1653. Henri Villon, capitaine du Déchronologue, navire dont les canons sont capables de tirer du temps, est sur le point de mourir. Il décide de livrer son histoire depuis l’an 1641, où l’Histoire commença à basculer. Obsédé par les “maravillas“, ces objets fascinants et rares, il s’engage dans une course à leur recherche, sans réaliser que les forces qui se cachent derrière ces mystères sont extrêmement dangereuses et le dépassent de loin. Au fil des ans, sur la mer des Caraïbes, Villon fait de nombreuses rencontres, certaines dangereuses et venues d’autres âges, ayant un lien avec ces perturbations temporelles qui touchent les côtes et les océans de la région.
Un univers superbe, un héros attachant
L’univers historique dans lequel Stéphane Beauverger plonge ses lecteurs est tout simplement sublime. Les Caraïbes du XVIIè siècles sont colorées, exotiques, parcourues par les pirates et commerçants espagnols, anglais, français. Les descriptions sont détaillées et donnent de la consistance aux paysages et personnages. Le soleil est écrasant, le tafia saoule et la mer est impitoyable – au moins autant que les négociants en plein travail dans les comptoirs ou les chasseurs de pirates. Les geôles sont sordides, la maladie, la faim et les duels tuent aussi surement que les rudes batailles. Bref, c’est une plongée dans un monde fantastique qui est offerte ici.
Le Capitaine Villon est charismatique. Intuitif et intelligent, il est parallèlement un alcoolique invétéré mû par ses obsessions, parfois au mépris du danger. Mais il aime son navire et son équipage et souffre à chaque perte. C’est par ses yeux que les émotions transitent – amitié, douleur, doute, frayeur ou même romantisme à l’occasion –, réalistes et prenantes et qui rendent le récit vivant.
Une belle écriture qui supporte une structure étonnante
Le style de Stéphane Beauverger et agréable à lire, les dialogues ont ce ton rude des gens de mer et soulignent l’intelligence des protagonistes aussi bien que leur bêtise. L’action ne connaît aucun répit, et ne devient jamais monotone, entre complots politiques, combats maritimes, négoce à terre, découvertes des étranges maravillas et des perturbations temporelles, rencontres attendues et non, parfois extraordinaires et hors du temps connu. Pour corser la chose, les chapitres ne sont pas dans l’ordre chronologique, comme si le roman était lui aussi perturbé par les modifications temporelles, sautant d’une année à l’autre, y revenant ensuite, des morts réapparaissant après leur trépas. Les derniers chapitres permettent de mieux mesurer le premier qui annonçait la mort du héros, pour mieux prendre mesure des catastrophes qui se sont déroulées. Cette structure rend la lecture exigeante en concentration. Mieux vaut lire Le Déchronologue par gros morceaux pour ne pas perdre le fil.
Les fautes d’orthographe un peu grossières parfois pourront gêner les plus exigeants (mêmes si un livre est rarement exempt d’erreurs), mais le pardon est bien vite accordé au regard de ce monde captivant.
Une science-fiction discrète mais au cœur de la trame
Le côté science-fiction s’intègre subtilement, se dévoilant petit à petit au fil des pages (contrairement au récit non chronologique), s’articulant autour de ces mystérieuses maravillas, pour comprendre ce qu’elles sont, leur origine et les personnalités qui contrôlent leur approvisionnement. Plus cette connaissance avance et plus le monde semble tomber dans le chaos, cachant une morale cuisante et effrayante à la fois. Il est très intéressant de voir comment les pirates s’adaptent à l’apparition de ces choses qu’ils ne comprennent pas, alors que certaines sont familières au lecteur et que d’autres laissent aussi perplexes qu’eux. Cette intrigue est complexe mais bien menée, laissant dans le flou sans frustration, pour dévoiler le panorama final.
Après avoir passé un début un peu difficile d’accès, le lecteur plonge véritablement dans l’intrigue et prend un grand plaisir à cette excellente lecture. Le Déchronologue est un roman original et dépaysant, qui n’a pas volé les nombreux prix qu’il a obtenus. Un coup de cœur qui aura néanmoins beaucoup coûté à la lecture par sa destructuration de chapitres.
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Il est dans ma LAL en attendant d’être acheté un jour car il m’intéresse bien !
Comment se fait-il qu’on ne puisse plus lire un livre exempt de fautes ? C’est tout de même un comble !
Je crois que les bons correcteurs sont très chers et les éditeurs ont aussi de plus en plus de pressions pour sortir les livres au bon moment. Mais c’est sûr, ça n’excuse pas tout… (surtout : “les pirates était”, ça tient de la relecture plus que de la correction :/).
Heureusement que le bouquin est bon ^^
J’ai plusieurs principes : je prend le livre pour la couverture et pour l’histoire mais la sincèrement rien que la couverture me donne envie, sans lire la 4ème de couverture !
Waouw !!! En plus ton avis ne fait que réconforter mon choix, un nouveau wishlist sur livraddict !! ^^
Super !
J’ai eu du mal à visualiser ce que représentait la couverture la première fois que je l’ai vue, je n’avais pas remarqué le bateau (faut être bigleuse quand même) xD
Mais c’est vrai qu’elle est belle avec son bleu lumineux
J’attendrai qu’il sorte en poche, tant qu’à faire :p
C’est une idée ^^
Superbe ton article Lelf!!!
Le déchronologue n’est pas un roman facile , mais quand on se donne la peine, quelle récompense!!!
Le début est tellement perturbant qu’il faut insister pour enfin voir la lumière, mais ça vaut le coup!
(De fait j’avais tiqué moi aussi sur qqs fautes d’ortho un peu pénibles..)
Merci Phooka. ^^
Je pense que le côté un peu “compact” du texte n’aide pas non plus (tu t’en rends compte quand tu lis Sire Cédric derrière… tout plein d’aération) :p
Allez, c’est bon, t’as gagné, je le commande à mon prochain passage en France
J’avais peur de ne pas tout comprendre à ton article avec un livre aussi complexe mais en fait pas de souci, il me donne juste envie de le lire !
Et pour les fautes, je considère perso qu’on est tous humains, même les correcteurs, et qu’ils peuvent aussi ne pas tout voir… peut-être qu’une réédition corrigerait le problème, tout bêtement ?
Yes ! Toi aussi, commande le livre à ne pas prononcer bourré. xD
En fait c’est complexe mais tout est bien pensé et à la fin on a un bon regard sur l’ensemble. C’est l’essentiel.
Quant aux fautes, je suis d’accord, c’est pour ça que je ne les mentionne jamais. Sauf que la en 100 pages j’ai dû avoir trois fautes d’accord grossières, plus deux répétitions et des mots inversés. C’était trop. Effectivement, j’espère qu’ils vont profiter d’une réédition pour changer ça.
Et heureusement, ça n’enlève rien à la qualité du livre ^^
Très bel article. L’un de mes rares coup de coeur de l’année dernière. Une lecture qui demande effectivement une certaine attention mais qui paye de retour au centuple. L’auteur avec qui j’ai pu échanger quelques peux aux rencontres de sèvres en fin d’année dernière est de plus charmant et très disponible.
Merci El Jc.
C’est effectivement à la fin, quand toutes les pièces du tableau sont à leur place, qu’on se rend mieux compte du superbe résultat. Le parcours reste lui un peu difficile.
J’aimerais bien avoir l’occasion d’échanger avec l’auteur aussi, il doit avoir des choses intéressantes à dire, notamment concernant sa documentation. ^^
Ce livre m’avait attirée!
J’aurais peur de me perdre dans la lecture. Mais il reste assez séduisant!
Je pense qu’en s’accrochant jusqu’au bout, on arrive toujours à percevoir l’ensemble du tableau de manière assez précise. Mais c’est sûr qu’il vaut mieux être averti de l’exigence de la lecture. ^^
J’avais déjà noté ce livre car en effet, il a l’air vraiment passionnant!
J’espère que tu trouveras l’occasion de le lire ^^
“J’aimerais bien avoir l’occasion d’échanger avec l’auteur aussi, il doit avoir des choses intéressantes à dire, notamment concernant sa documentation.”
==> Bonjour Lelf. En attendant de se croiser peut-être un jour sur un salon ou ailleurs, je me permets de vous renvoyer vers cette interview pour le site Elbakin, où j’ai parlé un peu de mon travail de documentation autour du “Déchronologue” : http://www.elbakin.net/fantasy/news/Stephane-Beauverger-nous-parle-du-Dechronologue
(attention, pour ceux qui ne l’auraient pas lu, certaines questions “spoilent” un peu quelques secrets de ces Caraïbes alternatives ^^)
Cordialement
____
sTeF
Merci pour ton passage Stéphane, ainsi que pour le lien. Au plaisir de te croiser un jour ! ^^
ce livre est dans ma LAL depuis qu’il est sorti, je pense qu’l fera partie de mes lectures 2011!
Effectivement c’est une lecture difficile, ne serait ce que par la trame temporelle déstructurée. Je l’ai bien apprécié mais je crois que l’auteur à quand même pris un malin plaisir à mélanger les cartes ce qui nuit à la compréhension. La partie se déroulant aux 2/3 du livre lors de la conquête est assez rébarbative à mon avis.
Néanmoins un bon bouquin , mais pas si original que ça.