Utopiales 2010 (Collectif)

[livre image= »http://www.imaginelf.com/wp-content/uploads/2011/01/Utopiales2010.jpg » titre= »Utopiales 2010″ soustitre= » » anthologiste= » » auteur= »Collectif » couverture= »Philippe Druillet » editeur= »ActuSF » dl= »11/2010″ pages= »222″ prix= »12€ » note= »7″/]

« La frontière… Qu’elle soit dans l’espace ou en nous, elle est le lieu de tous les fantasmes et de toutes les aventures. Le lieu de tous les possibles. »

Fontières était la thématique des dernières Utopiales, festival international de science fiction de Nantes. Ce mot regroupe bien des concepts, qui ont inspiré huit auteurs de diverses nationalités, regroupés dans cette anthologie. Frontière de genres ? Frontières géographiques et politiques ? Frontières humaines ?

Une fois passée la couverture reprenant l’illustration de Philippe Druillet, la préface de Pierre Bordage soulève déjà le paradoxe de la frontière, qui s’avère espace de liberté pour les écrivains. Belle réflexion aussi sur les frontières entre les genres (mais quelles frontières ?), avant la présentation des textes, qui sans rien révéler donne certaines clés pour la lecture.

Huit nouvelles, autant de frontières et de mondes intéressants

Chacun des huit auteurs interprète cette thématique de manière bien différente. Vincent Gessler par exemple met en scène, dans Miroirs du ciel, deux peuples en conflits et un homme qui va pouvoir apprendre et comprendre les deux. Peter Watts, dans La Chose, nous emmène dans l’esprit d’un être intelligent à l’apparence et la conception de vie totalement différentes des nôtres, qui demande de voir à travers lui, de s’approprier des perceptions nouvelles presque incompatibles avec la nature humaine. Larry Niven, avec Reviens, Carol !, aborde les limitations de la science et de ses lois. Sans oublier encore Les Rivages extrêmes de la mer intérieure de Justine Niogret, qui plonge dans un sous sol dont la frontière avec l’extérieur a été presque oubliée. Bref, huit auteurs, huit approches, huit frontières (et même plus).
L’anthologie est extrêmement riche en contenu, les textes sont d’une longueur appréciable, suffisante pour développer un univers dense et une intrigue relativement profonde, à l’identité bien marquée à chaque fois.

Une anthologie 100% qualité

Si les nouvelles se distinguent par leur variété de thématiques, elles se rejoignent dans la qualité. Chaque auteur fait preuve d’une grande maîtrise de son sujet et d’un style impeccable, stylé, aux images bien précises et émotions perceptibles. Les ambiances sont toutes prenantes, comme la misère et le danger de La ville féminicide de Thomas Day. Mais plus que tout, ce sont les réflexions et sentiments humains qui sont mis à nus. Le héros du Chasseur de Jaguar de Lucius Shepard cherche son identité entre tradition et modernité. Celui de La fête de la comète, créé par Juan Miguel Aguilera, porte un fardeau à la fois personnel et pouvant se répercuter bien au delà de sa sphère privée et s’incrire dans les lignes mêmes de l’histoire. Le vieux cosmonaute et l’ouvrier du bâtiment rêvent de Mars dans le récit de Ian McDonald et sont touchants dans leurs espoirs, leur façon de percevoir le monde et les autres mondes possibles.

La lecture de tous ces textes est enrichissante. Certains demandent un peu plus d’attention que d’autres pour intégrer les conceptions et/ou l’univers développé(s) mais l’effort est largement récompensé. Grâce à ces huit auteurs, qui modèlent autant qu’ils abattent les frontières, le lecteur voyage très loin, au coeur de l’humanité, de l’histoire ou d’autres mondes, dans des futurs ou des passés. L’année 2010 est un bon cru pour l’anthologie du festival des Utopiales !