Old man’s war (John Scalzi)

[livre image= »http://www.imaginelf.com/wp-content/uploads/2010/06/ols-mans-war.jpg » titre= »Old man’s war » soustitre= » » anthologiste= » » auteur= »John Scalzi » couverture= » » editeur= »Tor Books » dl= »2007″ pages= »314″ prix= »6,99$ » note= »10″/]

Le jour de son soixante-quinzième anniversaire, John Perry, comme bon nombre de ses congénères avant lui, s’engage dans l’armée. Pour joindre les Colonial Defense Forces, qui ont pour mission de défendre la colonisation terrienne dans l’univers, il lui faut tout laisser derrière lui et quitter la Terre de manière définitive. Ce qu’il fait sans remords après une ultime visite sur la tombe de sa femme. S’il réussit à survivre pendant deux ans, il pourra repartir de zéro sur une autre planète. C’est pour lui le début d’une nouvelle vie, faite de rencontres, d’amitiés et de pertes, mais surtout d’adaptation à un nouvel environnement, à la fois étrange et hostile.

Un space opera admirablement humain

Old man’s war est un Space Opera, sans aucun doute. Le héros quitte la Terre dans les premiers chapitres, pour se diriger aux confins de l’univers et affronter des espèces inconnues de lui jusqu’alors. Le but : l’extension des colonies humaines et leur préservation. Les retraités terriens, après quelques modifications et un léger entraînement, se retrouvent propulsés dans un conflit gigantesque, de mission en mission, de planète en planète.
Ce qui frappe dès le départ, c’est la profonde humanité qui se dégage du texte. John Perry est un homme sensible, qui a perdu sa femme de manière brutale, mais fait preuve d’une importante force intérieure. C’est aussi un homme intelligent, ouvert sur le monde, au parler percutant et subtil. Le petit vieux qui fait ses jeux de mots mine de rien, qui tente de dérider une jeune femme un peu froide par une petite blague qui tombe à plat. En bref, une personnalité crédible et attachante. Les personnes qu’il rencontre au fil de son aventure sont également de cette nature, chacun ayant son propre caractère, souvent bien trempé. John Scalzi dépeint des portraits criants de vérité, et sans qu’il s’en rende compte, les protagonistes sont devenus importants pour le lecteur, qui souffre, aime et vit avec eux.

Des défauts ? Mineurs !

Peut-être est-ce là une certaine faiblesse du roman : les héros sont presque trop parfaits. Intelligents, forts, drôles, philosophes, aux ressources presque inépuisables. Mais l’auteur compense largement ceci par leur condition humaine. Ils ne sont pas éternels et peuvent être blessés ou mourir. Un peu de bon sentiment à l’américaine en somme, qui donne une grande puissance à l’œuvre malgré tout.
Le second petit défaut vient de la fin. Moins forte que le début, elle clôture néanmoins bien ce premier opus, à la fois pour terminer l’intrigue et ouvrir sur les autres romans de la saga, laissant au lecteur le soin de choisir s’il souhaite continuer l’aventure ou non. Nul doute que la réponse sera oui. L’épilogue donne, sinon une force, une nostalgie et un espoir communicatifs, qui ne laissent aucune frustration quant à l’aventure émotionnelle vécue tout au long du livre.

Un style exceptionnel, humour et émotion

Old man’s war est un premier roman, ce qui souligne d’autant plus le talent de John Scalzi, qui entraîne dès le départ le lecteur dans l’univers fantastique qu’il a créé. Le récit est très bien construit, avec des phrases simples mais pleines d’esprit ; l’auteur n’en fait pas trop, ce qui est appréciable, et laisse l’histoire le porter. Les pointes dramatiques et humoristiques arrivent aux meilleurs moments, qu’elles soient attendues ou non, et font mouche, provoquant sourire – voire rire franc – ou larmes. Cette histoire humaine en devient poétique à chaque instant, fut-il noir et sans espoir. La grande lucidité des personnages sur leur condition donne toutes les informations nécessaire au lecteur sans l’abreuver de termes techniques, tout en y associant la dimension affective. John Perry n’est de toute façon pas du tout versé dans la physique, les éléments théoriques sont apportés par un personnage secondaire et leur compréhension n’est pas vitale. Certains passages et/ou dialogues sont de véritables pépites, prenant parfois à contre-pied les attentes du lecteur, pour son plus grand plaisir.

Old man’s war (publié en France chez L’Atalante sous le titre Le Vieil homme et la guerre) est de ces livres qui font honneur à la richesse de la science-fiction, mêlant la chronique humaine aux paysages interstellaires. Un énorme coup de coeur pour ce magnifique roman de Space Opera, surement un des plus gros de ma petite carrière de lectrice SF. Indispensable !

Voilà qui ouvre en beauté le Summer Star Wars ! Let’s begin !

25 réflexions au sujet de « Old man’s war (John Scalzi) »

  1. Deuze ! Il rejoins également la LAL. C’est le moins que je puisse faire après une chronique comme celle ci. A priori tu as enclenché les boosters…

  2. ta chronique donne très envie de lire ce livre qui à l’air vraiment bien voire génial
    Je tombe sous le charme et rajoute ce livre (en français, je ne me sens pas encore prête pour un SF en VO) à ma LaL

    • Je pense qu’il peut te plaire. Et je fais confiance aux traducteurs de L’Atalante pour avoir fait un bon boulot 😉

  3. Je me le note de suite aussi !
    Il est carrément dingue ce challenge. On va tous en ressortir avec une LAL de 3 km 🙂

  4. Ouah ta chronique ma fait découvrir un space opéra qui a direct atterri dans ma LAL. Je ne le connaissais pas et n’en avait même jamais entendu parlé, mais le sujet et tes explications me donnent vraiment envie de le lire.

    • Ravie de te faire découvrir ce petit bijou.
      Et encore, c’est difficile d’exprimer le pur plaisir que c’est de le lire dans une simple chronique. C’est vraiment drôle (pas dans le sens burlesque du tout) et émouvant. Génial quoi =D

  5. Cela donne plus envie que la nouvelle « La diplomatie en trois rounds » que je viens de chroniquer sur mon blog. Je vais peut-être réviser mon jugement hâtif basé sur 30 pages lues. Mais les défauts que tu présentes sont déjà là dans la nouvelle. Est-ce que le coté humain conte-balancera suffisamment pour me plaire? En tout cas, l’illu de couverture reste pas top…

    • Les défauts je ne les ai pas vus pendant la lecture, je les ai cherchés après, pour ne pas faire ma fan-girl. Ils ne m’ont donc pas gênée. Et c’est vraiment très humain, dans le sytle, l’humour et le drame. J’espère que ça te plaira si tu le lis 🙂

  6. Ping : John Scalzi : Le vieil homme et la guerre | Valunivers

  7. Ping : L’été des rencontres | Imaginelf

  8. Merci merci merci !

    Grâce à toi j’ai découvert ce superbe livre, et j’en suis franchement contente 🙂 Je l’ai terminé hier soir, et j’ai envie de me jeter dans la suite …

    J’adore John, et j’aime vraiment tout dans ce personnage, son caractère, son humour, ses réactions.

    Bref, c’est vraiment un superbe livre, donc merci de me l’avoir fait lire :p

  9. Donc voilà, je l’ai enfin lu. J’adore, comme toi, même si je continue à préférer « The Android’s Dream », qui a une intrigue beaucoup plus déjantée… Mais rien à redire sur « Old man’s war », il est tout simplement génial 🙂

Les commentaires sont fermés.