A comme Association t.1 (Erik L’Homme)

A comme Association t.1 (Erik L'Homme)

A comme Association

1. La Pâle lumière des ténèbres

Auteur : Erik L'Homme
Editeur : Gallimard Jeunesse/Rageot
Date de parution : 10/210
Pages : 154
Prix : 9,90€

Jasper, 15 ans, lycéen, agent secret… stagiaire, pour vous servir. Actuellement en mission pour une rencontre tranquille avec un vampire du coin, qui finalement tourne au désastre (maîtrisé). Ça sent le début des ennuis. Et des gros. Mais quand on est un magicien doué doublé d’un ado, on s’en sort toujours. Non ?

Un héros attachant à l’humour… foudroyant

Soyez les bienvenus à l’Association. Essuyez bien vos pieds, faites vous discret, n’oubliez pas d’aller faire votre rapport ou ça risque de barder pour votre postérieur. Ici on essaye de faire en sorte que les Anormaux (créatures diverses et variées) restent discrets. Et c’est loin d’être toujours gagné. Heureusement, il y a Jasper, super stagiaire, super magicien, super lycéen… non, peut être pas le dernier point, mais forcément pour sauver le monde il faut savoir faire quelques sacrifices.
Le jeune héros est un personnage super doué en magie et prêt à défier les dangers (dans la limite du raisonnable), faisant preuve d’un humour terrible (dans tous les sens du terme). Jasper fait beaucoup rire avec ses jeux de mots bien naze mais juste bien dosés pour ne pas être trop lourds, et se révèle très attachant dans sa façon de ne pas être très bien intégré à l’école, de ne pas savoir parler aux filles ; en étant tout simplement un adolescent un peu gauche et qui a encore beaucoup à découvrir et qui a besoin de temps pour s’affirmer. En tout cas il ne manque pas de personnalité, aussi courageux que téméraire, il s’implique autant que possible dans ses missions pour l’Association, quitte à tomber sur des ennuis bien plus gros que lui. Pour peu on pourrait croire qu’il les attire, et c’est peut être le cas.

Un décor fantastique haut en couleurs

L’univers de A comme Association est extrêmement « fun ». Outre le héros à la personnalité franchement décalée, le lecteur rencontre des créatures fantastique plus ou moins familières mais dans un contexte tout à fait original propre à la série ; mais aussi d’autres personnages tout aussi savoureux comme les camarades Agents de Jasper, co-stagiaires, collègues ou supérieurs hiérarchiques, qui ne manquent pas de répondant et de charisme. Quelques indices semés au fil de ce volume laissent entrevoir d’autres créatures, d’autres personnages et donc d’autres rencontres et aventures étranges. Déjà ce premier volume est riche en découvertes, certaines que le héros aurait sans doute bien aimé éviter mais qui font le plaisir du lecteur.
Nombreuses sont également les références à la littérature de l’imaginaire. Noms d’auteurs, clins d’oeils à certains romans, parsèment le livre et se retrouvent par exemple dans le nom des rues. Loin d’être obscures, ces références parleront à beaucoup de lecteurs et ajoutent à l’ambiance décalée. Par exemple, le système de magie créé pour Jasper est très intéressant et constitue un clin d’oeil à Tolkien.
A comme Association c’est un juste milieu trouvé entre danger et rire, entre secrets et humour. Et si Jasper résout une affaire ici, apparaissent déjà de nouveaux mystères. Au final le lecteur prend un réel plaisir à connaître ce monde secret et ses énigmes et n’a qu’une hâte : en voir encore plus et suivre à nouveau Jasper dans un futur épisode de son quotidien de stagiaire de l’Association.

Un auteur qui communique son amusement et offre un récit agité

La Pâle lumière des ténèbres est un divertissement réjouissant qui doit beaucoup à la plume d’Erik L’Homme. Le style est vif et léger, il plonge directement au cœur de l’aventure, aux côtés d’un Jasper qui prend vite corps et devient un joyeux compagnon de route. L’auteur a bien su rendre les traits d’un adolescent tout en donnant une force et un mystère au jeune homme, ce qui en fait un héros complexe, doué mais pas trop, auquel un lecteur d’un âge proche pourra s’identifier (et même les autres, sur l’un ou l’autre trait de caractère). Le récit est rythmé, les scènes s’enchaînent à cent à l’heure après un démarrage sur des chapeaux de roue. L’humour et l’action ne sont pas tout, et les auteurs ont su créer un univers crédible, familier et fantastique à la fois, bien visuel. Le lecteur se balade dans A comme Association comme dans la rue, le nez en l’air, les mais dans les poches, et se laisse balader avec confiance. Le plaisir qu’a dû engendrer la création de cet univers et l’écriture de ce livre est communicatif, le roman s’avale d’une traite et laisse le sourire aux lèvres après une bonne tranche de rigolade.

Facile et rapide à lire, des personnages attachants, beaucoup de fun, ce premier tome de A comme Association est un excellent divertissement qui ne peut que donner envie de lire le deuxième volume, écrit par Pierre Bottero : Les Limites obscures de la magie.