Christopher a 15 ans et vit avec son père dans une petit ville anglaise nommée Swindon. Un soir, alors qu’il fait une promenade, il découvre le chien de la voisine, Wellington, une fourche plantée dans le flanc. Le jeune garçon décide alors de mener son enquête pour trouver le meurtrier. Oui mais voilà, Christopher est autiste et sa décision risque bien de perturber son environnement si rassurant.
Narrateur et narration originaux
Non seulement le roman a pour héros un adolescent atteint du syndrome d’Asperger, mais l’auteur a pris le risque de choisir une narration à la première personne, entrant lui-même dans la peau de Christopher. Le choix est audacieux et il a surement fallu un gros effort de documentation avant de se lancer dans l’écriture de ce récit. Les pensées du héros sont un peu décousues, les digressions nombreuses pour mieux expliquer ses pensées. Des dessins ou autres graphiques ponctuent les explications du petit génie des maths fan de logique. Le côté amateur et enfantin de l’écriture contribuent au charme de ce roman qui trouve son équilibre entre l’intrigue et les parenthèses concernant les petites manies de Christopher.
Une enquête, un apprentissage de la vie
Le pitch annonce une enquête policière, que l’adolescent commence à écrire sur les conseils d’une de ses professeurs. Mais très vite le lecteur se rend compte qu’il s’agit de plus que ça. Le décès de Wellington n’est que le point de départ d’une histoire qui met avant tout l’accent sur le quotidien de l’enfant et de son entourage ; quotidien qui va être bouleversé par les découvertes qui jalonnent l’enquête et mettent Christopher face à des choix difficiles. En suivant le héros, le lecteur se rend compte des difficultés sociales que peut rencontrer un autiste, qu’il s’agisse de parler à des inconnus ou de savoir maîtriser ses fréquents accès de panique ; ainsi que de la patience nécessaire à ceux qui l’entourent pour affronter les soucis au jour le jour.
A noter que le lecteur pourra être un peu dérouté quand le récit s’élargit de la simple enquête pour se focaliser plus sur le héros, l’objectif du livre et les attentes devant s’adapter.
Un récit très dur, des choix pas évidents
Certains détails semblent peu cohérents ; comme au début quand, faisant une liste de ses possessions, Christopher en oublie une (erreur rarissime pour un autiste), mais également lorsqu’il arrive à surmonter ses peurs de façon répétitive dans une même journée (un autiste dont l’environnement vole en éclat peut-il réussir aussi bien à s’adapter ?). N’étant pas spécialiste du comportement autiste, je ne peux qu’émettre une légère réserve qui ne gâche en rien la lecture mais laisse des questions.
Christopher n’a pas conscience des sentiments qui habitent ceux qui l’entourent, mais le lecteur si. Il est parfois dur d’être le témoin du comportement de l’adolescent, notamment lorsque la peur le pousse à être violent et à se renfermer sur lui-même. L’autisme est bien entendu une excuse incontestable pour justifier une telle attitude, mais parfois le lecteur n’en peut plus à son tour. Certains pourront éprouver une forte sympathie pour l’enfant, d’autres auront sans doute moins de patience. Dommage. Mais si l’empathie ne fonctionne pas toujours envers le héros, elle fonctionne envers les parents et le désespoir qui les habite, qui les pousse parfois à faire des gestes qu’ils regrettent ensuite.
Un bon bouquin, d’autant meilleur si le lecteur s’attache au héros. Un exercice de style réussi qui réveille une palette d’émotions, pas forcément positives.





J’ai lu ce livre il y a quelques temps et il m’a laissé la même impression qu’à toi. Tu me donnes envie de le relire
Ça a l’avantage de se lire vite. Et comme c’est une lecture complètement à part, ça se prête bien à relecture
J’avais dévoré ce livre il y a déjà qqs temps. En tant que maman, j’ai vraiment ressenti la douleur des parents. ca m’avait bouleversée.
Je me suis sentie proche de la maman, alors que je n’ai pas d’enfant. Mais j’ai vraiment compris sa douleur.
Comme je te le disais hier soir (ou ce matin), j’ai moi aussi lu ce livre il a quelque temps, et il m’a laissé un sentiment un peu étrange. J’ai du mal de me sentir proche d’un univers que je ne connais pas et au final, Christopher en devient effectivement un peu énervant.
A lire quand même, rien que par curiosité.
Je suis rassurée de ne pas être la seule énervée par Christopher. J’ai cru un instant être devenue un monstre ^^
Comme toi je pense que ce roman est à lire malgré tout.
Ma fille l’a lu il y a quelques années et avait beaucoup aimé.
Moi c’est ma belle mère qui l’a lu il y a quelques années et avait bien aimé. C’est un livre qui fonctionne bien au bouche à oreilles ^^
Comme je te l’ai dis également, j’avais bien aimé ce livre. Certes Christopher est agaçant, mais ça reste suffisamment bien écrit pour ne pas avoir gâché ma lecture, surtout que c’est en partie compensé par son autisme, qui n’excuse pas tout pour autant, mais qui provoque beaucoup de situations ardues pour l’entourage
J’ai beaucoup aimé ce livre, pour le point de vue inhabituel qu’il donne sur l’autisme. On a l’impression de mieux comprendre ce que c’est en finissant le bouquin.
Je l’ai lu en anglais : il est très facile (vu que le langage est adapté à Christopher), c’est un bon livre pour entretenir son anglais sans lutter à chaque mot!
Il faut le lire en anglais ! Je trouve que c’est une langue qui fonctionne beaucoup mieux pour le personnage. Elle est plus synthétique. Et surtout, choix graphique important, le texte est entièrement en police type arial, qui donne un côté plus mathématique. Choix pourtant significatif ignoré par ces abrutis d’éditeurs (oui je suis fâché) pour la vf.
[...] en parlent : Lelf, Livr0ns-n0us, Erato 47.079652 2.392097 J'aimeJ'aime Posted in Angleterre, Challenge [...]