Léviathan t.2 : La Nuit (Lionel Davoust)

Leviathan t.2 (Lionel Davoust)

Leviathan

2. La Nuit

Auteur : Lionel Davoust
Editeur : Don Quichotte
Date de parution : 04/2012
Pages : 469
Prix : 22€

Le plan de la Main Gauche commence à s’effriter avec l’accident de Michael. Ce dernier se remet difficilement, hanté par une force dont il a à peine conscience. Le retour à Los Angles est loin de marquer la fin de cette aventure car des morts étranges commencent à s’accumuler. Pendant ce temps, Andrew Leon, scientifique et agent spécial du FBI, organisme historiquement sous la coupe de la Main Droite, détecte des anomalies entourant Michael et se lance dans une enquête aux enjeux bien flous pour lui. Il faut agir et vite ; qu’il s’agisse pour Masha de sauver son mari et sa famille, quitte à nouer des alliances, ou pour la Main Gauche d’enrayer la menace que représente le biologiste marin.

De nombreux bouleversements et un danger de plus en plus présent

Le début de se deuxième volume de Léviathan est lent et pénible pour Michael, dans le coma, mais aussi un peu pour le lecteur qui peut avoir du mal à trouver son accroche. Celle-ci vient rapidement et tout s’enchaîne ensuite inexorablement. L’évolution des protagonistes est importante. Face à une menace en éveil, certains prennent peur, d’autres voient des opportunités uniques à saisir, Michael oscille aux bords de la folie, en lutte contre ce que sa chute a éveillée en Antarctique. Masha poursuit son propre chemin indépendamment des directives qui lui sont données, une route tournée vers sa famille. Elle doit beaucoup apprendre sur elle-même et la philosophie du Pouvoir afin de survivre, car aucun joueur n’est à l’abri. Elle est guidée en cela par ce personnage énigmatique déjà apparu dans La Chute, dont on n’apprendra guère plus mais qui devrait revenir dans le troisième volume tant son point de vue ajoute de nouvelles perspectives.

Léviathan, enfin, apparaît vraiment et lâche sa puissance sur ceux qu’il considère comme ses ennemis. La menace dévoile un visage et une personnalité. Elle s’avère perturbante par bien des aspects et le danger qu’elle représente est palpable. Le lecteur retient son souffle dans l’attente de savoir : les héros et le monde vont-ils basculer ?

Une nouvelle direction avec l’apparition d’un enquêteur

L’apparition de l’agent Leon est une des très bonnes surprises de cet opus. L’homme est intelligent, scientifique original et agent de terrain confirmé. L’introduction d’un personnage plutôt associé à la Main Droite mais étant motivé par la Vérité au delà des apparences, amène des confrontations intéressantes avec les différentes parties impliquées. Son regard de profane prêt à croire à l’impossible offre un regard proche de celui du lecteur et son investigation pas à pas permet de bien suivre et comprendre les événements qui se déroulent. Son approche est à suivre avec intérêt, d’autant qu’il devient très vite un élément central du récit. Il ajoute un aspect enquête et un aspect scientifique au milieu de ces histoires d’hommes et de femmes en marges de la réalité.

Un récit inquiétant qui n’accorde aucun répit

L’écriture de Lionel Davoust fascine encore plus que dans La Chute. Le rythme, qu’il gère d’une main de maître comme dans le premier volume, s’accélère après un démarrage aussi déroutant que pour Michael, pour capter l’attention définitivement. La tension est de plus en plus présente, quelque chose d’affreux se trame et libère régulièrement sa folie dans le texte, de manière brutale. Le lecteur est prêt à suivre Michael dans sa quête sans plus réfléchir dans ce volume très dynamique là où le précédent était assez statique. La façade qui se fissurait déjà précédemment vole en éclat à chaque accès de violence, tout comme la personnalité du héros, qui peine à trouver son équilibre.

La Nuit est encore plus noir, plus stressant et plus riche en rebondissements. La puissance qui émane de ce nouvel ennemi incompréhensible et insaisissable, prend aux tripes. Les réponses commencent à tomber, notamment par l’intermédiaire des mages de la Main Gauche, mais il reste encore beaucoup à découvrir une fois la dernière page atteinte. Frustration intense, que de ne pas encore tout comprendre ; cela s’avère parfois même un peu déroutant, mais le lecteur sent bien que les pièces du puzzle se mettent inexorablement en place et qu’il obtiendra toutes ses réponses dans le dernier volume : Le Pouvoir.

Après un premier tome de qualité, Lionel Davoust achève de convaincre. Soyez prévenu : en lisant La Nuit vous risqueriez bien de rater un arrêt de bus ou de sauter un repas, hypnotisé par la folie dans laquelle sont plongés Michael et son entourage.