’ambiance fermée devant l’extérieur, à la façade polie et accueillante, est très bien rendue. A la fois stressant (mais qu’ont-ils donc en tête) et rassurant (des gens qui reçoivent, hébergent et nourrissent, dans le calme et à l’air pur, c’est quand même sympathique), le contraste est aussi très amusant. Gary Russell offre dans La chasse au mirage un décor terrien tout à fait en accord avec ceux rencontrés dans la série, absolutely british.

Les personnages sont intéressants et intrigants, du maître des lieux dont la première femme a disparu à l’ex-soldat traumatisé, en passant par un homme de main pas très bavard et une équipe de fouilles aux personnalités diverses. Tous ont l’air d’avoir une histoire lourde, mais reste à savoir qui est lié à l’affaire et encore mieux : qui sont les méchants et les gentils et ce que chacun revendique. Au delà du positionnement de chacun par rapport au mystère qui occupe les trois compères, des surprises sont réservées concernant le passé des uns et des autres, des vécus qui renforcent d’autant plus leur personnalité, dense, et explique les personnalités fortes ou effacées.
Il faut donc démêler un sac de nœuds alien malgré la jalousie de Rory, le cabotinage d’Amy et la manie du docteur à alternativement savoir lire les gens et ne rien comprendre à ce qui se passe. Les ennuis tombent vite car les indices sont d’emblée nombreux et tout s’enchaîne, en provoquant de belles frayeurs à nos amis, qui se placent dans des situations parfois périlleuses, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Un volume qui fait honneur à la série TV et ses personnages

Le texte de cet opus est plus dense que d’autres titres de la licence Doctor Who. En absolu le volume de texte est un peu plus important et permet une intrigue plus aboutie. Le style de Gary Russell est agréable, bien visuel et surtout très proche de l’esprit original de la série ! Le personnage de Rory est bien mis en avant dans ce titre, avec sa volonté spontanée d’aider ceux qui sont en détresse, ses relations ambiguës avec le Docteur et l’humour qui en découle bien souvent, son amour pour Amy et sa crainte de la perdre.

Dès l’introduction, l’auteur montre toutes les forces en présence et le contexte qui va les mener en 1936, captant ainsi toute l’attention du lecteur, déjà conquis. Derrière se déroule un récit bien construit, ponctué de passages amusants et d’instants plus émouvant. Car Gary Russell traite ses héros avec soin, en les rendant crédibles et attachants et faisant de cette œuvre bien plus qu’une histoire d’extraterrestres, une histoire d’humanité où chaque pièce du puzzle mystérieux court après la liberté, le bonheur, le pardon, la découverte, la sécurité… Typiquement le genre d’intrigue pleine de poésie qui laisse des étoiles dans les yeux et le cœur, comme seul sait le faire le Docteur.

La chasse au mirage est un bon titre de licence comme on aimerait en lire plus. Une histoire belle et très humaine, dans l’esprit recherché, écrite avec honnêteté. Si vous hésitiez encore à tenter l’aventure papier avec Doctor Who, ce titre semble indiqué pour un premier contact réussi.