Yokoi et Onoda, deux détectives, sont appelés dans la ville de Soil Newton pour résoudre un mystère. Cette banlieue résidentielle à l’écart des villes a tout du paradis calme et reposant et pourtant. Une famille entière vient de disparaître, ne laissant derrière elle qu’un étrange résidu dans la chambre de l’enfant. L’enquête commence et la façade de perfection de Soil Newton commence à se fissurer tandis que l’affaire, elle, s’épaissit. Que se passe-t-il réellement dans cette petite ville et de quel étrange mystère est-elle victime ?
De multiples mystères qui font surgir bien des tensions
L’intrigue est lancée dès les premières pages, qui montrent des instantanés de la région au fil des âges, annonçant d’entrée que les lieux sont dominés par l’étrange et qu’il ressurgira donc un jour. Et le voici, de nos jours, qui se manifeste par la disparition brutale d’une famille. Mais tout ça n’est qu’un début, le lecteur le sent bien. L’ambiance autour de ces événements est teintée de fantastique et reste intrigante de bout en bout. Peu d’éléments viennent alimenter l’aspect mystérieux de l’enquête, en dehors de quelques détails et d’une rencontre inattendue et bien surprenante.
L’essentiel de ce premier tome trouve son intérêt dans la plongée en banlieue bourgeoise d’apparence parfaite, bien entretenue et fleuries, aux voisins souriants et serviables, aux enfants charmants. Que cache tant de perfection ? C’est ce que les inspecteurs cherchent à comprendre et ce que le lecteur découvre en s’immisçant dans le quotidien des protagonistes. Le malaise apparaît rapidement, tant de vertu, de générosité, de calme et de gentillesse ne semble pas possible humainement. De fait, après avoir navigué en eaux inconnues, le lecteur découvre des secrets, les habitants dévoilent des travers, des peurs et l’angoisse commence à monter. Jusqu’à ce que l’horreur derrière l’apparence se montre enfin.
Un duo étrange plus compétent qu’il n’y paraît
Les deux héros forment un drôle de couple, le vieux Capitaine un peu crado et pervers maltraite sa jeune collègue Lieutenant motivée mais timide. Derrière ces traits caricaturaux et cette relation très particulière, les deux compères dévoilent des ressources intéressantes, notamment Yokoi qui a beau être repoussant et relativement immonde avec sa partenaire, est loin d’être une andouille. Il est le premier à relever les incohérences dans la perfection de Soil Newton et à dénicher les premiers indices., grâce à son sens de l’observation et de la déduction très aiguisés. Ces deux là ont un bon potentiel pour la suite, même si leurs relations professionnelles étonnent au premier abord.
Une narration astucieuse, tant dans le scénario que le graphisme
L’auteur réussit bien a faire ressentir la perception des enquêteurs, en tant qu’étrangers de Soil Newton, tout en offrant la possibilité de voir l’envers du décor. La narration est ainsi habilement menée, certaines scènes étant lues une première fois selon la vision du lecteur qui suit Yokoi et Onoda, puis étant ensuite réécrites selon le point de vue d’un lecteur qui suit les habitants de la ville (sans pour autant avoir toutes les clés en main), entendant leurs messes basses, suivant un voisin avant ou après la rencontre avec les autorités, voyant ce que les locaux ne souhaitent pas montrer : leur peur, leurs problèmes, leurs soupçons, leurs vices.
Cette narration s’accompagne d’un dessin un peu spécial, mais à la personnalité duquel le lecteur s’habitue. Le dynamisme graphique est intéressant, Atsushi Kaneko sait jouer avec la bande dessinée, offrant notamment de nombreux plans très serrés, comme pour mieux faire entrer dans l’intimité d’un lieu ou d’une situation, sans pour autant offrir une vision assez large pour mesurer l’ampleur de ce qui se déroule.
Voici un début prometteur et intrigant pour la série Soil. La narration est excellente et même si le rythme est assez lent, l’intrigue est plus dense qu’elle n’y paraît. Tous les éléments qui se mettent en place donnent en tout cas envie de poursuivre l’aventure.
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Bon tu m’as convaincue, et même plus que convaincue, vais aller voir ca. Sais-tu combien de tomes sont prévus?
11 tomes, série finie. (Oui, moi aussi j’aurais préféré moins, toujours moins ^^)
J’ai lu ce tome un, et ce qui m’a marqué, c’est vraiment l’ambiance inquiétante de la ville… J’ai vraiment eu me sentiment d’être face à un mur dont le papier peint tombe en lambeau et ne demande qu’à être gratté pour exposer au grand jour les moisissures qui ont été cachées derrière la surface fleurie.
Pardonnez le lyrisme, je m’emballe.
Par contre, je trouve que le Capitaine n’est pas ” qu’un peu crado”, il est carrément dégeulasse… =s Il contribue, selon moi, à l’atmosphère ” poisseuse” de ce manga…
Je savais pas trop comment décrire le Capitaine xD
Et t’excuse pas, j’adore les métaphores et celle ci est parfaite =D
“Poisseux” est un bon mot pour ce titre, avec la chaleur et tout le reste ^^
Ow, thank you! ^^
Je sais pas si ça t’a fait le même coup, mais dès que je voyais de capitaine je faisais la grimace xD Surtout qu’avec ces graphismes hinabituels, j’ai un peu perdu tout mes points de repère à la lecture…
(Je réagis par rapport à ta réponse à Guu, mais 11 tome, ça me parait long, quand même!)
J’ai pas fait attention à si je faisais une grimace, mais il me dégoutte bien le vieux pervers xD
Oui, 11 tomes faut voir ce qu’ils en font, j’ai le tome 2 déjà je vais voir comment ça avance.
Je viens juste de terminer ce manga et une chose est sure, j’attends la suite avec impatience.
Cela me fait un peu penser niveau ambiance à la série “Twin Peaks”. Dans le genre communauté glauque Soil Newton rivalise bien avec la ville de Twin Peaks dans la série de Lynch. On retrouve également le même rythme lent pour la narration
Le dessin peut surprendre au premier abord pour un manga mais personnellement, je trouve qu’il colle parfaitement à l’histoire.
Et puis 11 tomes au final c’est très raisonnable pour un manga !
[...] lire : la chronique du tome 1 sur Imaginelf et la critique de du9 A voir : la présentation vidéo sur le site d’Ankama, l’éditeur [...]