Le Volcryn (George R.R. Martin)

[livre image= »http://www.imaginelf.com/wp-content/uploads/2010/07/volcryn.jpg » titre= »Le Volcryn » soustitre= » » anthologiste= » » auteur= »George R.R. Martin » couverture= » » editeur= »ActuSF » dl= »05/2010″ pages= »155″ prix= »9€ » note= »7″/]

Les Volcryns. Flotte insaisissable, extraterrestres mystérieux. Leur légende traverse les âges et aujourd’hui ils sont plus proches que jamais. Un équipage embarque à bord de l’Armagaddon, dirigé par le commandant Royd Eris, afin de tenter un premier contact. A bord, les tensions se multiplient rapidement et l’inquiétude grandit ; une menace semble peser sur le vaisseau tout entier.

Une proximité dérangeante pour les protagonistes, une ambiance oppressante pour le lecteur

Le voyage est long pour les occupants de l’Armageddon. Leur commandant ne leur fait jamais grâce de sa présence physique et dans cet espace limité la claustrophobie se développe. Le Volcryn est un huis clos spatial qui met à bout de nerfs les protagonistes. Chacun a son rôle précis à bord : technique, force physique, force psychique, médical, gestion et direction… Tous ont une personnalité un brin étrange et leurs travers se dévoilent et sont exacerbés dans cet espace réduit. La proximité crée des tensions, tout comme les mystères entretenus par leur hôte. Au fil des pages le lecteur apprend à plutôt bien connaître chacun des membres d’équipage, ses réactions, ses espoirs, ses peurs et surtout sa raison d’être à bord… Certains se révèlent attachants et les dialogues prennent à l’occasion une tournure amusante ou contribuent à dévoiler la profondeur des sentiments qui habitent ces hommes et femmes.
L’ambiance intimiste qui se développe au départ, chaque membre créant des liens privilégiés avec d’autres, devient étouffante, d’autant plus qu’une menace s’éveille peu à peu. La montée d’angoisse est bien menée par George RR Martin qui en une courte novella réussit à bien installer ses personnages avant de les faire évoluer sous l’emprise de la méfiance et de la paranoïa générale. Le lecteur est entraîné à leur suite, dans un suspense maintenu jusqu’au bout.

Deux aventures en une, entre immensité de l’espace et espace clos abritant une menace

Deux récits, se mêlent donc dans cette novella. Celui d’une quête, la potentielle rencontre avec les fascinants et énigmatiques Volcryns. Et celui de la vie dans le vaisseau, qui prend une tournure inattendue et désagréable pour les participants de la mission, voire inquiétante à partir d’un certain point.
George Martin conduit habilement ce space opera qui tourne au thriller, grâce à une écriture fluide tout d’abord, qui installe une tension palpable. La situation évolue de manière intelligente, offrant des scènes très intéressantes où l’aspect psychologique est déterminant. La méfiance ambiante devient contagieuse et la vérité est attendue avec impatience. Et lorsque celle ci se dévoile, le lecteur n’est pas déçu. Les Volcryns ont quant à eux un côté merveilleux dans les questions qu’ils suscitent et les quêtes qu’ils déclenchent chez quelques hommes. Mais ce côté fascinant s’accompagne lui aussi de sa part d’ombre, car qui peut prévoir comment se déroulera la rencontre et si la mort ou la déception n’est pas au bout du chemin. Entre danger immédiat et danger à venir, les interrogations sont nombreuses, l’attente difficile et le voyage bien long. Mais c’est ce voyage que le lecteur prend plaisir à faire aux côté de l’équipage, car si chacun trouve son destin et des réponses au bout du compte, les questions et les actes qui les y mènent sont tout le cœur de l’histoire.

Le Volcryn est un récit court mais dense et intense, la plume de George R.R. Martin est précise et prenante. Cette novella s’avère très sympathique ; à lire pour le merveilleux du space opera et la tension du thriller.