Toujours persuadée d’être soumise à une malédiction de sa mère qui transforme son corps, Eco commence sa longue quête de la princesse des nuages. De nombreux sacrifices et des épreuves douloureuses accompagnent la vie de la jeune fille, qui en est tantôt victime et tantôt la cause, tandis qu’elle continue de grandir, bien malgré elle.
Une aventure aux leçons bien dures
La plus si petite Eco quitte le plus si rassurant cocon familial à la recherche de celle qui pourra inverser la malédiction et lui rendre son corps d’enfant, l’actuel, disgracieux, la dégoûtant. Les changements sont très vite notables chez la jeune fille et se révèlent notamment grâce à une rencontre, celle de la Bête sans visage qui à la fois la fascine et la repousse. Son chemin est semé d’embûches à la limite de l’insurmontable et Eco devra faire des sacrifices importants pour continuer d’avancer. A la douce fillette se substitue une jeune femme capable d’autant de fragilité mais également de cruauté. Ses erreurs ont des répercussions importantes et consciente ou non il lui faut en assumer les responsabilités et parfois faire des choix redoutables. Ce second volume de la série gagne en profondeur autant qu’en noirceur. Eco s’engage sur un chemin qui semble interminable et nécessaire, mais ne peut atteindre son objectif sans subir et infliger toutes sortes de tortures. Où tout cela pourra-t-il bien la conduire au bout du compte ? Le lecteur se laisse entraîner à sa suite, hypnotisé.
Le dessin de Jérémie Almanza illustre à la perfection les évolutions qui accompagnent l’héroïne. Pages sur fond noir, ambiances sombres et très colorées à la fois jouant sur les volumes et les lumières, point de vue en contre-plongée imposants s’enchaînent et laissent bien peu d’instants de répit.
Une métaphore fouillée et réussie
La métaphore de l’adolescence et du passage à l’âge adulte, tout comme les transformations qui le caractérisent, est encore plus présente dans La Bête sans visage qu’elle ne l’était dans La Malédiction des Schaklebott, à mesure qu’Eco se rapproche de ce statut qu’elle redoute par dessus tout. Obligée de grandir, Eco ne se sent pas prête et refuse l’évidence, elle prend la fuite et se raccroche farouchement à l’enfance. Guillaume Bianco brosse de nombreux aspects de cette période de la vie, comme la découverte de son corps et le rejet de ses métamorphoses, le pouvoir que l’on peut avoir sur les autres et l’importance de leur regard sur soi, l’évolution des rapports à l’autre sexe… Les frontières entre bien et mal semblent plus floues quand s’incruste la nécessité de survivre, les sacrifices nécessaires pour continuer d’avancer.
Eco est un conte riche d’enseignements et aux images magnifiques, soutenu par le dessin toujours aussi splendide du dessinateur et la narration graphique recherchée, ainsi que les en-têtes de chapitres tirés de contes et comptines populaires illustrés par le scénariste.
Ce second opus de la série est la digne suite de son prédécesseur mais souffre d’être le milieu de la trilogie. En effet, au début du volume Eco a déjà entamé sa transformation alors qu’à la fin elle est encore en plein milieu de sa recherche. De quoi frustrer le lecteur, qui voudrait bien avoir enfin le tableau complet de cette aventure et savoir si la jeune femme va enfin accepter son sort plutôt que de le fuir et de souffrir des conséquences de ce voyage. Rendez-vous est pris pour le tome 3 !







C’est vrai que sa place du milieu rend ce tome un peu frustrant. Et les pauvres pauuuuuvres poupées de chiffon ! (même si c’est pour la bonne cause, ça m’rend toute triste)
Oui, j’ai bien aimé ce développement là même s’il est atroce ^^
J’ai déjà noté le tome 1 mais pas encore lu
C’est un format album mais c’est une histoire très sombre que je ne donnerai pas à lire à un enfant. J’aime bien ce décalage entre le format/conte et le ton