Daniel B. Davis est ingénieur génial. Inventeur de robots ménagers intelligents, il a l’idée en 1970 d’un robot à tout faire qui révolutionnerait d’autant plus la vie des hommes et femmes de son époque. Il est toujours accompagné de Pétronius le Sage, le chat toujours à la recherche d’une porte sur l’été, même en plein hiver. Tout pourrait aller pour le mieux. Seulement, trahi par son meilleur ami et sa fiancée, il se résout à prendre le Grand Sommeil, pour se réveiller en l’an 2000.
Vieillot et charmant
Écrit dans les années 50, ce roman présente toutes les caractéristiques de la bonne vieille SF, à commencer par une vision kitchissime du futur. Dans les années 70 les robots qui font le ménage tous seuls sont monnaie courante et la cryogénisation relativement démocratisée, en l’an 2000 on a des fermetures éclairs électrostatiques… bref, de quoi provoquer le sourire. Les relations humaines sont également empruntes d’une touche old school, les dames donnant du “chéri” à tout va, les hommes faisant preuve d’une galanterie aux petites pointes de machisme. Ces aspects délicieusement décalés font d’Une porte sur l’été une lecture nostalgie de la vieille SF, qui a décidément un goût bien particulier.
Une pointe d’humour et de poésie
Les caractéristiques ne s’arrêtent pas à une vision complètement erronée d’un futur devenu passé pour le lecteur. L’humour est également omniprésent, jamais vraiment avoué, finement caché derrière une apparence de sérieux. Les dialogues entre Dan et Pete (le chat) sont de vraies pépites (et trop peu nombreuses à mon goût), certaines situations frisent discrètement l’absurde. Il flotte sur cette œuvre comme une vague de poésie, impression renforcée par le côté “hors du temps” de ce petit roman de SF. Une sorte de conte ou de romance, à la fois moderne et daté.
Une lecture rapide et prenante
Dan est un personnage très attachant, tout comme Pete. Ses ennemis sont quant à eux antipathiques à souhait, c’est un véritable plaisir que d’aimer les uns et détester les autres. L’aventure est dépaysante et entraîne sur un bon rythme dans les années 1970 et les années 2000 de ce monde qui n’aura jamais existé que dans l’imaginaire de l’auteur. L’intrigue, bien que très prévisible (n’étant pas douée au jeu des devinettes, j’en ai pourtant anticipé une bonne partie) est sympathique. Il est notamment intéressant de voir comment Heinlein gère les multiples voyages dans le temps et leurs conséquences, ainsi que de voir comment il réunit ceux qui sont destinés à l’être. L’ensemble ne manque pas d’intelligence et de malice, pour un roman de science-fiction accessible à tous les publics, autant pour les nostalgiques de la SF d’antan que pour le lecteur souhaitant aborder ce genre par une histoire à la fois légère et travaillée.
La lecture d’Une porte sur l’été est rapide et plaisante, idéale pour se changer les idées. Le style de Robert Heinlein est fluide et capte aisément l’attention, emmenant sans peine dans son univers (pas si) décalé. Il était inutile de passer à côté d’un instant aussi agréable, aussi je remercie grandement Livraddict et Le Livre de Poche pour cette lecture.
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J’ai juste parcouru quelques lignes de ta critique car j’attaque Une porte sur l’hiver dans quelques instants ! Je reviens te lire dès que je l’ai fini.
Bonne soirée Lelf !
Merci. Bonne lecture ! ^^
Tout le monde a l’air d’avoir bien apprécié cette lecture !
On dirait. ^^
Mais il en manque encore pour crier victoire :p
“Hors du temps”, c’est tout à fait ça ! Je pense que tout le monde devrait un jour avoir l’occasion de lire ce livre, surtout ceux qui sont fâchés avec la SF, je suis sûre que ça les réconcilierait…
Et j’aurais aimé moi aussi qu’il y ait plus de discours avec Pete. Ce livre est vraiment trop court !
J’ai trouvé que ça faisait du bien aussi un livre court de temps en temps. A la rigueur, il fallait juste le rallonger avec des dialogues félins :p
Ca a l’air sympa ! J’aime bien ce genre de science-fiction ^^ Je vais peut-être me laisser tenter.
Vas-y, craque, craque (Lelf sans pitié) :p
J’ai adoré retrouver l’ambiance du roman à travers ton billet ! C’est toujours intéressant de voir comment on peut aborder différemment le même livre. N’étant pas franchement calée en SF (et surtout pas en SF des années 50′), mes réflexions autour de cette lecture partent dans une tout autre direction.
J’aime bien ce que tu as souligné dans ta chronique aussi, effectivement pas dans la même direction, mais tout aussi vrai ^^
à première vue, il pourrait me plaire
C’est bien possible ^^
J’ai lu ce livre grâce à Livr@ddict… je ne suis pas très portée sur la SF, habituellement, mais, justement je voulais mieux connaitre afin de ne pas rester sur une image sombre et réfractaire. Du coup, ce livre qui me semblait différent des dernier essai dans le domaine, tombait à point nommé.
Et, je suis conquise. Peut-être a cause de ce charme désuet, comme tu le décrit, de cette écriture des 50″… ce je en sais quoi qui donne à l’histoire une vrai âme. Bref, une découverte charmante, douce, et très enivrante.
Je suis convaincue, par contre que c’est ce côté “non SF” qui me plait… si tu vois ce que je veux dire.
Biz, nanet
Je vois tout à fait ce que tu veux dire. Et tu auras compris aussi à travers cette oeuvre ce que je voulais dire en parlant de la richesse de la SF. Crois-moi, il y a bien des textes aussi charmants que celui ci qui se baladent dans les librairies. Certes, ce n’est pas forcément facile de faire le tri. ^^
Je suis en tout cas ravie que cette expérience t’ait plu