Élantris (Brandon Sanderson)

Elantris (Brandon Sanderson)

Elantris

Auteur : Brandon Sanderson
Editeur : Tor Books
Date de parution : 08/2006
Pages : 656
Prix : 7,99$

Élantris était une cité resplendissante, la cité des Dieux. Tout y était merveilleux, elle brillait de mille feux, ses habitants étaient immortels et pratiquaient la magie. C’était le Shaod, une magie bienveillante, qui transformait des personnes au hasard, pendant la nuit, les rendant immortelles et leur permettant de vivre dans Élantris.  Mais voilà, cette bénédiction, cette splendeur a pris fin il y a 10 ans.

un premier roman intéressant

Sanderson propose dans Élantris, son premier roman, un scénario intéressant et assez inhabituel : un mariage arrangé entre les héros, une disparition tragique qui les empêche de se rencontrer, un grand prêtre qui essaye de convertir tout le royaume, autant de points peu communs. Il emploie des personnages qui ne répondent pas aux clichés habituels de la fantasy. Il privilégie l’aspect politico-religieux à l’aspect combat entre brutes sanguinaires ruisselantes de sueurs, ce que j’ai trouvé plutôt rafraichissant, surtout venant d’un nouvel auteur. Le tout est appuyé par des dialogues biens construits, avec un peu de finesse, tout en restant simples.

une construction plutôt originale

La construction est assez originale, Sanderson a choisi d’alterner ses chapitres de manière à suivre les trois personnages principaux (qui ne sont pas nécessairement dans le même camp). Cela est intéressant, mais peut devenir gênant par moments. En effet, si au début il existe un équilibre entre ces différents intervenants, au bout d’un moment on nous révèle plus d’informations sur certains personnages. Peuvent donc apparaître des paragraphes très courts qui sont plutôt frustrants et n’apportent rien, ou très peu. Bien sûr ce déséquilibre a ses raisons, si il n’était pas là, les rebondissements seraient difficiles, voire impossibles. Même si l’idée d’alterner un chapitre par protagoniste est très intéressante et apporte beaucoup au début, on peut se demander s’il n’aurait pas dû repasser à une construction plus classique par la suite.
Cette sensation est renforcé par un autre point. Sanderson essaye d’induire des éléments de surprise, des retournements de situation, assez régulièrement dans l’histoire. Il y arrive plutôt bien, mais le problème, c’est que cette alternance de chapitres donne un rythme régulier qui est gênant. Assez systématiquement on va voir apparaitre un schéma : un problème surprise surgit dans un chapitre et dans le chapitre suivant du même personnage, la solution.

une lecture agréable

Au final cela reste une lecture agréable, et vraiment très bonne si on tient compte du fait qu’il s’agit d’un premier roman. En absolu, c’est vrai il y a des défauts importants, mais les points forts valent vraiment le coup. Ayant déjà lu d’autres oeuvres de Sanderson, il est d’ailleurs possible de voir qu’il s’est amélioré et a corrigé certains de ses défauts. Élantris est au final, pour moi, une oeuvre qui mérite le détour et permet de passer un bon moment de lecture.

Élantris est paru en 2009 chez Orbit en deux volumes (couvertures d’Alain Brion) : Chute & Rédemption.