Archives

Talisman t.1 et 2 (Debois, Martin)

Talisman

1. Le Grimoire des souhaits

Scénario : François Debois
Dessin : Montse Martin
Couleurs : Javi Montes
Editeur : Glénat
Parution : 01/2009
Pages : 48
Prix : 13,50€

(Chronique d’abord parue sur BDGest)

La vie de la jeune Tara n’est pas des plus faciles, comme c’est souvent le cas pour une pré-adolescente. Mais avec un père écrivain qui s’enferme des semaines entières en période productive, il y a de quoi se faire moquer par ses camarades. Cependant, ce quotidien à peu près tranquille bascule lorsque le père tombe dans un coma inexpliqué. Joindre les deux bouts devient alors encore plus difficile pour la petite famille. Un jour, Tara trouve un étrange coffret appartenant à son géniteur dans le grenier. Ce dernier contient une étrange cape, du genre qui change une vie à jamais. Peut-être même qu’elle pourra conduire la jeune fille jusqu’à la solution pour réveiller l’être qui lui est le plus cher.

Enfant marginale, rejetée par l’adolescente la plus populaire, qui va vivre une aventure extraordinaire. Le synopsis peut sembler déjà-vu, mais cette base classique est très bien exploitée par François Debois. Le lecteur est happé dès les premières pages et suit avec délice la pétillante Tara au fil des jours. La personnalité de la jeune fille donne le sourire et ses petites tâches de rousseur ne sont certainement pas étrangères à son charme.

L’intrigue se met en place avec fluidité, les liens entre chaque personnage sont révélés de façon très bien intégrées au récit. Le filet de la trame est tissé avec adresse. La trouvaille magique de Tara pourrait paraître, hors contexte, un peu absurde, mais elle s’avère être en réalité un élément clé du récit. De très nombreuses questions sont posées dans ce premier tome captivant et tenant en haleine, créant l’envie d’en savoir toujours plus.

L’influence du travail chez Disney de la talentueuse Montse Martin est flagrant et donne son charme à son trait. Le graphisme est riche en expressivité et mouvements et certains angles de vue, intéressants, font deTalisman une œuvre complète malgré une apparence enfantine. Les couleurs, qui auraient pu être exagérées comme parfois dans les livres jeunesse, sont bien choisies et mettent admirablement en relief le dessin.

Premier tome d’une trilogie, Le grimoire des souhaits est une belle réussite, divertissant à souhait tant par l’histoire que par le visuel. Après Juanjo Guardino, l’école espagnole nous révèle un autre de ses talents en la personne de Monste Martin. Le suspense de fin promet une suite passionnante. Tara n’en est qu’au début de ses aventures, pour notre plus grand bonheur.

Talisman

2. Dans une sombre forêt

Scénario : François Debois
Dessin : Montse Martin
Couleurs : Javi Montes
Editeur : Glénat
Parution : 01/2010
Pages : 48
Prix : 13,50€

(Chronique d’abord parue sur BDGest)

Grâce à la cape magique, Tara a réussi à récupérer un calepin de son père que conservait jalousement Arnaud Delombes. Mais pour déchiffrer l’écriture codée, la fillette fait un nouveau vœu et se retrouve plongée des années en arrière, avec son ami Tom, à la recherche de l’histoire du carnet. Elle assiste à la rencontre de ses parents et à l’aventure extraordinaire qui déclencha les événements ayant conduit son géniteur jusqu’au coma. De son côté, Delormes, furieux, intime l’ordre à sa fille Mathilde de lui retrouver son précieux bien. Pour Tara et sa famille, le temps est plus que jamais compté.

Le premier opus de Talisman avait apporté son lot de mystères ; dans le second, des éléments de réponse commencent à percer. Le retour dans le passé permet à Tara, ainsi qu’au lecteur, de mieux connaître les personnages impliqués dans l’aventure ayant abouti au coma paternel. Deux parties bien distinctes sont identifiables. La première emmène sur les traces des parents de l’héroïne, alors adolescents. L’arrivée d’Edwin (futur père de Tara) provoque du remue-ménage dans le petit groupe d’amis, surtout lorsque celui-ci commence à montrer de l’intérêt pour Amélie. C’est une véritable tranche de vie qu’offrent les auteurs, explorant le passé de protagonistes qui, adultes, sont finalement assez peu connus. Cette séquence nostalgie prête à sourire et à s’attendrir devant ces émois juvéniles, surtout en ayant connaissance du futur.

Dans la seconde partie, les jeunes hommes, laissant Amélie, se retrouvent en excursion. Celle-ci dérape et les entraîne dans une équipée aussi fabuleuse que dangereuse. C’est un véritable conte de fées au bestiaire fantastique qui se dessine alors, amenant les héros à faire des choix terribles qui sont à l’origine des troubles du présent. Les réponses apportées ne sont que partielles, mais renforcent l’envie d’en connaître toujours plus et de savoir comment la petite Tara va bien pouvoir sauver sa famille. Cette construction en deux parties renforce l’aspect adulte de la série, sans pour autant renier son public jeunesse.

Le trait de Montse Martin sert toujours à merveille le récit de François Debois. Le dessin est clair et lumineux, tout en sachant révéler des ombres inquiétantes aux moments opportuns. Le graphisme dynamique, aidé par un cadrage et un découpage soignés, souligne le scénario dont le rythme accélère au fil des pages et dévoile des êtres étranges à l’apparence originale. Reste toujours ce côté mignon qui caractérise la dessinatrice et qui se révèle particulièrement dans les frimousses féminines, comme le petit froncement de nez d’Amélie ou les taches de rousseur de Tara.

Le tome se conclut en plein remue-ménage, sur une étrange rencontre qui rappelle que bien des énigmes restent encore en suspens. Avec ce volume à cent à l’heure, les auteurs confirment la grande qualité de cette série tout public, tout en y apportant une dimension dramatique supplémentaire. Le lecteur, conquis, n’aura qu’une hâte : connaître le fin mot de l’histoire dans le troisième et dernier volume.

Partager cet article

Reader Feedback

8 Responses to “Talisman t.1 et 2 (Debois, Martin)”

  1. Miss Spooky says:

    Je me souviens de quelqu’un qui aime les personnages à gros nez, et sans avoir vu l’intérieur j’ai l’impression qu’elle serait servie avec ceux-là (ce n’est pas une connaissance à toi d’ailleurs ??).
    Ta remarque sur l’influence de Disney m’intrigue… en quoi ça se remarque ?

    • Lelf says:

      J’vois pas le rapport avec les gros nez ? Y’a que deux personnages dans la trilogie qui ont un gros pif. (Et elle elle préfère les gros nez animaliers la mienne).
      Pour le Disney, c’est le côté graphisme clair et fin, très fluide, t’as pas de faute dans les cadrages et les mises en mouvement. C’est rigoureux et mignon. ^_^

      • Miss Spooky says:

        Bah quand même, ils ont des énormes nez les petits bonhommes des couvertures, non ?? Je fais peut-être une fixation dessus mais bon, entre le blondinet du 1 et pull rouge du 2, ils font la paire.
        Je comprends pour Disney, tu sens que les coups de fouet ont payé, c’est impec’ ^^

  2. MarionJB says:

    Oh je ne connaissais pas… Tiens je note ! Merci !

  3. jerome says:

    Une BD prix des jeunes lecteurs de l’Oise 2010. Plebiscitée par près de 700 élèves de CM2/6ème du département. Ils ont adoré !

  4. de ah a zed says:

    j’ai découvert ce livre pris un peu au hasard à la bibliothèque: très bonne pioche!
    excellent travail sur le scènar (découpage-dialogue) et bien sure le dessin: TOP PRO, beaucoup de chaleur dans les persos. Parfaite maitrise hormis une influence indéniable et un peu trop présente venu de l’animation… mais bon… on voit par ailleurs tellement de grosses mrd , que là je dis bravo!

Leave a Reply

*