Archives

L’Esprit Perdu (de Bonneval, Bonhomme)

L'Esprit Perdu

Messire Guillaume, intégrale

Scénario : Gwen de Bonneval
Dessin : Matthieu Bonhomme
Editeur : Dupuis
Parution : 12/2010
Pages : 289
Prix : 21€

Guillaume a perdu son père il y a peu et voit son monde chamboulé. Sa mère se remarie avec un Seigneur peu aimable, contraignant sa famille à déménager. Sa sœur, persuadée que son géniteur n’est pas tout à fait disparu et qu’il tente de lui parler, s’enfuit sans laisser de trace. Le garçon se lance à sa poursuite, faisant en chemin des rencontres inattendues. Commence pour lui un voyage dans son monde médiéval et au delà, jusque dans des contrées fantastiques et inconnues, peuplées de créatures et d’homme étranges.

Un beau livre, qui convainc dès la première image

L’intégrale de la série Messire Guillaume, renommée pour l’occasion L’Esprit Perdu, est déjà un bel objet. Le demi format en hauteur permet d’apprécier au mieux le graphisme de Matthieu Bonhomme et du récit de Gwen de Bonneval et les pages défilent rapidement une fois la lecture entamée.
D’ailleurs, il est temps d’ouvrir un peu le livre pour mieux en parler. L’histoire s’ouvre sur quelques pages silencieuses, dans une obscurité que vient vite chasser l’aube et le lever du soleil. En trois doubles pages, le lecteur est conquis, happé dans cet univers qui s’annonce d’ores et déjà plein de secrets et de merveilles. Matthieu Bonhomme réussit à créer dans chaque dessin une ambiance palpable, qui entraîne dans l’aventure sans mal.

Un scénario rythmé et travaillé, soutenu par un graphisme sans failles

Après ce superbe démarrage, l’aventure commence très rapidement. Une soeur en fuite, une famille sur le point de quitter une région aimée mais de plus en plus dangereuse, un futur beau-père peu engageant, un père décédé mais qui pourrait bien appeler ses enfants à l’aide, amenant son jeune fils sur un chemin semé d’embûches. Alors que Guillaume au départ ne cherche qu’à rejoindre sa famille, des mystères de plus en plus étranges vont se dresser sur son chemin, d’abord très humains, jusqu’à le propulser au delà de son monde connu.
L’univers créé par les auteurs est impressionnant. Le voyage fantastique de Guillaume est servi par un dessin splendide, précis. Matthieu Bonhomme fait preuve d’un sens artistique efficace, offrant un trait expressif sur des visages, dense avec ses jeux d’ombres et vivant grâce aux cadrages et autres angles de vue. Le noir et blanc se suffit à lui même, le crayon créant à lui seul des sensations vivaces et dessinant des émotions variées ; néanmoins les friands de couleurs pourront se tourner vers la version en tomes séparés. Les deux compères ont fait preuve d’une belle créativité pour faire naître leur monde, le peuplant d’humanoïdes étranges, de personnalités décalées, d’animaux majestueux ou terrifiants.

Un univers extraordinaire et surprenant, malgré une petite faiblesse

Le récit en lui-même est prenant dès le départ. Les rebondissements sont nombreux, le rythme rapide et les auteurs savent aller toujours plus loin dans l’aventure, surprenant encore et encore. Le voyage est semé d’embûches, la quête de Guillaume s’avère à la fois extrêmement dangereuse et enrichissante. L’émerveillement de l’enfant devient celui du lecteur, le lien se crée facilement avec ce héros plein de fraîcheur et de courage, non dénué de peur, ainsi qu’avec ses compagnons, qu’ils soient plein d’humour ou bougons. La quête dans laquelle il s’engage sans hésitation capte l’attention et crée l’attente, un suspense qui se maintient longtemps. L’intrigue est bien construite, les éléments du puzzle se dévoilent au bon moment et s’emboîtent parfaitement.
Cependant, la dernière partie de cette intégrale perd de la vitesse et fait un peu retomber le superbe soufflé qui avait tenu jusque là. Si elle clos très honorablement le récit, elle ne possède pas la force ni la magie des pages précédentes et laisse le lecteur face à une trame plutôt simple et classique, et une frustration après un tel étalage de talent. Qu’à cela ne tienne, la lecture s’avère globalement très bonne et une petite déception n’efface pas la formidable aventure des débuts, d’autant que la narration graphique reste envoûtante jusqu’au bout.

Malgré un final un peu décevant, L’Esprit Perdu/Messire Guillaume est une bande dessinée d’aventure originale et captivante, qui offre à la fois le dépaysement d’un décor médiéval et celui encore plus décalé d’un tout autre monde entre rêve et réalité. Une œuvre d’une qualité indéniable, qui saura plaire aux petits comme aux grands.

Be Sociable, Share!

Related posts:

  1. Les Derniers jours d’un immortel (Vehlmann, de Bonneval)
  2. Talisman t.3 (Debois, Martin)
  3. Adamson t.1 (Veys, Puerta)

Reader Feedback

One Response to “L’Esprit Perdu (de Bonneval, Bonhomme)”

  1. Guu says:

    Dommage que la fin ne soit pas à la hauteur.. mais je jetterais un coup d’oeil dessus à l’occasion..

Leave a Reply

*