« Les amis, tout doit disparaître!
Nous soldons la totalité de nos Ubik électriques, silencieux, à des prix défiant toute concurrence.
Oui, nous liquidons l’ensemble de nos articles.
Et n’oubliez pas que tous les Ubik de notre stock ont été utilisés conformément au mode d’emploi. »
Chaque chapitre commence ainsi, avec une pub en en-tête ventant les mérites d’un mystérieux produit nommé Ubik.
Mais passons. A une époque où les pouvoirs psy se développent, il est normal de penser à se protéger contre des incursions indélicates dans la vie privée de chacun. Heureusement, il existe également des neutraliseurs, capables comme leur nom l’indique de contrer les pouvoirs des télépathes. Leurs services sont disponibles, moyennant paiement, auprès d’entreprises qui les emploient. Or, les plus puissants des télépathes et précogs semblent disparaître brutalement de la surface de la planète. L’affaire est inquiétante et Glen Runciter, propriétaire de la plus grande firme anti-psis, compte bien la résoudre.
Ubik c’est une histoire de gens avec des pouvoirs.
Ou alors Ubik c’est une histoire de voyage dans le temps.
Peut être qu’en fait il s’agit d’une enquête palpitante.
A moins qu’Ubik soit un conte sur la vie et la mort.
Un décalage temporel
En fait, Ubik est tout ça et bien plus encore. L’histoire commence en 1992, au temps des voyages spatiaux et des pouvoirs psychiques, ce qui a de quoi faire sourire pour le lecteur des années 2 000. De fait, certains objets décrits au fil des pages peuvent paraître un peu rétro malgré leur emploi futuriste. Loin de gêner la lecture, ces éléments ajoutent du charme à un univers qui n’en manque déjà pas. De plus, l’auteur nous fait revivre un XXème siècle plein de nostalgie, recréant des modèles de voiture depuis bien longtemps disparus, ou autres ancêtres de téléphones. Le lecteur évolue comme les héros, à la fois dérouté et en milieu familier, aussi perplexe qu’eux devant l’absurdité de l’aventure.
Des rebondissements à la pelle
La grande force de cette œuvre est de surprendre sur de multiples plans et à de multiples reprises. A chaque fois que la clé du récit semble à portée, Philip K. Dick entraîne sur une autre route, encore plus loin dans le mystère. Histoire à tiroirs, Ubik ne cesse d’étonner et de prendre les attentes à contre-pied, pour le plus grand bonheur du lecteur. L’intrigue se dévoile peu jusqu’au dénouement, sans pour autant ennuyer ou perdre dans des détours sans fin. Le temps est compté et la course n’admet aucun temps repos. Le fameux Ubik lui-même, présent en fond tout le long, reste une énigme complète dont la solution est apportée sur le tard, pour donner sens à tout ce qui précède.
Une histoire d’Homme
Le personnage central, Joe Chip, est toujours fauché, blasé, l’air paumé, mais reste malgré tout très professionnel. Il ne manque étonnamment pas de charisme malgré son laisser aller apparent et donne même une légère allure de roman noir à l’ensemble. Chaque protagoniste a sa personnalité bien colorée, complexe, originale et mystérieuse. L’aventure humaine est importante pour l’âme du roman, la part belle étant laissée à l’action et à la réflexion. En aucun cas l’environnement ne prend plus de place que les acteurs qui le subissent, restant un décor moteur d’avancées dans l’intrigue.
Incontournable
Palpitant, complexe et original, Ubik est un livre à ne pas manquer pour les amateurs de science-fiction comme pour ceux qui rechercheraient “simplement” un récit magistralement construit et difficile à anticiper jusqu’à la dernière ligne. Plusieurs mondes se croisent là-dedans, façon schizophrène. Il y a de quoi sourire, de quoi frissonner, il y a du suspense et de l’action. Bref, il y a de tout, en quantité et surtout en qualité.
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je ne garde aucun souvenir de la lecture de ce bouquin, mais tu me donnes envie de le relire
J’ai trouvé ça vraiment sympa et original. Beaucoup moins carré que ce dont j’avais l’habitude en SF. Et le côté kitch/nostalgie est très bon ^^
Ah j’adore Philip K. Dick ce type était tout simplement génial pour moi… Et Ubik est mon livre préféré de lui, peut-être même mon livre préféré tout court, (y’a un moment que je l’ai relu d’ailleurs)… Cette histoire est juste superbement construite, et ça tient en haleine jusqu’au bout, il n’y a pas un seul temps mort !!
Il est vrai que la construction est vraiment excellente ! Cette lecture a été une bonne surprise, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre niveau style
Là, j’ai encore plus envie de lire Ubik ! Tu verras, dans l’une des nouvelles du recueil Immunité et autres mirages futurs, il exploite le thème des neutraliseurs. Apparemment, il se servait beaucoup de ses nouvelles comme matériel de base pour écrire ses romans. J’ai hâte de découvrir son univers plus en profondeur.
Je vois que tu es en train de lire Chroniques Martiennes, j’ai beaucoup aimé aussi.
Bonne lecture !
Moi aussi j’ai très envie de le découvrir mieux, notamment par ses nouvelles. Merci Lucie ^^
Bravo pour cette très belle présentation. Voilà en effet une oeuvre phare d’un auteur majeur.
Merci El JC. Et dire que j’ai choisi ce titre et cet auteur presque au hasard. ^^
Un chef d’œuvre, tout simplement. A lire et relire.
Bien dit. Pas mieux.
Très tentant ! Allé, on agrandit encore la LAL
Merci pour cette belle critique.
Philip K. Dick est mon auteur de science-fiction préféré ; il a inspiré de nombreux films dont Blade Runner, Total Recall, Minority Report ou Inception.
Relu dans le cadre de la lecture commune organisée par Lallou. Des années après ma dernière relecture, il garde toute sa force et sa pertinence.
Contente de savoir qu’il est aussi bon à la relecture, il y passera surement un jour ^^
Et oui, voilà, la LC a eu lieu et j’ai ADORE ce roman, dont tu parles merveilleusement bien, d’ailleurs.
Je le garde bien précieusement pour une future relecture, tellement il m’a plu.
Tu as raison, le côté rétro-futuriste est juste génial.
Bienvenue dans le fan club de Dick
Salut !
Tu viens de poster un commentaire qui contestait beaucoup ma chronique sur Ubik, et apparement tu n’as pas bien compris ce que je voulais dire, alors je viens m’expliquer ici, parce que je ne sais pas si tu reviendras sur mon blog (et puis comme ça tu pourras toujours le supprimer !)…
C’est pas pour être méchante (je crois que j’ai commencé un peu sec…) au contraire, je veux juste me justifier vu qu’apparement je me suis mal exprimée !
Alors j’ai écris que les personnages avaient tout des super héros, pas qu’ils en étaient : dans le sens où ils se battent pour leur convictions, bien qu’ils doutent énormément et qu’il y est quelques ratés (dans mon souvenirs…).
Sinon, j’ai dit qu’ils étaient très humain, dans le sens qu’ils ressentent beaucoup de choses, pas qu’ils étaient de genre humain, peut-être qu’on a pas les mêmes lectures de science-fiction mais je trouve que bien souvent les sentiments n’ont pas la première place dans les bouquins du genre, mais là, on sait souvent ce qu’ils ressentent… (la plupart des méchants dans la sf sont vraiment très méchants comme si ils n’avaient pas de conscience, bien que ce soit des humains je ne les trouve pas très humain dans ces cas là… je ne me souviens plus comment ils sont dans Ubik, mais j’espère que tu as compris ce que je voulais dire, parce que je ne saurais pas l’exprimer d’une autres façon !)
En lisant ton message j’ai vu à quel point tu devais être choquée, parce que j’aurais lu ça je l’aurais été aussi ! Mais c’est vrai que ce n’est pas avec la petite centaine de livre de sf que j’ai lu que je suis une spécialiste du genre mais bon mon père est suffisamment fan pour me tirer les oreilles si je sortais une énormité du genre…
Ben, merci !
Grâce à toi je vais pourvoir préciser les deux-trois petits trucs qui t’ont dérangée (et avec lesquels je suis totalement d’accord !)…
J’aime beaucoup ta critique en tout cas ! et merci d’être passée