Une porte sur l’été (Robert Heinlein)

[livre image= »http://www.imaginelf.com/wp-content/uploads/2010/06/une_porte_sur_ete.jpg » titre= »Une porte sur l’été » soustitre= » » anthologiste= » » auteur= »Robert Heinlein » couverture= » » editeur= »Le Livre de Poche » dl= »05/2010″ pages= »281″ prix= »6,95€ » note= »8″/]

Daniel B. Davis est ingénieur génial. Inventeur de robots ménagers intelligents, il a l’idée en 1970 d’un robot à tout faire qui révolutionnerait d’autant plus la vie des hommes et femmes de son époque. Il est toujours accompagné de Pétronius le Sage, le chat toujours à la recherche d’une porte sur l’été, même en plein hiver. Tout pourrait aller pour le mieux. Seulement, trahi par son meilleur ami et sa fiancée, il se résout à prendre le Grand Sommeil, pour se réveiller en l’an 2000.

Vieillot et charmant

Écrit dans les années 50, ce roman présente toutes les caractéristiques de la bonne vieille SF, à commencer par une vision kitchissime du futur. Dans les années 70 les robots qui font le ménage tous seuls sont monnaie courante et la cryogénisation relativement démocratisée, en l’an 2000 on a des fermetures éclairs électrostatiques… bref, de quoi provoquer le sourire. Les relations humaines sont également empruntes d’une touche old school, les dames donnant du « chéri » à tout va, les hommes faisant preuve d’une galanterie aux petites pointes de machisme. Ces aspects délicieusement décalés font d’Une porte sur l’été une lecture nostalgie de la vieille SF, qui a décidément un goût bien particulier.

Une pointe d’humour et de poésie

Les caractéristiques ne s’arrêtent pas à une vision complètement erronée d’un futur devenu passé pour le lecteur. L’humour est également omniprésent, jamais vraiment avoué, finement caché derrière une apparence de sérieux. Les dialogues entre Dan et Pete (le chat) sont de vraies pépites (et trop peu nombreuses à mon goût), certaines situations frisent discrètement l’absurde. Il flotte sur cette œuvre comme une vague de poésie, impression renforcée par le côté « hors du temps » de ce petit roman de SF. Une sorte de conte ou de romance, à la fois moderne et daté.

Une lecture rapide et prenante

Dan est un personnage très attachant, tout comme Pete. Ses ennemis sont quant à eux antipathiques à souhait, c’est un véritable plaisir que d’aimer les uns et détester les autres. L’aventure est dépaysante et entraîne sur un bon rythme dans les années 1970 et les années 2000 de ce monde qui n’aura jamais existé que dans l’imaginaire de l’auteur. L’intrigue, bien que très prévisible (n’étant pas douée au jeu des devinettes, j’en ai pourtant anticipé une bonne partie) est sympathique. Il est notamment intéressant de voir comment Heinlein gère les multiples voyages dans le temps et leurs conséquences, ainsi que de voir comment il réunit ceux qui sont destinés à l’être. L’ensemble ne manque pas d’intelligence et de malice, pour un roman de science-fiction accessible à tous les publics, autant pour les nostalgiques de la SF d’antan que pour le lecteur souhaitant aborder ce genre par une histoire à la fois légère et travaillée.

La lecture d’Une porte sur l’été est rapide et plaisante, idéale pour se changer les idées. Le style de Robert Heinlein est fluide et capte aisément l’attention, emmenant sans peine dans son univers (pas si) décalé. Il était inutile de passer à côté d’un instant aussi agréable, aussi je remercie grandement Livraddict et Le Livre de Poche pour cette lecture.