Les festivals littéraires en France, spécialisés ou non, sont légion. Et on ne peut que se réjouir de cet état de fait. Cependant, il existe d’énormes disparités de l’un à l’autre, notamment en terme de droits d’entrée. Justifié ou pas ? Voyons plutôt.
Les festivals gratuits sont très nombreux. Encore une fois : youpi. Mais alors, sont-ce de tout petits festivals avec trois auteurs se battant en truelle ? Pas forcément.
Puisque nous sommes ici sur Imaginelf (vous en doutiez ?), prenons l’exemple du milieu de l’imaginaire.
- Un festival gratuit, ça peut être le festival Dystopiales, organisé par une petite asso entre deux petites librairies, qui accueillent chaque fois quelques auteurs dans leurs locaux et vous payent en prime l’apéro. Bonne franquette, manifestation intime.
- Un festival gratuit ça peut être aussi les Futuriales. Joli cadre, des tentes, des rencontres (une soixantaine d’auteurs cette année), des conférences, des séances jeux, quelques animations. Déjà bien rempli. Allons jusqu’à Zone Franche, comme les Futuriales, mais dans des locaux « en dur », plus d’auteurs, des expos et même des auteurs étrangers.
- Et n’oublions pas les Imaginales d’Épinal, LE festival de fantasy français, accessible à tous, avec conférences, expos, dédicaces, animations, des dizaines d’auteurs dont des étrangers (dont de grands noms comme Robin Hobb) sur quatre jours.
Damned, le gratuit c’est donc possible ? Oui ma bonne dame. Cependant il faut garder à l’esprit qu’il faut beaucoup de bénévoles pour travailler sur ces festivals. Inviter des auteurs coûte cher, louer des locaux coûtent cher… Vous l’aurez compris, tout coûte cher (sauf les bénévoles).
Donc il faut des sioux. La plupart des festival obtiennent des subventions et les associations qui les organisent sont à but non lucratif (bénévole qu’on vous dit). Les libraires ou les éditeurs (en fonction du festival) payent l’emplacement de leur stand à l’association.
Mais parfois, ben parfois, ce n’est pas suffisant et il faut demander au lecteur de payer.
Jusque là, aucun malaise. Je payais les euros symboliques à l’association organisatrice du festival BD de Nantes, parce que nous croisions ces gars là souvent, des passionnés, qui réussissaient à nous faire venir de chouettes auteurs. Payer n’est pas un soucis en soi, quand on sent qu’on paye un montant juste et pour la bonne cause.
Le coup de gueule du jour, pour justifier le titre, est attribué à ces festivals qui en viennent à faire payer leur entrée 10€ ou plus, et particulièrement au festival malouin Étonnants Voyageurs.
Déjà le Salon du livre de Paris, 10€ pour aller se faire écraser par la foule et croiser 2 secondes un auteur, c’est limite. Nous avons choisi de ne pas payer aussi cher pour aller voir des gens que nous voyons gratuitement dans les salons mentionnés ci-dessus. Mais bon, c’est LA foire de l’année, les gens qui viennent là ne se déplacent pas souvent dans des manifestations de ce genre, c’est un peu le zoo littéraire « Tu vois ma chérie, ça c’est un auteur. Et ça c’est un présentateur télé qui se prend pour un auteur », le Salon de l’agriculture des lettres « Ne touche pas cet auteur Charles, tu ne sais pas où il a pu traîner avant et il mord peut-être ! Je ne voudrais pas qu’il te contamine, tu pourrais vouloir vivre de ta plume après, brrr, quelle idée. » et en plus il y a des stars, des vraies (un candidat à la présidentielle cette année par exemple).
En dehors de cette excuse « d’exception », un tel tarif met de côté les plus démunis alors que la lecture est tout de même un pan de la culture facilement accessible à tous et cette manifestation devrait l’être aussi. Très peu d’animations à l’intérieur peuvent justifier d’avoir envie de payer l’entrée une place de ciné (que c’est cher aussi ça !) .

Étonnants Voyageurs est un festival ayant lieu à St-Malo (le week-end prochain). Depuis deux ans que je connais le festival, l’entrée plein tarif était à 10€. Comme pour le Salon du livre, ça veut dire en gros payer 10€ pour aller voir une poignée auteurs, dont certains accessibles à moindre frais (l’imaginaire est peu représenté et comme il y a de tout, la BD l’est peu, le polar l’est peu…). Bien qu’il y ait de nombreuses animations et des auteurs étrangers, nous estimons qu’il est hors de question de débourser une telle somme ! Si la Salon du parisien a droit à son doigt d’honneur, celui-ci n’y échappe pas.
Pour y avoir été, les visiteurs du salon sont en majorité : des gens d’un certain âge, a priori aisés (à l’allure ; je parle d’une proportion bien sûr), qui se baladent dans les allées comme d’autres se promènent en forêt, sans rien acheter la plupart du temps ; très très peu d’adolescents et peu de familles complètes (au mieux un enfant). Il ne faut pas être plus intelligent que nous pour additionner 1 et 1 et se rendre compte qu’une grande partie de la population est laissée sur le carreau, particulièrement les familles et les travailleurs à bas salaires !
Mais non seulement, malgré des protestations toujours plus nombreuses, le festival n’a pas baissé ses prix, mais il les a AUGMENTÉ ! 12€ (!!!) le tarif plein cette année, bien plus cher qu’un livre de poche, même plus cher qu’un A comme Association d’Erik L’Homme (jeunesse grand format) ! La précommande de billets sur internet est en plus soumise à 2€ de “frais de dossier” (et je vous garantis qu’une étudiante a grincé des dents, déjà que 8€ pour elle représentent beaucoup d’argent). Ce tarif est d’autant plus inenvisageable que pour beaucoup de personnes, la visite se limitera à faire signer des livres et rencontrer les auteurs, donc seulement aller à la librairie… acheter des livres (ou pas, du coup) !
Et encore plus de gens et de familles laissés sur le carreau. Encore les démunis qui trinquent alors que, vous serez pour beaucoup d’accord avec nous, la culture devrait être accessible à TOUS.
De plus, la hausse de ce tarif ne peut avoir qu’un impact négatif sur les ventes de livres (plus on raque à l’entrée, moins il reste à dépenser à l’intérieur). Quand on sait que les éditeurs et les libraires doivent aussi payer pour être présents, on mesure que l’intérêt pour eux va s’amenuisant. Bref, voilà un festival qui a l’air de se tirer une rafale dans le pied.
L’organisation justifie ces prix par l’organisation des cafés littéraires et des projections de films.
Et là, nous sortons deux festivals de la manche : Quai des bulles, festival BD organisé sur les mêmes lieux et Les Utopiales de Nantes. Deux gros festivals spécialisés (donc plus de monde qui nous intéresse au mètre carré en comparaison avec les salons multigenres).
- Le premier, à 7€ la journée en tarif plein, dans des locaux à peu près identiques (grande tente + Palais du grand large + locaux extérieurs) propose de magnifiques expos, des ateliers animation (enfants, adultes), des films/conférences et bien sûr une grande librairie.
- Le second, pour 7,50€, propose plusieurs salles de cinéma qui tournent en continu (et des films dans un ciné de la ville) avec des remises de prix, plusieurs expos sublimes, des ateliers jeux/jeux de rôle/jeux vidéos (…), une énorme librairie, des conférences en presque continu (avec intervenants littéraires et scientifiques) et bien sûr des dédicaces, avec invités étrangers.
De quoi se poser des questions tout de même. Même si le prix était légitime au regard des événements proposés aux Étonnants Voyageurs, une entrée à deux vitesses serait à envisager sérieusement (tarif librairie gratuit ou très bas prix / tarif plein librairie + conférences, films…) ! Quand la taxe d’entrée permet de moins en moins aux gens modestes et aux familles de faire le déplacement, quand ceux qui arrivent à venir n’achètent plus parce qu’ils ont passé le budget dans l’entrée… il y a un réel soucis.
Un nouveau festival, sobrement intitulé Le Salon Fantastique, est en train de se monter sur les Champs Elysées (les fameux), avec au programme rencontres, expositions… Pour l’instant le tarif plein est prévu à 10€ et le réduit à 5€ (il faut dire qu’avec cet emplacement…). Déjà moins cher que le festival de province ! Et pour avoir discuté avec une personne impliquée, ce prix serait encore en négociation, pour permettre éventuellement aux vrais intéressés de réserver des places à tarif réduit tandis que les promeneurs du jour même verraient le tarif plein s’appliquer.
Une idée que nous approuvons et qui prouve que des concessions, des arrangements, sont envisageables (en espérant qu’ils se concrétisent) pour permettre un accès à la culture plus juste malgré les contraintes.









Si ça t’intéresse, les derniers prix des festival de livres en Belgique que je connais :
Trolls et légendes : 5 €
Foire du livre de Bruxelles : 7 €
Made In Asia : 10 € (8,50 € en prévente) mais gratuit le vendredi soir
Japan Expo Belgium : entre 8 et 11 € (en fonction du jour et préventes)
J’avoue que les hauts prix (au dessus du livre de poche) me gênent. Je trouve que certains festivals devraient plus miser sur les VIP (payer plus pour avoir plus ^^) pour ainsi laisser plus de chance aux petites bourses et à ceux qui découvrent de venir.
Oui, les entrées à plusieurs vitesses sont intéressantes. Surtout quand on voit que même des gens qui ont les moyens de payer trouvent les tarifs abusés et désertent malgré leur intérêt pour la littérature.
Les salons manga sont souvent un peu chers j’ai l’impression. Bon, il y a pas mal de trucs asiatiques et pas mal d’animations (concerts, films, karaoké…), mais ça commence à être un poil gloups (mais suis pas assez fan de manga ^^).
D’ailleurs il y a de ça : un salon spé on paye plus facilement parce qu’on est fan (même si on a aussi clairement des limites), surtout si l’ambiance est bonne.
Déjà que je trouvais l’entrée du SdL de Paris beaucoup trop cher, je dois dire que je suis d’accord avec toi quand tu dis que 12€ c’est du vol (même si tu ne le dis pas vraiment).
En tout cas, avec un salon à ce prix là, je ne me déplacerai jamais car quand on a un petit budget, on ne peut pas se permettre de payer une telle somme (surtout quand le tarif réduit est à peine 2€ moins cher).
En tout cas, le salon des Imaginales est le meilleur que je connaisse et si je devais débourser 1€ symbolique, cela ne me gênerai pas car j’arrive à peu près à me représenter la masse de travail derrière un tel évènement.
Moi aussi ça ne me gênerait pas de donner quelques euros aux Imaginales (et je ne suis pas sur place non plus pourtant).
10€ me faisaient déjà grincer des dents pour EV (peu d’auteurs qui m’intéressent vu que c’est généraliste), même 8€ (j’étais chômeuse), mais 12€ c’est juste basculer dans l’inacceptable. Alors qu’il y a des moyens, j’en suis sure, pour être plus raisonnable.
Voilà l’article que je recherchais sur le sujet ! J’avais envie d’aller aux Etonnants voyageurs, mais là, plus du tout. Etant bibliothécaire jeunesse, je suis sensible tout particulièrement au coût pour les familles. Je viens de vérifier le Salon du livre jeunesse de Montreuil, et il est gratuit pour les moins de 18 ans : http://www.salon-livre-presse-jeunesse.net/I_01_02_acc_tar.php. Ce n’est pas le cas partout ???? Cela devrait l’être.
Oui, les jeunes et les familles sont particulièrement touchés. Comment pousser les jeunes (et les autres) à s’intéresser à la culture si on ne leur permet pas d’y accéder ? On se demande un peu quel est l’objectif d’un tel festival… Amuser ceux qui ont les moyens ? Marrant mais je ne vois pas les libraires, les auteurs ou les visiteurs avoir la même vision des choses.
Ce que tu ne précises pas en plus, c’est que généralement, il n’y a pas que les frais pour accéder aux festivals ou aux salons. Y’a surtout tous les frais annexes, notamment au niveau du transport voire de l’hébergement.
Du coup, quand tu décides de faire le voyage, de rester une ou deux nuits, et que tu dois ensuite raquer pour l’entrée du festival, bah ça revient très vite cher.
Enfin bref je suis totalement d’accord avec toi. Je suis allée au salon du livre grâce à mon statut d’étudiant qui me permettait d’avoir une entrée gratuit, mais dès que ce ne sera plus possible, je n’y remettrai plus les pieds.
Quand on voit les Imaginales de toute façon, qui restent gratuites pour les visiteurs, tu te dis qu’il y a forcément des moyens de le faire, même si cela comporte une tonne de bénévoles.
Ce qui coûte ce sont les infrastructures, la logistique, les auteurs… pas vraiment les gens qui y bossent (ils sont en général peu nombreux ou pas du tout à être rémunérés, sauf intervention d’organismes extérieurs pour l’orga). Il faut avoir de bons partenariats. Mais si c’est possible d’avoir moins cher ailleurs (ou même sur les mêmes locaux !), pourquoi pas ici ?
Et sinon, faire quelque chose pour rendre au moins la librairie accessible, sinon ce festival n’a plus aucun sens !
Je vais faire entendre une voix légèrement discordante (légèrement, car moi non plus, je n’aime pas payer une entrée plus que ce qu’elle ne vaut)
Celle des petits exposants de ces manifestations : illustrateurs indépendants , romanciers, assoces.
Parce que vous faites l’éloge du salon fantastique à Paris mais… regardez le prix des stands. Ca fait très mal.
Donc voilà, ce qui est scandaleux, c’est qu’il n’ya aps que le visiteurs qui se fait pressurer…il ya aussi…et surtout, l’exposant.
Sans exposant, pas de salon. mais voilà, l’exposant a besoin de se faire connaitre pour espérer un jour exister, et dans le milieu de la fanatsie, ça veut dire, être présent sur les salons.
Autant une participation et un cheque de caution me semblent tout à fait jouable, autant, il faut le dire, le prix pour exposer est parfois à la limite du foutage de gueule.
Etre artiste, c’est être une petite structure fragile qui prend déjà beaucoup de risques. Il ya comme un gout d’injustice à devoir payer toujours pour que d’autres fassent du bénef sur le dos de notre travail.
Peut être que je me ferme des portes à dire celà tout haut. Mais factuellement, on ne peut pas hurler envers ce genre d’abus et ne pas aussi regarder comment sont traités les exposants.
A quand un label “festival équitable” ?
Attention, je n’ai nullement fait l’éloge du Salon Fantastique !
Je l’ai juste utilisé pour montrer que des efforts sur le prix d’entrée pouvaient être envisagés pour EV. Nuance. Je pense que ce salon risque de rester trop cher par rapport aux autres salons, et que son emplacement est un problème, en dehors de ça (les promeneurs des Champs ce n’est pas le public que j’irais capter pour un salon culturel perso, à moins de vouloir faire quelque chose de standing, je chercherais plus à toucher des familles, des gens “lambda”, à valoriser un espace qui en a besoin ou qui est plus agréable… mais chacun ses choix et ses stratégies ma foi).
Vous avez raison de rappeler comme le coût d’un stand en salon est une charge importante pour l’exposant (surtout dans des salons placés en plein centre de Paris, mais pas que), nous l’avons mentionné rapidement d’ailleurs dans le paragraphe sur EV.
Un festival c’est bien entendu un public mais ce sont aussi des exposants et animateurs et il faut bien que chacun puisse y trouver son compte. Surtout que si l’un ne le trouve plus, fatalement, l’autre non plus.
Complètement d’accord. Je rajouterais que pour ma part je reste de plus en plus suspicieuse quant à l’organisation “financière” d’étonnants voyageurs. Je rappelle que c’est une association, qui rien que par la Ville de saint Malo a obtenue 308 000 € de subvention (source conseil municipale du 30 mars 2012*), contre 192 000 € pour quai des bulles qui comme le rappelle Lelf et Herbefol se déroule exactement au même endroit, de plus qui a je pense autant de notoriété.
Quand je vois le nombre de partenaire qu’à étonnants voyageurs (**), je me dis mais fichtre, comment arrive t-il a nous faire payer ce prix !
Je ne connais pas le montant de la subvention de la région Bretagne ni des autres partenaires (la ventilation du budget du conseil régional reste assez opaque). Mais je me mets 2 secondes à la place d’un malouin qui payent ses impôts locaux et qui voient plus de 300 000 € de subvention pour étonnant voyageurs (alors même que la ville de saint Malo a une dette de 68 Millions) et qui se voit payer une place de 12 € pour étonnant voyageurs, je trouve cela indécent. Alors même que d’autre salon arrive à être beaucoup plus abordable, sous un même statut et avec sans doute moins de subventions.
* : http://www.ville-saint-malo.fr/fileadmin/saintmalo/MEDIA/Mairie/Conseil_municipal/crcm_300312.pdf => page 28 rubrique “manifestations subventionnées”
** : http://www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?rubrique465
http://www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?rubrique478
http://www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?rubrique475
http://www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?rubrique476
Merci pour ce point de vue financier de la question.
Que tout ça soit justifiable ou non, je pense qu’en tout cas nous serons d’accord pour dire qu’un festival clair qui communique sur ces aspects et qui implique les locaux – puisqu’après tout il s’agit en partie de leurs impôts, ça permet déjà de faire passer un peu mieux la pilule (sauf si on se retrouve devant des irrégularités/abus/mauvaises gestions évidemment).
J’ai demandé aux étonnants voyageurs d’avoir des éclaircissements sur leur gestion qui me parait très opaques. Ils ne m’ont jamais répondus. Je voulais des éclaircissements parce que finalement par le biais de la région et du département mes impôts les subventionnent et que par conséquent j’aimerais que des manifestations avec des subventions publique soit forcement accessible à tous.
D’ailleurs, une association qui reçoit plus de 153 000 € de subventions doit publier ces comptes.
http://association1901.fr/blog/reglementation/publication-des-comptes-des-associations-percevant-des-subventions-superieures-a-153000-e/
En gros, ils serait capable de justifier 12 € ok mais là rien. Et je ne comprends pas que la région, le département et la ville de saint Malo laisse faire. Surtout quand on lis les objectifs culturels du département d’ille et vilaine, on doit pas avoir la même notion de la culture pour tous. Et je rajouterais même que le but même d’une subvention publique, dans une manifestation de ce type, c’est bien de rendre accessible la culture ? Sinon à quoi sert cette subvention ?
Le moment est peut-être mal choisi, je vais me permettre de vous parler d’un salon des littératures fantastiques qui se déroulera pour la première fois le 13 octobre prochain en banlieue lilloise, les Halliennales.
L’entrée y sera gratuite (raccord, nous sommes. Ouf !). Au programme, conférences, table rondes, animations et une quarantaine d’auteurs et dessinateurs.
Si le coeur vous en dit d’en savoir plus : http://www.halliennales.com
Merci de votre attention et vive la culture à portée de tous !
Vous avez déjà de beaux noms de prévu, voilà qui s’annonce bien
Alors quand je suis allée sur le site du festival “Étonnants Voyageurs” pour prendre mes places d’entrée, je ne m’attendais pas du tout à ça ! Je pensais que pour les étudiants ça allait être comme au SDL de Paris; gratuit. Mais j’ai vite déchanté 8 euros ! plus 2 euros de frais de dossier ! et c’est là que je me suis posée la question: ” pourquoi des frais de dossier ? c’est pas un voyage qu’on est en train de réserver c’est juste une entrée?” et après je me suis dit que peut-être c’était pour les frais d’envois des places ( mais bon faut pas abuser maintenant il y a internet et des imprimantes qui existent, alors envoyer la place dans un mail aurait été beaucoup plus simple et moins couteux !) Donc voilà 10 euros le prix d’un livre que je n’achèterai pas au près d’exposants…
J’avais oublié cet aspect de comparaison : gratuit ou 8€ pour étudiant, ce n’est pas la même chose tout de suite. Et j’avoue qu’en tant que chômeuse la première année, 8€ m’avaient déjà prise à la gorge. Merci pour ton témoignage.
Très intéressant toutes ces réflexions.
Le prix d’entrée du salon pourrait être déductible sur l’achat de livre. J’entends déjà les libraires et éditeurs qui râlent en me lisant. Il suffirait de récupérer un coupon et de se faire rembourser par l’organisation. Cela ressemblerait un peu au chèque-livre. Les promeneurs payent et les acheteurs ont un avantage. C’est vrai que du côté des éditeurs cela coûte de plus en plus cher de faire ce festival à cause du tarif de l’emplacement, du prix du gas-oil et de l’hébergement. Les éditeurs de regroupent de plus en plus pour faire stand commun et avoir une économie d’échelle.
Oui pour les pro ça revient cher et si on continue comme ça ni les visiteurs ni les pro n’y trouveront leur compte, c’est quand même un comble.
Le coup du coupon est intéressant, mais d’un autre côté, ça fait toujours 12€ à payer (et donc on pénalise toujours les curieux, ceux qui viennent se renseigner et achèteront peut-être plus tard chez leurs libraires, ou ceux qui ont très peu de moyens et ne repartiraient qu’avec un livre de poche “souvenir”). Un prix plus bas et un coupon pourquoi pas oui. Un effort en tout cas
Article très intéressant. Pour l’instant (mais je suis jeune), je ne suis allée qu’au salon du livre de ma ville . Le tarif réduit est à 2€ et le plein à 4€ sachant que les 4€ sont déductibles d’un livre qu’on achète. Si par exemple, je veux prendre un poche à 7€, je donne mon ticket et au final, je ne paie que 3€ mon livre. Je trouve que c’est un très bon système. Et malgré que ce salon ne soit pas très grand (il n’est pas tout petit non plus notamment du côté BD avec la librairie Bulle), on arrive toujours à avoir des auteurs assez connu (ou non mais l’important, c’est la qualité du livre), ça fait plusieurs années que Pierre Bordage vient.
Ça me semble être plutôt pas mal. Pas trop cher pour le visiteur et un encouragement à l’achat qui doit faire plaisir aux libraires.
Venez au festival du livre jeunesse d’Annemasse, c’est gratuit et c’est un très joli festival simple, porté par des bibliothécaires dynamiques et motivées !!
Cette année , le thème est le suivant : Miroir, que lis tu ?
http://festivaldulivrejeunesseannemasse.blogspot.fr/
J’avais l’intention d’aller à Étonnants voyageurs mais le prix m’a tout de suite refroidi. Sans compter que je devais payer les transports pour y aller…
Et le coût des transports refroidit déjà assez ^^
(J’avais dû magouiller comme pas permis rien que pour venir de Nantes sans me ruiner, l’an dernier…)
Perso je suis prête à payer grand maximum 10euros pour une entrée …
12euros ça devient vraiment trop cher! C’est vraiment dommage pour les étudiants ou les demandeurs d’emplois qui ne peuvent pas se permettre de payer l’entrée + les livres !
Je te confirme, ça te fait bien réfléchir, même si pour eux c’est 8€. Je me retenais d’acheter alors qu’un festival gratuit ou moins cher je me lâche plus facilement (même si ça dépend des périodes aussi ^^).
je plussois ! a titre de comparatif, sur lyon on a eu :
- un festival SF (avec films et conférences), où tu ne payais que les films ! Génial d’ailleurs, j’ai hâte qu’ils refassent ça l’année prochaine. Voir Galaxy quest en VOST avec une ambiance de fans affichés, c’est le bonheur ! (http://www.aoa-prod.com/sci-fi-2012/programmation/tarifs-achat-pass-festival/)
- le geek show : c’était ce week end j’y suis pas allé finalement, diverses animations, jeux, stands etc, entre 7 et 9E la journée suivant le nombres d’heures d’ouvertures. (http://www.lyongeekshow.com/infos-pratiques)
Pas mal le prix différentiel en fonction du temps d’ouverture. J’ai aussi connu des festivals qui faisaient payer leurs soirées spéciales (concert, film…). De toute façon les places en salle sont limitées alors faire payer tout le monde serait plutôt moyen.
Et vu du point de vue de l’exposant le problème est encore différent: 300 (trois cent) euros un stand de 3 mètres aux Imaginales, c’est la porte qui se referme pour la plupart des micro-éditeurs qui essaient encore de faire du livre papier, là encore un tarif pros/assoc. serait bienvenu.
Oui, un tarif différentiel en fonction des moyens de la structure peut être une solution. L’autre est de mutualiser un stand. Moins de place chacun, mais toujours mieux que pas de place (et convivial). Sinon Les Imaginales ce n’est pas si grand en fait, j’imagine qu’ils remplissent facilement leurs stands.
Finalement, c’est assez métaphysique, comme truc. Les gens, d’un coup, deviennent lecteurs, à 18 ans. Parce que, ne pas favoriser la gratuité pour les moins de 18 ans, ce n’est pas forcément avoir un esprit mercantile, non, c’est plus grave encore, car impensé : derrière, il y a une vieille idée qui fait de la résistance = “les moins de 18 ans ne s’intéresse pas à la littérature / à notre salon, et nous ne nous intéressons pas à eux”. Impensé, et catastrophique pour l’avenir.
Pour moi le truc est simple… Toutes les villes rêvent de leur festival incontournable gage de reconnaissance internationale, de tourisme et de gros sous. Donc on a fait fleurir de beaux palais des expos un peu partout. Maintenant ça coûte cher, donc il faut les remplir. Comme les sujets pouvant déplacer les foules sont pas si nombreux que ça, il y a plein de manifestations en trop et faut faire le tri. Alors quand le prix de l’entrée pour le visiteur, ou le prix du stand pour l’exposant, ou encore la qualité des manifestations, ne sont pas ce qu’on attend, faut pas hésiter a boycotter et a le faire savoir.
Donc merci à Imaginelf pour ce post et avis a ceux qui sont visés.
Et ne soyez pas surpris, cette année je serais un étonnant NON-voyageur…
J’ai de la chance de n’avoir pour l’instant fait que des salons littéraires gratuits : le salon du livre de Saint-Etienne et le QDP de Lyon


En plus honnêtement je n’ai pas envie de payer avant de faire un salon littéraire … non vraiment pas je préfère utiliser mon argent à l’achat de livres
Je trouve en effet qu’appliquer un droit d’entrée est néfaste et ne donne pas envie
Tu as lancé un beau débat Lelf !
Bises et bon WE
Bonjour à toutes et tous,
Quelques précisions sur le pourquoi et le comment de la gratuité d’un (petit) festival comme les Futuriales.
Ce festival sera gratuit tant qu’il existera, le jour ou nous n’aurons plus les moyens qu’il le soit, il disparaitra. L’accès à la lecture et la littérature au plus grand nombre est l’un de ses principes fondateurs.
Je teins à insister sur le fait qu’un festival comme le notre existe d’une part par la volonté et l’énergie de quelques passionnés (libraire et bibliothécaire) par … l’argent public ( Etat (DRAC), région Ile de France, dpt CG93, et par le personnel et les infrastructures de la ville d’Aulnay.
100% service public. Les difficultés financières de l’Etat à tous les niveaux et son désengagement ne sont pas sans conséquences (cf LA CRISE): Nous travaillons à budget constamment réduit depuis trois ans. Faire mieux et plus avec moins de moyens !
Alors nos 800 entrées même hypothétiquement payantes ne pèsent vraiment pas lourd dans la balance au regard du coût important qu’une telle manifestation. L’enjeu est ailleurs pour nous … Le prix d’une réelle politique de lecture publique, de la culture pour tous.
Alors le libraire peut bien vendre ses livres (moins cette année) et l’Oréal soutenir les prix révélation si on peut continuer à mettre face à face auteurs et lecteurs gratuitement.