Wheel of Time t.12 (Robert Jordan – Brandon Sanderson)

The Wheel of Time t.12 (Jordan, Sanderson)

Wheel of Time

12. The Gathering Storm

Auteur : Robert Jordan, Brandon Sanderson
Editeur : Tor Books
Date de parution : 10/2009
Pages : 784
Prix : 30$

La prison de Shai’tan, le seigneur des Ténèbres, commence à montrer ses faiblesses et son occupant parvient à nouveau à répandre son influence néfaste sur le monde, à corrompre les pouvoirs. Ses armées commencent déjà à se reformer, à s’aventurer là où elles n’osaient plus aller. Mais qui pourra les arrêter, qui pourra resceller la prison du Ténèbreux ? La prophétie parle d’un Dragon réincarné, un homme avec un pouvoir immense qui guidera les armées à la victoire. Moiraine, une Aes Sedai, a consacré sa vie à chercher cet homme. Au début de la série, dans un petit village isolé, Moiraine découvre, parmi d’autres habitants, trois jeunes hommes. L’un d’eux est le Dragon, elle en est sûr et certaine, mais lequel ? Pas le temps de décider ; traqués par les séides de Shai’tan, il leur faut fuir. C’est ainsi que Rand, Perrin et Mat se retrouvent sur les routes accompagnés de l’Aes Sedai et de quelques autres personnes, en direction d’une destinée plus qu’incertaine.

23 ans pour ne pas voir la fin…

La Roue du Temps (Wheel of Time) est un grand cycle de fantasy né sous la plume de Robert Jordan en 1984. L’auteur a consacré une grande partie de sa vie à cette histoire, et plus que sa vie, son coeur. Mais il n’en verra hélas pas la fin, étant décédé en septembre 2007 d’une amylose, après la publication du tome 11 (sur 12 de prévus à ce moment là). Brandon Sanderson, jeune auteur prometteur, a repris le flambeau (et les très nombreux brouillons) pour écrire la fin. Il a très vite annoncé qu’il faudrait diviser le tome 12 en 3 (si vous suivez cela fait donc 14 tomes au total) et s’est attelé à l’ouvrage. La première partie de ce tome 12, The Gathering Storm, est sorti en octobre dernier aux USA.

Est-ce que le changement d’auteur se ressent et gêne ?

Une question qu’on peut se poser tant il semble difficile de reprendre une série, et encore plus de s’imprégner du style d’un autre auteur ! En pratique, le tome 12 intervient à un tournant du récit. Un changement de rythme important en ressort, sans qu’il s’agisse d’une faute de l’auteur. En effet, sur une série aussi longue la narration a été adaptée, le rythme s’étant fortement ralenti depuis le tome 6. Avec le dénouement qui approche, tous les engrenages commencent à se mettre en marche. Nous somme donc dans un récit où les révélations commencent à tomber, où des problèmes commencent à trouver des solutions. The Gathering Storm est bien plus basé sur l’action que le tome précédent, présentant un style plus direct. Là où Brandon Sanderson a été très intelligent, c’est de ne pas avoir essayé de faire du plagiat, en faisant ce qu’il sait faire de mieux : installer une ambiance sombre et faire avancer les choses. La transition d’une plume à l’autre se fait en douceur, certainement dû au fait que Robert Jordan avait déjà des brouillons assez avancés de ce tome. On observe donc un mélange très fluide des deux styles.

Un tome qui joue avec les émotions

Pour moi La Roue du Temps reste un saga excellente. L’accélération du rythme, la sensation de voir le dénouement approcher redonne un intérêt nouveau, permet de relancer après une torpeur qui commençait à s’installer dans les derniers tomes. J’y ai retrouvé les personnage auxquels je me suis attaché, ce monde hyper détaillé et réaliste, mais aussi ces personnalités si dérangeantes tant elles sont réalistes. Oui, ici les hommes sont des hommes, ils feront n’importe quoi pour protéger ceux qu’ils aiment, ils ont soif de pouvoir, ils ont peur de mourir. Des amis s’opposent, se déchirent, des ennemis se comprennent. On vit ces sentiments ambigus avec les personnages. Dans ce tome 12, Sanderson arrive à donner un poids très fort aux émotions. Jamais je n’avais vu la situation aussi désespérée que dans ce tome, aussi vide d’espoir pour le Dragon et l’humanité ; mais d’un autre côté il arrive à nous éclairer avec la réussite d’autres personnes. Il réussit à mettre cette boule dans la gorge, à nouer les tripes. Pour cela, je le remercie. Ce tome est excellent, meilleur que les précédents et relève quasiment du chef d’oeuvre. Quasiment car on en espère toujours plus pour le suivant, et toujours plus fort.

Plus qu’à attendre la suite avec fébrilité (fin 2010 pour le tome 13) en lisant Mistborn (une trilogie de Sanderson en cours de traduction chez Orbit).