Le Projet Bleiberg (David S. Khara)

Le Projet Bleiberg (David S. Khara)

Le Projet Bleiberg

Auteur : David S. Khara
Couverture : Cyrielle Alaphilippe
Editeur : Critic
Date de parution : 10/2010
Pages : 261
Prix : 17, 30€ / 6,99€ ebook

Jeremy Novacek est un trader pour qui la fortune a été à la fois synonyme de bonheur et de grand malheur. Alors qu’il rumine dans l’alcool, il apprend le décès, dans des circonstances inexpliquées, d’un père qu’il connaissait mal. A ce moment là se déclenche pour lui une aventure qui le dépasse, impliquant l’intervention de la CIA et qui pourrait bien avoir un lien avec les recherches scientifiques des nazis pendant la seconde guerre mondiale.

Un thriller qui embarque sans effort

Le Projet Bleiberg, troisième roman des éditions Critic et deuxième seulement de l’auteur, est un thriller qui fonctionne parfaitement bien. La plongée dans l’intrigue est immédiate et s’ensuit un récit rythmé, dynamique dans lequel le lecteur est entraîné sans effort.
Cette course à la vérité est assez fascinante, surtout quand les faits historiques s’emboîtent avec le présent ; elle se révèle même un peu effrayante à l’occasion.

Le décor choisi est très sympathique, réaliste, départ de New York puis plongée en Europe. Les descriptions sont efficaces et donnent un cadre bien défini au récit. Le lecteur n’a pas de mal à se projeter à la suite des protagonistes.

Un récit et une narration double où tout s’imbrique

La narration alterne entre le présent, où le lecteur suit principalement Jeremy, avec des faits passés. De l’entre-deux guerre à la fin de la seconde guerre mondiale, sont mis avant des protagonistes plus ou moins (et tristement) célèbres tels que Hitler ou Himmler, mais également des gens ordinaires ayant subi ou contribué à la folie de l’époque.
Cette alternance d’époques contribue dynamisme du récit, le lecteur découvrant le contexte historique au fur et à mesure du voyage de Jeremy.

La narration est elle aussi double, alternant entre la première personne lorsque le récit se focalise sur le ressenti de Jeremy et la troisième personne le reste du temps, ce qui constitue un choix original de l’auteur, qui l’avait déjà employé dans son précédent roman (Les Vestiges de l’Aube).

Un style pertinent qui contribue à la qualité générale

Le style de David Khara est un atout indéniable du Projet Bleiberg. Grâce à des phrases courtes et à des enchaînements fluides, il offre un récit terriblement efficace. Ce dynamisme est renforcé par un humour aussi vif que sa plume, qui apparaît ponctuellement de façon bien placée et fait sourire à tous les coups. Et n’oublions pas la fluidité de l’écriture, qui allie une grande qualité de langue de manière générale à un côté vif, nerveux, plus « brut », notamment dans les dialogues qui sonnent très bien et sont adaptés à la personnalité de chaque protagoniste.
L’auteur s’est bien amélioré entre son premier opus, déjà de grande qualité, et ce roman qu’il maîtrise de bout en bout.

D’excellents héros à forte personnalité et présence

Impossible de parler du Projet Bleiberg sans parler de ses personnages, autre aspect très réussi en général par l’auteur. Le protagoniste central n’a rien d’un héros en apparence, loser, buveur, déprimé, il n’attend rien de la vie et de fait rien pour changer son état.
L’aventure dans laquelle il est plongé bien malgré lui au début, va lui permettre d’évoluer. Son état de départ et ses changements sont très bien abordés, de manière équilibrée, tout au long du récit. Jeremy est un homme qui aurait pu se révéler plus antipathique que sympathique mais qui sait dévoiler ses bons côtés quand il le faut, ce qui le rend au final touchant.

Les autres personnages, une petite recrue de la CIA débordante d’énergie et un agent aguerri du Mossad, partagent avec Jeremy une complexité intéressante, faisant preuve de force comme de faiblesse. En bref, David Khara propose une palette de personnages denses, d’une grande humanité, qui donnent leur âme au récit.

Le Projet Bleiberg est sans conteste un livre prenant, un excellent divertissement doublé d’un axe de réflexion non négligeable. Face à l’aventure endiablée se dresse un pan d’histoire dans toute sa noirceur, dérangeant, et dont les conséquences poursuivent l’humanité encore de nos jours. Une lecture très agréable en tout cas, à conseiller aux amateurs de bons thrillers comme aux autres.

2 réflexions au sujet de « Le Projet Bleiberg (David S. Khara) »

  1. Tiens, j’étais sceptique mais tu me tenterai presque. À te lire, j’ai l’impression d’un livre à la fois divertissant et facile à lire, mais avec un côté historique intéressant. Et j’aime bien apprendre un peu en m’amusant ( je sais, comme les enfants ;))

    • Je pense qu’avec le recul j’aurais plus de réserves sur ce premier tome, mais ça reste bien fun et effectivement les parties historiques sont très intéressantes. Pas méga détaillées non plus ceci dit, ça se focalise complètement sur un personnage. En tout cas c’est grâce à cette série que j’ai découvert Shiro Ishii (2e tome) et ses actions.

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