La naine Lilas, tenancière d’une auberge au pied de la ville Médiane, pressent un grand danger, tandis qu’une mission étrange est confiée à un Cerne, un chasseur. Aussi, quand le fils de Lilas, Saule, débarque avec une jeune fille sur le dos, c’est tout un engrenage qui se met en route, implacable. Jusqu’où Lilas devra-t-elle aller pour protéger son sang et qui est Brune, cette jeune fille mystérieuse qui amène le malheur dans son sillage ? La naine pourra-t-elle compter sur sa fée et le souffle qu’elle lui apporte pour triompher des épreuves à venir ?
Un pitch sympathique mais une lecture qui n’accroche pas
Annonçons tout de suite la couleur : cette lecture a été un total fiasco, plutôt rare chez moi. Pourtant, à l’origine, il y a de quoi passer un moment relativement sympathique. Un monde où le cœur organe a été remplacé par une fée, la possibilité de maîtriser le souffle, une sorte de magie, la cohabitation entre hommes, nains et elfes, une mère qui veut sauver son fils et un personnage énigmatique sur lequel reposent tous les enjeux. Mais en dehors d’une vague esthétique romantique/fantasy, je me suis trouvée devant un livre assez creux.
En effet, très peu de descriptions accompagnent le récit, rendant impossible la représentation mentale des lieux et gardant le lecteur dans le flou en ce qui concerne le souffle, les règles de ce monde transformé et occultant parfois jusqu’à la raison même d’être du livre. Impossible donc de s’immerger vraiment dedans.
Des personnages sans volume et illogiques qui ne suscitent pas d’attachement
Tous les individus me sont apparus incohérents et antipathiques (Lilas et Brune) ou bien trop soumis (tous les hommes, de vrais nounours ou complètement dépendants d’une femme ou d’un sentiment). Ils agissent d’une façon puis de l’autre de manière imprévisible et absurde (l’ado terrifiée et solitaire qui d’un coup s’impose comme si elle dominait le monde, celle qui sacrifie ses proches sans ciller dans une action qui ne sert au final à rien ou presque, des sentiments qui changent en un claquement de doigt voire plus rapidement…). Là où il devrait y avoir de l’émotion, je n’ai rien ressenti, il est impossible d’avoir la moindre empathie pour ces protagonistes qui n’agissent pas de manière logique. Pire, ils provoquent parfois le rejet et l’incompréhension. De plus, ils n’apparaissent que pour servir une action, quitte à n’apparaître qu’une fois dans tout le livre comme un cheveu sur la soupe ou seulement ponctuellement comme Cerne, pourtant central à l’histoire. Il en résulte des coquilles vides, que seuls quelques flashbacks viennent tardivement densifier sans que cela serve le cœur du récit ni ne permette de les apprécier.
Une intrigue à l’intérêt limité
Avec de tels personnages et un univers prometteur mais sous-employé, c’était déjà mal parti. Mais la structure même du texte ne m’a pas aidée. Le récit est linéaire, au sens propre. Les héros avancent en ligne droite et s’arrêtent pour papoter ensemble lorsque des explications sont nécessaires, ne donnant ainsi aucune dynamique. Et pas de surprises non plus ! Toutes les révélations s’anticipent aisément, sauf peut être un élément de fin qui apporte LA touche de cohérence de l’œuvre, mais qui nous est asséné comme un coup de marteau, sans subtilité. Les actions sont là… pour mettre de l’action, mais ne s’inscrivent pas vraiment dans un ensemble fluide (un pas, une action, un pas, une action).
A savoir dès le départ qui est Brune et à subir le flou permanent sur les personnages, l’univers et l’intrigue, l’objectif de l’aventure reste presque un mystère et arrivé à la fin il est difficile de retenir un « tout ça pour ça… » de dépit. Une fois la nature de l’adolescente révélée (aux protagonistes, pas au lecteur), un discours et tout est fini. Ah…
Une narration qui manque d’équilibre
La narration quant à elle décide soudainement de passer de la 3è personne du singulier à la 1è, ce qui est assez déconcertant. Les dialogues et interactions entre les héros ont la plupart du temps la profondeur de leurs auteurs, de façon plutôt logique. Assez froids, ils n’apportent ni émerveillement ni vraiment de sentiments. Mieux vaut pour cela se reposer sur les souvenirs et les pensées, qui sont souvent teintés d’un romantisme assez naïf, qui pourrait passer pour poétique chez des lecteurs mieux disposés, mais qui n’apportent pas grand chose à l’intrigue. Ne parlons pas des quelques scènes érotiques/sexuelles qui n’ont pas de raison d’être dans l’histoire et du coup se démarquent de façon inutile.
Bref, vous l’aurez compris, je trouve peu de positif à soulever pour Chronique du soupir, un livre qui m’a fait beaucoup… soupirer. Simpliste, sans surprise, à l’enjeu flou et aux personnages sans relief, la lecture s’est faite sans empathie et sans intérêt. Pire, j’ai souffert à sa lecture, la frustration ayant grandi au fil des pages malgré la petite taille de l’ouvrage. L’ambiance féerique, distillée ici ou là, ne suffit malheureusement pas à compenser le reste en ce qui me concerne, mais elle semble avoir conquis pas mal de lecteur. Tant mieux pour eux.
Une lecture commune avec : Phooka, Kamana, Chica Nessita, Charabistouilles, Archessia, Vozrozhdenyie, Elise, Hécléa et Mallou





Cela a le mérite d’être clair. Je pense que le changement de narration me perturberait aussi. Les comportements illogiques ont aussi tendance à m’agacer. Bref, je vais y réfléchir à deux fois avant de me le procurer.
Je suis contente de l’avoir fait en LC, je n’aurais surement pas été au bout sinon et surtout j’ai pu discuter en profondeur des personnages et du reste. Je suis un peu frustrée par cette chronique parce que j’aurais voulu donner des exemples, aller plus loin pour vous faire comprendre mon ressenti. Mais je ne tenais tout de même pas à gâcher la découverte pour ceux qui voudraient tenter l’aventure ^^
Et bien déjà que le résumé ne me tentait pas spécialement (contrairement à la couverture que je trouve très jolie), je passerai mon tour !
Merci pour ce bel avis très détaillé
Merci à toi. ^^
L’histoire n’avait rien de particulièrement accrocheur aussi pour moi, mais je m’étais dit que l’univers, l’ambiance et l’écriture pouvaient donner quelque chose de joli et sympathique, puisque c’est avant tout la manière dont un auteur raconte une histoire qui donne son charme au livre. Euh ben… oups. ^^’
J’espère qu’on se fera une LC que tu apprécieras plus lelf. En tout cs ce fut un plaisir de t’avoir avec nous!
J’ai été très contente de vous rejoindre. Je n’aurais sans doute jamais pris le temps de le lire ou je n’aurais pas été au bout sans vous et ça a été une chouette aventure même si une lecture décevante. J’espère aussi qu’on remettra ça ^^
Oui on sent que tu es frustrée, autant que dans les commentaires pendant la LC, mais tu as réussi à écrire une bonne chronique, bien détaillée, avec ton ressenti.
)
J’aime beaucoup comment elle est structurée et je te rejoins sur quelques points, notamment sur le manque d’empathie pour les persos.
Par contre moi, j’aimais bien un peu de focalisation interne en ‘je’ disséminée dans le texte en focalisation zéro… Ca aurait pu permettre d’aller au plus près des persos, mais bon, on sait que ça n’a pas si bien marché (mais je dis quand même, bien essayé
Le ‘tout ça pour ça’, j’avoue que je l’ai pensé aussi, surtout quand le début est si prometteur…
Je suis désolée que ça n’ait pas réussi à t’embarquer jusqu’au bout, sincèrement, c’est dommage.
Le “je” pouvais être intéressant mais on ne mélange pas n’importe comment les narrations, ça déséquilibre le récit, il faut choisir dès le début et s’y tenir. Mais je ne trouve pas que le “je” collait avec le style de toute façon (c’est un peu comme si tous les persos pensaient de façon poétique, c’est étrange) ^^
La fin explique beaucoup, et tu as bien fait de dire qu’elle est assenée comme ça. En fait, tout est comme ça. L’auteur lâche ses idées, ou des brides d’idées et à nous d’imbriquer le tout ! Nous n’avons pas les mêmes affinités sur certains persos c’est marrant par contre on se rejoins sur les hommes du livre… :p
Espérons qu’on se retrouvera sur un livre plus intéressant
La façon dont réagit Lilas à la fin m’a particulièrement fait O_o La rapidité c’est bien, la crédibilité c’est mieux ^^
Je serais ravie de partager une lecture plus enthousiasmante avec toi un de ces quatre
J’ai eu de la chance, j’ai très bien visualisé l’univers et n’ai pas ressenti ce flou artistique que beaucoup de lecteurs ont eu ; je trouve aussi que l’univers n’est encore pas assez développé. Par contre, je plussoie ton avis sur les personnages : ils m’ont également laissés froide.
On sent que Gaborit a une idée assez précise de ce que doit être son univers, ce qui est plutôt bon signe, mais il ne donne pas grand chose. ^^
Je ne suis pas une adepte des grandes descriptions, mais c’est quand même une grande part de ce qui donne vie à un récit et là il en manquait. J’ai l’habitude de mal visualiser, mais d’ordinaire j’arrive à créer un contexte dans ma tête ; là non, tellement je n’avais pas grand chose.
Ta chronique n’est pas une surprise mais je trouve que tu développes bien les choses.
J’ai été ravie de faire cette LC avec toi
Merci Heclea. C’était fun de se retrouver sur cette lecture. J’ai souffert mais je me suis aussi bien amusée grâce à vous
Je comprends que ta lecture ait pu te frustrer, c’est d’ailleurs ce qui m’est arrivé pour Chroniques des Féals, notamment avec le tome 3.
Par contre, j’ai aimé Chronique du soupir, et contrairement à toi, j’ai beaucoup apprécié Lilas qui fait tout pour la sauvegarde de ses enfants.
J’ai cru comprendre qu’il fallait que j’évite cette trilogie vu ce que je reproche à ce titre là
Le côté mère guerrière de Lilas est intéressant, mais pourquoi protège-t-elle autant sa famille de sang et pas ses plus vieux amis ou amant, qui lui servent à peine de serpillière au final ?
Pour moi les personnages manquaient trop de cohérence et de logique pour que même les côtés censément attachants de leur personnalité me touchent (en plus le style me laissait froide). A vrai dire, j’ai même eu envie de les étriper moi même un par un.