Warbreaker (Brandon Sanderson)

Warbreaker (Brandon Sanderson)

Warbreaker

Auteur : Brandon Sanderson
Couverture : Daniel Dos Santos
Editeur : Tor Books
Date de parution : 2009
Pages : 652
Prix : 7,99$

Le royaume d’Idris est au bord de la guerre avec Hallandren, une guerre qui le mènerait à sa ruine. Le seul espoir du roi pour sauver son royaume ? Envoyer sa fille se marier au Dieu Roi qui règne sur Hallandren et T’Telir sa capitale. Ce même Dieu Roi qui vit dans une cité éblouissante de couleurs, en se nourrissant de l’âme de son peuple… Peut-être que ce sacrifice évitera la guerre, ou au moins fera gagner un peu de temps.

un écho au premier roman de l’auteur

Le premier roman publié de Brandon Sanderson fût Élantris, qui reste un livre très important aux yeux de l’auteur. Pendant et suite à l’écriture d’Élantris il a eu de nombreuses idées, s’est posé de nombreuses questions sur ses choix vis-à-vis du scénario. Avec Warbreaker, Sanderson a remis ses choix en question. Il s’agit donc ici d’une histoire partant d’un postulat semblable à Élantris, mais prenant ensuite une direction bien différente. Un mariage arrangé non pas à un allié, mais à un ennemi, ou encore des dieux un peu particuliers qui essaient vaguement de faire ce que le peuple attend d’eux.
Sanderson s’amuse ici à montrer comment vivent des dieux, comment ils acceptent leur sort, ce que leur apporte leur statut, mais pousse aussi la réflexion sur ce qui fait de ces dieux des dieux, et sur les doutes que peuvent avoir ceux-ci envers leur propre divinité, leur propre légitimité. Des dieux qui, au final, sont très humains…

un système de magie original

Un des nombreux atouts de l’auteur est sa grande créativité pour la magie. A chaque roman il crée un voire plusieurs systèmes de magie très différents et très originaux. Une créativité qui est une fois de plus intéressante. Un système de magie se nourrissant des couleurs, mais utilisant aussi le souffle de vie des Hommes.
Ce système de magie est exploitée d’une manière assez surprenante. Utiliser la magie pour réaliser une quelconque action n’est que secondaire. Ici la magie sert à d’autres choses, comme l’établissement d’une échelle sociale. La magie est un signe de pouvoir, de richesse, qui va ici remplacer un titre de noblesse. L’usage le plus fort qui est fait de la magie, n’est au final qu’un héritage du passé : une armée de morts-vivants contrôlée par le Dieu Roi.

des personnages humainement crédibles

Les personnages sont, comme d’habitude avec Brandon Sanderson, très attachant. L’auteur utilise ici certains clichés de la fantasy en les rendant très cohérents et très crédibles. Les personnages vont tous apprendre à vivre au cours de l’histoire, à trouver leur place dans ce monde. Un apprentissage qui se veut logique et naturel, bien que ce ne soit pas celui qu’on pourrait imaginer au premier abord.

un suspens soutenu par une écriture de qualité

Le récit est très fluide, l’auteur a définitivement corrigé les défauts qu’il avait à ses débuts, on ne subit plus l’alternance des chapitres entre les différents protagonistes. On n’est plus confronté au phénomène « on crée un problème en fin de chapitre, on le règle dans le suivant et on recommence » qui pouvait gêner dans Élantris. On notera peut-être juste une petite inégalité entre la première partie de découverte de l’univers, un peu longue par rapport à la seconde partie de résolution des conflits, mais cela reste un déséquilibre plutôt léger que le lecteur oubliera rapidement. De plus, Sanderson fait du retournement de situation un art. Il y arrive toujours d’une manière impressionnante.

Warbreaker est un excellent roman qui offre un monde surprenant où l’on se plonge avec plaisir. Un roman à recommander à tous, sans réserve !

note au lecteur : Warbreaker a été écrit sous licence Creative Commons et est disponible en version électronique anglaise gratuitement sur le site de l’auteur. À ce jour, ce roman n’a pas été traduit en français.

Je vous invite aussi à aller lire les avis enthousiastes de mes co-lecteurs par ici : Miss Spooky Muffin, Nathalie.