Chroniques Martiennes (Ray Bradbury)


[livre image= »http://www.imaginelf.com/wp-content/uploads/chroniques_martiennes.jpg » titre= »Chroniques Martiennes » soustitre= » » anthologiste= » » auteur= »Ray Bradbury » couverture= » » editeur= »folio SF » dl= »1997″ pages= »318″ prix= »5,60€ » note= »8″/]

Janvier 2030, la première fusée d’exploration décolle pour Mars dans une vague de chaleur hivernale. Les yeux se lèvent vers les cieux plein de promesses. C’est le début d’une conquête importante pour l’humanité, la découverte d’un ailleurs fabuleux, à la fois accueillant et hostile.

Les cow-boys à la conquête de l’Ouest

Conquête de Mars ou conquête de l’Ouest ? En vérité, les lieux et les temps sont interchangeables. De nombreux éléments sont communs à toute conquête, tels une terre vierge (ou pas tant que ça…) à conquérir, des pionniers laissant leur famille derrière eux, l’adaptation à un nouveau climat ou la construction d’un nouveau chez-soi. L’identité culturelle est aussi trompeuse, des détails futuristes en jouxtant d’autres plus traditionnels, les gilets anti-gravité côtoyant les maison rurales en bois, les villes martiennes ayant des allures de communes américaines des années 1950. Autant de détails qui font des Chroniques Martiennes un épopée universelle.

Des tranches de vie pleines d’émotion

Les nombreux textes n’ont que peu de liens entre eux. Ils ont pour héros des martiens, des hommes et des femmes, sur Terre ou dans les cieux, des aventuriers ou des casaniers ; prennent place dans des campagnes et des villes. Et surtout, Ray Bradbury met en scène des émotions. Plus que la conquête elle-même, l’important réside dans la manière dont les protagonistes abordent l’immensité de l’espace, l’aménagement d’une planète inconnue, la séparation d’avec la Terre, ceux qu’elle porte et ce qu’elle représente. Il en découle des descriptions émerveillées et colorées, pleines de vent, d’odeurs et de couleurs. Le lecteur sourit ou angoisse avec les explorateurs et les martiens, emporté par le style subtil de l’auteur.

Un léger manque de fluidité

Malheureusement, de par son format, Chroniques Martiennes ne se prête pas à une plongée totale dans son univers, la lecture changeant sans cesse de rythme au gré de la longueur des nouvelles et l’attention sautant d’un personnage ou d’un lieu à l’autre rapidement. Le lecteur, souvent sorti de sa contemplation, doit faire un effort pour se replonger dans cet autre monde. Néanmoins, la poésie opère sur chacun des textes et le lecteur saura sans doute trouver son propre rythme pour l’apprécier au mieux dans son ensemble. La version originale anglaise serait éventuellement à privilégier pour apprécier les propres mots de l’auteur, ses propres tournures de phrase, sa vision brute. A noter l’introduction écrite des années après la première parution où l’auteur analyse son travail avec du recul ; un vrai plus de cette édition.

Une leçon pour l’humanité

En dehors de l’épopée, c’est une ode à tout ce qui nous entoure que nous offre Bradbury. Il démontre l’importance des paysages et des personnes à l’échelle de l’individu et surtout, il prouve que la Terre et tout ce qu’elle comporte est précieuse. Sur le papier, les Hommes ont besoin de partir sur Mars pour s’en rendre compte et malgré cela, la morale est amère.

Chroniques Martiennes se laisse bien lire, à condition de prendre les nouvelles comme elles viennent, simples tranches de vie, un peu science-fiction, beaucoup poésie, mais surtout aventure humaine.