Archives

Apocalypse sur Carson City T.1 (Griffon)

Apocalypse sur Carson City
Episode 1 : Fuite Mortelle

Scénario : Griffon
Dessin : Griffon
Editeur : Akiléos
Parution : 02/2010
Pages : 96
Prix : 15€

Vendredi 29 octobre 1982, état du Nevada. Tout semble calme à Carson City, quand un pêcheur connaît une fin atroce.
4 jours plus tôt, zone 51. Le Général Matthews vient visiter une installation militaire où travaille le professeur Phobic, un savant fou. Un accident de laboratoire plus tard, le monde (enfin au moins Carson City) est sur le point de basculer dans l’horreur.

Une recette complète

Carson City est un véritable casting de personnages clichés des films d’horreur (ou des films américains en général). Cuistot gras, professeur foldingue, gangsters, jolie fille blasée, flics à la gâchette facile et autres individus plus ou moins louches se croisent d’une manière ou d’une autre au fil des pages. Le choix du lieu, isolé, typé “Amérique profonde”, n’est pas laissé au hasard. Le point de départ de l’aventure, un incident militaire aux conséquences mal évaluées est l’élément typique de la plupart des aventures impliquant des zombies (mais si, souvenez-vous, l’animal libéré d’un laboratoire par des extrémistes, un virus synthétique qui s’échappe d’un complexe ultra-secret…).
Bref, Apocalypse sur Carson City est LA recette pour réaliser tout bon film ou livre d’horreur qui se respecte. Les références à des titres du cinéma et de la télévision sont nombreuses et plus ou moins discrètes, au lecteur perspicace de les retrouver dans le décor ou la mise en scène.

Un second degré jouissif

Heureusement, la série ne se prend pas au sérieux. L’accumulation des clichés en est un premier indice, mais Griffon en rajoute et ose, en présentant ses personnages au fur et à mesure de leur apparition, donner une estimation de leur temps de survie en nombre de pages. Les situations sont grotesques, volontairement exagérées dans leur déroulement, mais l’auteur sait éviter l’indigestion grâce à l’aspect complètement décalé de son œuvre. Fuite Mortelle est un album sanglant, accumulant les cadavres, préparant le terrain pour l’invasion. Pourtant, la tournure est tellement absurde, que le rire est de mise. Rire un peu carnassier peut-être, mais sans complexe. La morale n’est pas de mise à Carson City.

Un graphisme idéal et original, une bonne construction narrative

Déjà remarqué pour son travail sur Billy Wild (scénario de Céka), Griffon fait une nouvelle fois preuve de son talent. Têtes disproportionnées, traits exagérés, bouches toutes en dents et noir et blanc sont devenus sa marque de fabrique. Sa technique est particulièrement bien adaptée sur cette nouvelle série, contribuant à l’ambiance noire et à l’exagération générale. Les personnages sont assez effrayants, disgracieux, sauf bien sûr la pin-up de service toute en courbes.
La narration n’est pas en reste. Dans ce premier opus en tant que scénariste, Griffon choisit de montrer la succession des événements qui ont conduit à l’apparition de la menace. L’enchaînement fait penser aux films de genre, l’auteur appâtant le lecteur dans les premières pages avant de partir en flash back, les plans alternant entre vue d’ensemble et gros plans bien choisis. L’action est dosée précisément pour donner un rythme endiablé et le lien entre les différentes scènes, en apparence très différentes, se tisse peu à peu pour amener au résultat final et au croisement de tout ce petit monde. Il est bien entendu difficile de parler de la qualité narrative de manière globale à partir du seul premier tome, mais la maîtrise de la construction laisse entrevoir une suite toute aussi intéressante et une montée en puissance. Âmes sensibles, s’abstenir.

Ennemis des zombies, alliez-vous et rejoignez la lutte à Carson City ! Rire et frissons garantis.

  • Facebook
  • Twitter

Leave a Reply