Et pour quelques gigahertz de plus (Ophélie Bruneau)

[livre image= »http://www.imaginelf.com/wp-content/uploads/2012/02/et-pour-quelques-gigahertz-de-plus-bruneau.jpg » titre= »Et pour quelques
gigahertz de plus » soustitre= » » anthologiste= » » auteur= »Ophélie Bruneau » couverture= »Laurent Guillet » editeur= »Ad Astra » dl= »2012″ pages= »216″ prix= »20€ » note= »8″/]

Le Lieutenant Shania Artemisia se remet à peine d’une opération que déjà le vaisseau où elle sert décolle pour un galaxie inexplorée. Sous les ordres du Commandant Jean-Philippe Serrano, le Lieutenant et le reste de l’équipage du Viking vont se trouver embarqués dans un sacré schmilblick, à l’aube d’un conflit planétaire. Pas question de se laisser abattre pour autant. Ce n’est pas après avoir fait tant de chemin dans sa boîte de conserve que le Commandant va faire demi-tour sans broncher, d’autant plus qu’il n’aime pas être pris pour un jambon et que ces autochtones n’ont pas l’air bien dégourdis.

Un livre drôle aux personnages hauts en couleurs

Et pour quelques gigahertz de plus est un grand délire, difficile de définir ce roman autrement. Tout est joyeusement barjot : intrigue, personnages et style confondus. Ophélie Bruneau met en scène des humains et des extraterrestres aux identités délicieusement décalées dont les rencontres et dialogues, intra ou inter espèces, provoquent quelque chose entre le fou rire et la consternation (version comique). Les personnalités des protagonistes sont bien marquées – blasé, complètement fada, séducteur, mou du genou, professionnel jusqu’au bout des ongles, le choix est vaste – et la confrontation entre ces caractères bien différents donne des scènes cocasses, parfois vraiment très drôles. Mais tout ce petit monde ne porte pas pour autant de bonnet de bouffon ; les héros sont attachants car loin d’être superficiels, ils montrent des peurs, des espoirs, des failles comme des forces, sublimant le côté loufoque de l’œuvre en apportant de la profondeur.

Un récit qui n’oublie pas d’être intelligent, grâce à une écriture travaillée

L’humour se détache surtout dans le style d’Ophélie Bruneau. Si effectivement le lecteur sourit et rit, c’est qu’elle fait preuve d’un style fin et d’un esprit affûté (au bazooka ou au scalpel, selon le besoin). Les descriptions sont vives, les dialogues fusent et les jeux de mots avec, jusque dans les titres de chapitres. L’auteure utilise en fait plusieurs facettes de l’humour, du jeu de mot vaguement pourri, à l’absurde, en passant par l’ironie, ce qui donne un ensemble très varié et digeste.
Et pour quelques gigahertz de plus se pare aussi d’une réelle intrigue. Ce n’est pas un livre-clown, une excuse pour placer un bon mot dès que possible. Les rebondissements sont nombreux et bien rythmés, les points de vue alternés de façon équilibrée, les enchaînements sont fluides et efficaces.

Les hommes, une planète lointaine, un nouveau peuple, un conflit sanglant sur le point d’éclater et une délicate mission de diplomatie à mettre en place, la sécurité de tout un vaisseau à prendre en compte, le Commandant ne s’amuse pas tous les jours. C’est une véritable histoire de premier contact qui est décrite, avec ses problématiques et ses solutions… plus ou moins orthodoxes et plus ou moins efficaces. La rencontre de ces deux peuples aux conceptions sociales peu semblables est certes drôle du fait du décalage entre eux, mais est aussi touchante à sa façon, mettant chacun devant ses propres limitations, permettant à l’un d’apprendre de l’autre (de bonnes comme de mauvaises idées).

Des références ici et là pour ajouter une touche de loufoque

Une autre facette de ce court roman est son côté geek, dans le sens sympathique et accessible du terme. Ophélie Bruneau glisse en effet plusieurs clins d’œil à la culture contemporaine, ce qui introduit un décalage amusant dans ce récit futuriste. Ces références peuvent aller de l’allusion au cinéma ou à la musique, en passant par les jeux vidéos et leur succès. Sans rentrer dans le détail, l’auteure évoque des courants, des tendances actuelles ou légèrement passées connues du grand public (osez me dire que vous ne connaissez pas les jeux vidéos… ce n’est pas plus compliqué). C’est habile et c’est rigolo, surtout quand elle réussit à détourner la perception actuelle de cette culture pour servir son récit.

Et pour quelques gigahertz de plus est une lecture des plus sympathique, rapide, le genre de récit de SF d’aventure qui met de bonne humeur. Simple et léger, ce roman publié par les éditions Ad Astra est un vrai régal. Peut-être ne serez-vous pas sensible à son humour… mais on en doute fortement. N’attendez pas pour le lire !

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