The Ladies of Grace Adieu and other stories (Susanna Clarke)

[livre image= »http://www.imaginelf.com/wp-content/uploads/2011/02/ladies-of-grace-adieu-clarke.jpg » titre= »The Ladies of Grace Adieu
and other stories » soustitre= » » anthologiste= » » auteur= »Susanna Clarke » couverture= »Petra Borner » editeur= »Bloomsbury » dl= »2006″ pages= »256″ prix= »7,50€ » note= »7″/]

La magie est juste de l’autre côté du miroir

Le directeur des études Sidhe de l’université d’Aberdeen, nous présente très sérieusement ce livre comme une anthologie de récits permettant de comprendre Faerie (le pays miroir de l’Angleterre, terre des légendes et de la magie) et par là le développement de la magie britannique. The Ladies of Grace Adieu est un exemple de magie au féminin ; tout comme On Lickerish Hill qui revisite le conte allemand « Rumpelstilchen », ou Mrs Mabb. The Duke of Wellington Misplaces His Horse se déroule dans le village de Wall (créé par Neil Gaiman dans son roman Stardust), où ledit duc paiera son arrogance d’un voyage en Faerie non sans conséquences. Dans Mr Simonelli or The Fairy Widower ainsi que dans Tom Brightwind or How the Fairy Bridge Was Built at Thoresby sont des exemples de relations entre des humains et des faeries, célèbres ou non. Antickes and Frets nous offre un aperçu original des dernières années d’une Marie Stuart prisonnière de sa cousine Elizabeth et d’humeur vengeresse. Enfin, John Uskglass and the Cumbrian Charcoal Burner est un conte mettant en scène un personnage fondamental dans ce folklore, the Raven King (John Uskglass), roi mythique d’Angleterre et de Faerie.

Une approche multiforme

Les caractéristiques de l’écriture de Susanna Clarke sont l’humour incisif, la satire sociale (à l’image de Jane Austen), la précision historique et la capacité à créer une atmosphère d’étrangeté. La narration est polymorphe. On Lickerish Hill est rédigé en ancien anglais à la première personne, Mr Simonelli est un journal intime, Tom Brightwind et John Uskglass sont des retranscriptions de récits, annotés ou non, par des personnages fictifs. Cette technique renforce l’impression de réalité de ces textes, qui font partie du folklore d’une Angleterre qui n’est pas la nôtre, mais que l’on reconnaît tout de même. Pour ne rien gâcher, chaque nouvelle bénéficie d’une page de titre et d’une illustration pleine page de Charles Vess, que certains connaîtront sans doute pour sa collaboration avec Neil Gaiman ou Jeff Smith.

Un style classique très bien exploité

Cet ouvrage est donc une construction cohérente et non une simple juxtaposition de textes. La dimension fantastique se fond uniformément dans la réalité du monde décrit. La qualité de la langue, notamment des dialogues, permet d’appréhender à la fois la psychologie des personnages, humains ou faeries, et l’époque à laquelle se déroulent ces histoires. Le classicisme du style et le fait que certaines choses soient laissées à l’intuition du lecteur peut cependant rendre ce livre moins accessible. Clin d’oeil pour les lecteurs du roman de Susanna Clarke Jonathan Strange and Mr Norrell, la nouvelle qui donne son titre au recueil met en scène Jonathan Strange.