Ubik (Philip K. Dick)

[livre image= »http://www.imaginelf.com/wp-content/uploads/Ubik.jpg » titre= »Ubik » soustitre= » » anthologiste= » » auteur= »Philip K. Dick » couverture= » » editeur= »10-18″ dl= »02/1999″ pages= »285″ prix= »7€ » note= »9″/]


« Les amis, tout doit disparaître!
Nous soldons la totalité de nos Ubik électriques, silencieux, à des prix défiant toute concurrence.
Oui, nous liquidons l’ensemble de nos articles.
Et n’oubliez pas que tous les Ubik de notre stock ont été utilisés conformément au mode d’emploi. »

Chaque chapitre commence ainsi, avec une pub en en-tête ventant les mérites d’un mystérieux produit nommé Ubik.
Mais passons. A une époque où les pouvoirs psy se développent, il est normal de penser à se protéger contre des incursions indélicates dans la vie privée de chacun. Heureusement, il existe également des neutraliseurs, capables comme leur nom l’indique de contrer les pouvoirs des télépathes. Leurs services sont disponibles, moyennant paiement, auprès d’entreprises qui les emploient. Or, les plus puissants des télépathes et précogs semblent disparaître brutalement de la surface de la planète. L’affaire est inquiétante et Glen Runciter, propriétaire de la plus grande firme anti-psis, compte bien la résoudre.


Ubik c’est une histoire de gens avec des pouvoirs.
Ou alors Ubik c’est une histoire de voyage dans le temps.
Peut être qu’en fait il s’agit d’une enquête palpitante.
A moins qu’Ubik soit un conte sur la vie et la mort.

Un décalage temporel

En fait, Ubik est tout ça et bien plus encore. L’histoire commence en 1992, au temps des voyages spatiaux et des pouvoirs psychiques, ce qui a de quoi faire sourire pour le lecteur des années 2 000. De fait, certains objets décrits au fil des pages peuvent paraître un peu rétro malgré leur emploi futuriste. Loin de gêner la lecture, ces éléments ajoutent du charme à un univers qui n’en manque déjà pas. De plus, l’auteur nous fait revivre un XXème siècle plein de nostalgie, recréant des modèles de voiture depuis bien longtemps disparus, ou autres ancêtres de téléphones. Le lecteur évolue comme les héros, à la fois dérouté et en milieu familier, aussi perplexe qu’eux devant l’absurdité de l’aventure.

 

Des rebondissements à la pelle

La grande force de cette œuvre est de surprendre sur de multiples plans et à de multiples reprises. A chaque fois que la clé du récit semble à portée, Philip K. Dick entraîne sur une autre route, encore plus loin dans le mystère. Histoire à tiroirs, Ubik ne cesse d’étonner et de prendre les attentes à contre-pied, pour le plus grand bonheur du lecteur. L’intrigue se dévoile peu jusqu’au dénouement, sans pour autant ennuyer ou perdre dans des détours sans fin. Le temps est compté et la course n’admet aucun temps repos. Le fameux Ubik lui-même, présent en fond tout le long, reste une énigme complète dont la solution est apportée sur le tard, pour donner sens à tout ce qui précède.

 

Une histoire d’Homme

Le personnage central, Joe Chip, est toujours fauché, blasé, l’air paumé, mais reste malgré tout très professionnel. Il ne manque étonnamment pas de charisme malgré son laisser aller apparent et donne même une légère allure de roman noir à l’ensemble. Chaque protagoniste a sa personnalité bien colorée, complexe, originale et mystérieuse. L’aventure humaine est importante pour l’âme du roman, la part belle étant laissée à l’action et à la réflexion. En aucun cas l’environnement ne prend plus de place que les acteurs qui le subissent, restant un décor moteur d’avancées dans l’intrigue.

Incontournable

Palpitant, complexe et original, Ubik est un livre à ne pas manquer pour les amateurs de science-fiction comme pour ceux qui rechercheraient « simplement » un récit magistralement construit et difficile à anticiper jusqu’à la dernière ligne. Plusieurs mondes se croisent là-dedans, façon schizophrène. Il y a de quoi sourire, de quoi frissonner, il y a du suspense et de l’action. Bref, il y a de tout, en quantité et surtout en qualité.