Mistborn (Brandon Sanderson)

Mistborn (Brandon Sanderson)

Mistborn Trilogy

Auteur : Brandon Sanderson
Editeur : Tor Books
Date de parution : 11/2009
Pages : 2272
Prix : 27$ environ

A Luthadel, capitale de l’Empire, l’adolescente Vin fait partie d’une bande de voleurs. Sa vie se résume à se cacher et se méfier, de ses compère aussi bien que des autorités. Il faut dire que l’empire est dirigé d’une main de fer depuis un millier d’années par le Seigneur Maître (Lord Ruler). Dans ce monde, il faut prendre garde aux brumes nocturnes qui tuent régulièrement les gens s’y aventurant et affronter les pluies de cendres permanentes. Mais surtout, il faut se méfier de la noblesse, qui est la seule à avoir accès à l’allomancie (une puissante magie des métaux) et qui a tous les droits sur les gens du peuple.
Mais un jour, Vin va voir s’ouvrir à elle tout un nouveau monde, en se retrouvant à travailler pour Kelsier, un voleur à l’histoire tragique qui s’est fixé un objectif fou dans ce monde où tout paraît impossible : renverser le gouvernement.

Mistborn (Fils-des-brumes en français) est une trilogie de Sanderson qui présente une particularité :  il est possible de ne lire que le tome 1, et éventuellement de s’arrêter à la fin du tome 2. Il est assez rare de trouver des séries de Fantasy permettant cela.

un scénario classique, une construction excellente

L’idée est très intéressante et bien menée même si elle est classique à la base : rendre les choses meilleures dans ce monde cruel en renversant un gouvernement. L’approche et la construction sont originales, et Sanderson arrive assez rapidement à faire ressentir ce qui ne va pas dans ce monde, ce qui doit changer. Les trois tomes sont construits sur le même modèle, l’histoire est menée sans vraiment laisser entrevoir où l’auteur souhaite emmener le lecteur. Nous suivons en effet le point de vue de Vin, qui est loin de tout savoir/comprendre sur ce qui se passe. Cela est renforcé par la grande capacité de l’auteur à distiller les informations au bon moment. Il est souvent très difficile de savoir où il désire nous emmener. Et non pas parce qu’il a construit son histoire sans savoir où il allait lui même, mais bien parce qu’il la maîtrise énormément. Il utilise toujours les petits détails qu’il a laissé percer bien avant et arrive à tout expliquer, à ne rien laisser dans l’ombre.

une maitrise des retournements de situation

Sanderson prouve ici qu’il est très fort pour réguler les émotions chez ses lecteurs, et pour retranscrire celles de ses personnages. Il arrive à la perfection à faire ressentir le désespoir de Vin et ses compères, mais aussi à distiller l’espoir assez régulièrement pour éviter la lassitude. Mais sa spécialité, s’il en a une, est le retournement de situation. Il en use et abuse en arrivant à surprendre avec la fin des différents tomes (surtout les deux derniers). De plus, chose assez rare pour être mentionnée, il ne se fixe pas beaucoup de limites sur ce qu’il fait subir à ses héros. Il a compris que le monde idéal est une utopie, et nous le transmet au travers de ses personnages et des tourments qu’ils subissent.

Sanderson, un auteur incontournable

Personnellement, j’ai beaucoup aimé, une fois plongé dans l’histoire j’ai eu du mal à la lâcher avant la fin, chaque tome apporte un regain d’intérêt fort pour l’histoire. Il y a pas mal de chose que je n’ai pas vu venir (ou du moins je ne m’attendait pas quelque chose d’aussi fort) contrairement à mon habitude. Je suis ravi d’avoir pu découvrir le travail personnel de Brandon Sanderson, pour faire la différence avec la patte de Robert Jordan dans le dernier tome de la Roue du Temps. Ma conclusion est simple : Sanderson est un nouvel auteur incontournable de la Fantasy. J’ai désormais hâte de découvrir ses autres travaux !

PS : J’ai lu les Mistborn en VO, mais la traduction du tome 1 par Mélanie Fazi vient tout juste de sortir chez Orbit. Vous pouvez d’ailleurs lire le premier chapitre sur leur site.