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Dossier Fantasy : interview des éditions Critic

Critic c’est à l’origine une librairie Rennaise et deux compères : Eric Marcellin et Simon Pinel. Il y a un peu moins d’un an, ils ont concrétisé un vieux rêves en lançant leur premier roman en tant qu’éditeur ; il s’agissait du Sabre de Sang de Thomas Geha. Une deuxième publication a suivi : La Volonté du Dragon de Lionel Davoust (déjà nominé trois fois à des prix) qui sera rejointe ce mois-ci par le Projet Bleiberg de David S. Khara.

Cette double compétence et leur nouveauté sur le marché de l’édition fantasy rend leur intervention intéressante dans le cadre de ce dossier fantasy. Merci à eux pour leur participation.

1. Est-ce que ça représente un gros risque de se lancer dans l’édition aujourd’hui ? Vous avez vu/senti qu’il y avait une place pour vous sur le marché ? Qu’est-ce qui vous a “poussé” à devenir éditeur ?

L’envie de se lancer dans l’édition était déjà présente à l’ouverture de la librairie mais faute de temps et de moyens, il a fallu attendre neuf années pour voir le projet se concrétiser. Je venais de finir mes études. Eric, à l’approche des 10 ans d’existence de la boutique, voulait “marquer le coup”. Thomas (Geha) avait un manuscrit que je voulais publier. On s’est dit qu’on allait tenter l’expérience. Se lancer dans l’édition est forcément un risque mais au regard de nos expériences respectives, du passé de la librairie, c’était le moment ou jamais. Le plus dur, c’est de sauter. Après, on ne réfléchit plus…

S’il y a une place pour nous sur le marché ? Bonne question. J’entends çà et là que le marché est saturé. Avec mon expérience de libraire, quand je vois le nombre de parutions, j’aurais tendance à acquiescer. Mais, à écouter certains de mes clients, il y a trop peu de parutions. Ils sont obligés de relire de “vieux” livres en attendant les parutions mensuelles… Alors, franchement, je ne sais pas. Qui croire ? De mon point de vue, je pense qu’il y a encore de la place pour de petites structures. Pour les grosses, la situation est plus problématique. L’arrivée prochaine d’Eclipse et de Soleil sur le marché devraient nous donner quelques indications…

2. Pourquoi avoir lancé des oeuvres de fantasy (volonté, hasard…) ? Qu’est-ce qui vous a plu dans cette fantasy là ?

Volonté du dragon (ndlr : allusion au titre du roman de Lionel Davoust). Ah ah. Hum. Non, plus sérieusement, nous avons publier deux romans de fantasy parce qu’ils nous ont plu. Que ce soit Le Sabre de Sang ou La Volonté du Dragon, tous deux sont de formidables divertissements. Et c’est ce que l’on voulait, publier des romans divertissants. D’ailleurs, notre prochain roman n’aura rien à voir avec de la fantasy. A ce titre, on vous réserve une surprise pour la rentrée. Mais je n’en dis pas plus.

3. Comment ont été accueillis ces deux premiers romans par rapport à vos attentes ?

Plutôt bien, je dois l’avouer. L’un comme l’autre ont été réimprimés (en mai dernier). De plus, La Volonté du Dragon a été nominé à trois prix (Imaginales, Futuriales, Elbakin.net). Enfin les retours ont été très bons. En conclusion, on est content.

4. Quel public lit vos livres et comment vous ont-ils connu ?

Quel public ? Difficile de répondre. Des fans des auteurs, forcément. Mais aussi des personnes rencontrées sur des salons, des clients de la librairie, des novices comme des lecteurs confirmés, bref, tout un tas de gens.

5. Comment vous placez-vous sur le marché par rapport à vos concurrents, qu’apportez-vous de nouveau, de différent de ce qu’il y a déjà ?

De nouveau ? Nos romans. Nos coups de cœur. Dans ce marché ultra-concurrentiel, tout a déjà été fait ou presque. Mais rien n’interdit de publier de nouveaux titres, de nouveaux auteurs. Nous nous plaçons sur le même créneau que les éditions Rivière Blanche, à savoir publier des romans divertissants d’auteurs français (même si Rivière Blanche publie maintenant des auteurs étrangers). Et les ventes semblent prouver que les lecteurs nous suivent, c’est donc qu’il y avait de la place.

6. Qu’est-ce que ça représente pour vous d’éditer des français ?

Pour nous, défendre des auteurs français est l’une de nos deux exigences ; l’autre étant de publier des romans divertissants. Il existe bon nombre de manuscrits qui ne demandent qu’à être publiés. De fait, lorsque l’on s’engage à publier un auteur, on s’engage aussi à défendre son titre. A notre niveau bien entendu. Mais on essaie de défendre nos auteurs au maximum de nos capacités. A l’avenir, on aimerait bien éditer un premier roman. On va en tout cas travailler dans ce sens.

7. Que pensez-vous du marché de la fantasy et de son évolution ces dernières années ?

Pour les éditeurs, c’est l’enfer. C’est de plus en plus difficile de voir ses titres représentés sur les étalages des librairies. Pour les lecteurs (de fantasy j’entends), c’est le paradis. Que de bons titres ! A ne plus où savoir où donner de la tête. Il y en a pour tous les goûts : de la fantasy classique, de l’heroic fantasy, de la new weird, etc. Avec les succès littéraires et cinématographiques du Seigneur des Anneaux et de Harry Potter, l’ascension fulgurante de Bragelonne, le marché de la fantasy a explosé. Récemment, des romans comme Gagner la Guerre (Jean-Philippe Jaworski) et le Déchronologue (Stéphane Beauverger) ont montré que les auteurs français étaient capables de tenir la dragée haute aux écrivains anglo-saxons.

C’est bien pour les lecteurs de fantasy. Un peu moins pour les lecteurs de SF qui voient les romans de leur genre favori sortir au compte-goutte. Malgré notre double casquette (éditeur et libraire), on ne sait toujours pas trop quoi penser de l’état actuel du marché. On a une seule certitude : les prochaines années risquent d’être agitées.

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One Response to “Dossier Fantasy : interview des éditions Critic”

  1. El Jc says:

    Je plussoie la rude réalité des amoureux de SF en ce moment ;o) Bonne route a cette maison d’édition. Divertissement et auteurs Français : deux pré-requis qui devrait nous amener de très belles surprises.

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