Le temps des disparitions (Susan Hubbard)

Le Temps des disparitions (Susan Hubbard)

La Société des S

1. Le Temps des disparitions

Auteur : Susan Hubbard
Couverture : Sereg
Editeur : L'Ecole des loisirs
Date de parution : 10/2011
Pages : 404
Prix : 16,80€

Tout commence par des abeilles. Des abeilles qui disparaissent un peu partout, y compris du jardin de la maison de Homosassa Springs, où Ariella vit désormais avec sa mère, son père s’étant temporairement exilé suite aux événements de la Société des S.

La Floride, le soleil, la plage, les lamantins, un décor paradisiaque en tous points. Sauf que dès qu’Ari met les pieds quelque part, tout semble dérailler. A peine a-t-elle le temps de rencontrer deux filles de son âge que l’une d’entre elles disparaît. Et qu’Ari finit immanquablement par être soupçonnée.

Déjà qu’elle doit supporter de voir sa famille toujours brisée, la voilà au centre de conflits qui la dépassent. Et ce n’est pas sa rentrée universitaire précoce, arrangée pour l’éloigner de tous ses ennuis, qui va lui simplifier la tâche. Qui suivre et qui croire, quand tout le monde sert ses propres intérêts ? Que veulent les différentes sectes de vampires, et que sont-elles prêtes à faire subir aux humains ? Impliquée malgré elle dans les plans de certaines sectes, Ari va commencer à comprendre ce qui se passe dans les coulisses. Pour y prendre part volontairement un jour ?

Immersion, réflexion, adaptation

On retrouve avec plaisir la narration calme et posée d’Ariella, qui n’hésite pas à analyser ses décisions et ses actes, y compris ses erreurs. Certes, Ari est toujours en avance sur son âge et n’hésite pas à expérimenter ses nouveaux pouvoirs. Mais elle reste une adolescente comme une autre, qui cherche à s ‘identifier et à s’intégrer aux jeunes filles normales de sa ville. Une enfant comme une autre, à qui son père manque terriblement et qui souhaite voir sa famille enfin réunie et heureuse. Une jeune fille qui ne fait pas toujours les bons choix, mais qui ne s’obstine pas non plus dans les mauvais. Et c’est d’ailleurs ce qui lui évite de tomber dans le stéréotype de la superhéroïne ou de l’écorchée vive.

L’univers d’Ari n’en finit pas de s’élargir, ce qui occasionne de nouvelles rencontres. Rencontres amicales, amoureuses, intenses ou décevantes, bénéfiques ou néfastes, mais toujours marquantes. Une nouvelle galerie de personnages hauts en couleurs, comme Autumn la chef de meute, Walker le prestidigateur insouciant, Bernadette l’excentrique, ou l’inquiétant homme au van beige. Certains anciens protagonistes ne sont pas en reste et croisent à nouveau la route d’Ari, avec des révélations parfois surprenantes.

Rouages et engrenages

L’intrigue générale dépasse désormais le simple cadre de la révélation de la coexistence des vampires et des humains. On se plonge plus avant dans les rouages de cette cohabitation, et dans les changements que certains veulent provoquer dans l’ordre préétabli. L’histoire acquiert notamment une dimension politique, qui se retrouve incarnée par Neil Cameron, charismatique sénateur de Géorgie, que l’on retrouvera sans doute dans la suite.

Ce deuxième tome ne baisse pas en qualité narrative ou littéraire. Le style est toujours aussi recherché et fluide. D’ailleurs, pour avoir brièvement comparé les deux versions, VO et VF, le travail de traduction est remarquable. On ne regrette pas d’avoir continué l’aventure et, comme pour le premier tome, le découpage est bien géré. La fin du second marque un point dans l’histoire qui donne envie d’en savoir plus sans laisser complètement le lecteur sur sa faim.