Archives

Pluto t.1 (Naoki Urasawa, d’après Tezuka)

Pluto tome 1

Scénario : Naoki Urasawa,
Takashi Nagasaki
Dessin : Naoki Urasawa
Editeur : Kana
Parution : 02/2010
Pages : 204
Prix : 7.35€

Le très puissant et très aimé robot Mont-Blanc vient d’être détruit, plongeant ses amis et fans dans une profonde détresse. Comment une machine aussi sophistiquée a-t-elle pu se faire terrasser ? Et surtout quel monstre a pu en vouloir à un être si bon ? Homme ou robot ? L’enquêteur d’Europol Gesicht est mis sur l’affaire. Mais Mont-Blanc n’était que le début d’une série, les intelligences artificielles les plus développées de la planète sont toutes en danger. Et Gesicht fait partie de celles-ci.

De bonnes bases pour un thriller palpitant

Pluto commence fort par le “décès” d’une personnalité charismatique, appréciée du monde entier. Après le choc initial surviennent les premiers éléments étranges et le suspense se met rapidement en place. Le parallèle est fait entre le meurtre de Mont-Blanc et celui d’un humain. Seul un être mécanique aurait pu venir à bout du géant Mont-Blanc mais aucun robot n’est censé pouvoir blesser un humain et encore moins le tuer. Malgré toutes ses données et son expérience, Gesicht en reste perplexe.
Le décor est planté et le lecteur déjà embarqué. Les questions se pressent, les symboles sont forts, le passé semble vouloir jouer son rôle dans le présent. Gesicht présente tous les traits d’un bon inspecteur tel qu’on l’attend : un peu fatigué, un passé flou, déterminé et droit. A priori c’est une figure de loi assez classique, celle l’enquêteur solitaire qui va au bout de son travail, quitte à mettre sa vie privée de côté. Oui mais voilà, Gesicht est un robot. A quel point tout ceci relève de sa programmation ou de sa personnalité propre ? Voilà qui le rend encore plus intrigant qu’il ne l’est déjà.

Un contexte historique et géographique plaisant, un graphisme sans faille

L’Univers de Pluto est des plus intéressant. Basé sur celui d’Astro Boy, manga d’Osamu Tezuka, il montre une société où robots et humains partagent leur quotidien, travaillent, se marient et parfois même rêvent. Très proche du monde que nous connaissons, celui ci offre une science fiction discrète qui permet de se concentrer sur les intelligences artificielles et leur rapport à l’humain.
Le récit se déroule dans ce premier tome en Europe, mais une Europe “élargie”. Suisse, Allemagne, Belgique mais aussi Istanbul ou Ecosse, Gesicht est amené à voyager pour rassembler tous les éléments nécessaires à l’enquête et mettre en garde les autres cibles potentielles du mystérieux et terrifiant tueur. La fin de ce premier opus l’emmènera au delà des frontières européennes à la rencontre de l’un d’eux.

Le dessin est splendide. Le style d’Urasawa est parfaitement reconnaissable. Très expressif il arrivent à faire partager les sentiments des personnages, qu’ils soient moqueurs, inquiets, heureux ou torturés et qu’ils soient machines ou humains. Il contribue largement à renforcer l’empathie et à souligner beauté ou cruauté. Les scènes de ville, carrées, bitumées, laissent place à de superbes scènes campagnardes pleines de détails et de sensations. L’auteur sait parfaitement rendre la froideur du béton et la chaleur d’un rayon de soleil.

Un récit d’une grande humanité

L’une des grandes thématiques de Pluto, au delà du décor du thriller et de la science-fiction, est la question d’humanité. Comme mentionné auparavant, la question de l’humanité des robots, de leurs droits, de leur considération en tant que citoyens au même titre que les autres, est posée. Mais l’humanité de Pluto va bien au delà. Le manga vibre d’une profonde sensibilité et d’un grand respect pour la vie, qu’elle soit mécanique ou biologique. Chaque robot croisé dévoile un morceau de vie privée : un lourd passé à oublier, des envies de famille nombreuse, un dévouement envers la communauté… Ils se révèlent aussi complexes que n’importe quel homme (ou femme), exposant douleurs, espoirs, peur ou courage, amour aussi. Les relations avec leurs homologues de chair sont aussi touchantes, nécessitant parfois une longue découverte mutuelle mais pouvant déboucher sur une amitié ou tout du moins un sentiment de proximité et de compréhension mutuelle. Et tout cela est très joliment mis en scène par Naoki Urasawa. Au thriller froid, implacable, meurtrier se superpose la puissance des sentiments et des liens très humains.

Ce premier volume de Pluto est déjà plus que convaincant. L’univers est fouillé, les personnages denses et attachants, le suspense maîtrisé. Il ne reste plus qu’à se jeter sur la suite.

Partager cet article

Reader Feedback

5 Responses to “Pluto t.1 (Naoki Urasawa, d’après Tezuka)”

  1. Francis says:

    J’avais pris les deux premiers tomes en partant de France, et je ne les ai lus que la semaine dernière.
    Et c’est vraiment très bon. Urasawa est un grand (bon, on le savait déjà, mais même).
    Maintenant, j’attends de recevoir les deux suivants (ramenés dans trois semaines par un collègue, raah).

    • Lelf says:

      Je me souviens que la BD était encore un mystère pour moi et que tu causais 20th Century Boys. J’ai commencé à les offrir à Belga pour enfin les lire (cadeau intéressé ? Meuh non, fallait bien lui offrir ses premiers mangas à ce petit). Et Pluto c’est du bon.

  2. Miss Spooky says:

    J’avais déjà vu ce manga en librairie je crois mais jamais eu l’occasion de le feuilleter. J’ai vu que le tome 8 est à paraître… est-ce que la série est terminée au Japon ? Tu comptes la lire en entier ?

    • Lelf says:

      C’est terminé en 8 et bien sûr que je vais tout lire, quelle idée de commencer une bonne série sans envisager de la finir. ^^
      (Par contre je ne garantis pas de tout chroniquer)

  3. Grnx says:

    J’ai le tome 6 qui m’attend au chaud…
    C’est vraiment ultra-prenant et tout ce que tu dis, très bien d’ailleurs, est vrai pour la suite. Chaque tome est excellent.
    Un must !

Leave a Reply

*