Garance (Gauthier, Labourot, Lerolle)

Garance (Séverine Gauthier, Thomas Labourot)

Garance

Scénariste : Séverine Gauthier
Dessinateur : Thomas Labourot
Coloriste : Christian Lerolle
Editeur : Delcourt (Jeunesse)
Date de parution : 09/2010
Pages : 32
Prix : 9,95€

Léopold, à peine arrivé au bord de mer, se précipite sur la plage où l’attend son amie Garance. Garance a un secret : son papa est un géant qui vit au large sur une île, et c’est grâce à lui qu’elle a le don de marcher sur l’eau.

Un conte sur l’enfance

Deux ans après Mon Arbre, les trois compère remettent le couvert avec une nouvelle histoire d’enfance. Insouciance en bord de mer, joies innocentes, jeux et rires, partage de secrets, tout réunit ces deux rejetons sous le ciel d’été. Mais cela peut-il durer éternellement ? Le lecteur est plongé dans cet âge où tout est vécu avec une grande force, où la magie ne se remet pas en question et où l’aventure domine. A nouveau, au delà de la simple bd d’aventure jeunesse, le trio propose un conte magnifique.

Une ambiance graphique forte

Le récit est tout en douceur, il s’attarde à développer une ambiance heureuse. Le graphisme de Thomas Labourot est une clé de cette narration, grâce à un très bon dynamisme, les scènes de mouvement étant souvent caractérisées par une séquence de trois cases dans lesquelles le dessinateur joue avec la profondeur du plan ou une palette d’émotions. Les mots sont souvent inutiles, notamment dans les scènes de bonheur insouciant, les images parlant d’elles-mêmes. Le graphisme des personnages possède un côté légèrement manga, dans le bon sens du terme : les sourires sont démesurément grands, les yeux sourient facilement et les visages sont ainsi d’autant plus expressifs.

Les couleurs de Christian Lerolle, pastel et lumineuses, ajoutent à la douceur du trait. Dessins et tons donnent vie aux petits héros et au décor, la chaleur du soleil et du sable se communicant aussi facilement que les sourires, même en ce début d’automne.

Un récit touchant

Garance est une belle BD, à l’ambiance réussie. C’est aussi un récit très touchant. Lorsqu’entre en jeu le papa ce Garance, l’histoire prend une autre tournure, les vacances cèdent devant l’aventure. Et qui dit aventure, dit aussi quelques frayeurs et parfois quelques dangers. Sans rien dévoiler, il reste à dire que Séverine Gauthier a très bien dosé son scénario, offrant quelques passages plus sombres, qui se traduisent dans des paroles ou dans un dessin, qui donnent une densité importante à l’oeuvre. C’est une histoire humaine à la complexité certaine qui se peint, avec cette dimension de conte qui lui donne deux lectures : une pure fantasy, une plus terre à terre. Le final est bouleversant dans cette optique, les larmes viennent facilement aux yeux.

En fermant Garance, on se dit « c’est Beau ». Comme l’enfance, comme un bonheur simple sur la plage, comme un rêve ou un souvenir. Grâce à sa grande force émotionnelle et ses dessins très agréables, ce conte – malheureusement bien trop court – est à conseiller à toute la famille.