Salon du livre 2012

Ça y est, pour la première fois, j’étais au Salon du Livre. Sachant bien dès le départ que ce salon est quelque chose de gigantesque, très très grand public et donc pas forcément destiné aux habitués des salons qui recherchent une ambiance conviviale, j’y suis tout de même allée pour voir la machine par moi-même.

En arrivant, il faut passer la horde de vendeurs à la sauvette qui cherchent à vous refiler des places à tarif réduit. Impressionnant je dois dire. Mais pourquoi autant de revendeurs ? Simple : 10€ l’entrée.
Ok, payer l’équivalent d’un gros livre de poche/petit grand format pour pouvoir entrer s’en acheter d’autres… C’est bien trop cher. D’autre part les seules réductions cette année étaient pour les étudiants de -26ans. Chômeurs ou autres, passez votre chemin, la littérature, ce n’est pas pour vous. Pas étonnant que les revendeurs soient si nombreux. Bref… entrons.

 

L’intérieur du salon du livre est impressionnant. Le pavillon est immense et plein à craquer de stands de toutes les tailles, surmontés de pancartes et autres panneaux aux couleurs des éditeurs.

Tout est mélangé, même si certains pôles sont identifiables, notamment concernant tout ce qui se rapporte aux numériques (vendeurs de liseuses, librairies numériques…). Entre midi et deux le samedi, le salon est largement praticable, même si passé 14h certains endroits deviennent sportifs pour éviter les files qui se créent pour telle ou telle auteur populaire, comme Sophie Audouin-Mamikonian chez XO pour sa Tara Duncan ou dans un autre genre aux éditions du Rocher lors du passage de Nicolas Dupont-Aignan et son cortège d’admirateurs et de journalistes caméra à l’épaule.

Tous ces stands laissent l’impression que tout le monde littéraire s’est rassemblé dans une seule pièce. Des petits éditeurs d’imaginaire côtoient les géants de la littérature générale, les journaux jouxtent des stands de régions et entre deux librairies une salle propose des conférences ou des petites expositions (dédiées notamment à la bit-lit et à Doctor Who grâce à Bragelonne), sans oublier les éditeurs jeunesse. Cet aspect très varié est intéressant et plutôt agréable, mais c’est aussi l’occasion de ne plus savoir où donner de la tête.
Mieux vaut venir au salon en sachant quels auteurs vous souhaitez rencontrer plutôt que de tourner au petit bonheur la chance en espérant tomber sur quelqu’un qui vous intéresse ET qui sera disponible.
Le Japon était à l’honneur et l’espace consacré était plutôt joli. Un cosplay a même été organisé en face d’un Naruto géant.

 
 

Ma seule tentative de dédicace aura été avortée bien vite. Sur le stand Dargaud/Dupuis/Lombard, il faut acheter pour pouvoir faire dédicacer, ce qui est hors de question en ce qui me concerne. Il m’arrive d’acheter en salon, mais par impulsion, pas parce qu’on m’y force, là c’est la garantie de me voir tourner les talons (et achetant au fur et à mesure les BD qui m’intéressent, je n’ai rien à acheter en salon). De plus, des tickets sont distribués, une fois le matin, une fois à 12h30 et c’est tout. Inutile d’arriver à 15h pour la dédicace de 16h messieurs dames, c’est déjà trop tard. Système doublement inadmissible pour moi, qui suis repartie bien énervée et je n’aurai donc pas croisé Kris et Bruno Duhamel pour leur superbe série Les Brigades du temps. Tant pis, j’aurai bien une occasion plus conviviale qui se présentera. Ou pas. En plus un tel système favorise les gens organisés et donc les chasseurs de dédicaces. Bref…
La dédicace est un bonus après lecture, l’occasion de rencontrer les auteurs et de partager un ressenti. Si ça doit prendre des tournures pareilles, alors c’est sans moi. Tant que les auteurs me font rêver, j’aurai mon compte.

Lors de notre promenade, je découvre la collection Thriller de Rageot qui m’intrigue, et c’est là une des rares découvertes que je fais de la journée.
Au pôle numérique, je teste toutes les liseuses (sauf le Kindle, dont je ne veux pas). La Sony PRS T1 a trop de reflets sur la coque, la Bookeen est simple et intuitive et… tiens, le Kobo n’est pas en manipulation aussi libre que les autres liseuses. Je comprends quand je tente de m’en servir : il est nettement moins intuitif que les autres. Mais avec une démonstration, tout est compris, l’engin est quand même bien réfléchi. Je trouve qu’il lui manque un ou deux boutons (j’ai du mal à envisager d’avoir une liseuse entièrement tactile), sinon c’est une de mes préférées.

 

Rien ne m’accroche l’oeil en tournant, je n’ai pas prévu de rencontrer des blogueurs et je n’en croise pas spontanément. Au bout de 3h ma sciatique se réveille et je pars, non pas déçue, mais confirmée dans le fait que ce salon est une trop grosse machine pas vraiment faite pour moi. Je ne vois pas l’intérêt de venir acheter des livres dans un truc pareil et je n’ai pas beaucoup de rencontres à faire puisqu’en BD c’est trop difficile d’accès et qu’il y a peu d’imaginaire.

Bref, Le Salon du Livre ça vaut le coup d’être vu une fois, pour se prendre son côté imposant de plein fouet, pour la diversité des littératures représentées, mais aussi la diversité des nationalités, des personnalités. Au-delà de ça, organisez-vous si vous souhaitez faire des rencontres et demandez-vous si ça vaut vraiment le coup de payer 10€ pour ça quand votre libraire organise des dédicaces gratuitement et que des festivals plus ciblés sont moins gros, moins chers et largement plus conviviaux.

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