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ECO Tome 1 (Bianco/Almanza)

ECO
La Malédiction des Schaklebott
Tome 1/3


Scénario : Guillaume Bianco
Dessin : Jérémie Almanza
Editeur : Soleil - Métamorphose
Parution : 10/2009
Pages : 71
Prix : 14,90€

 

La petite Eco a bien de la chance, elle vit dans une grande maison et possède des vêtements fabuleux. Normal, ses parents sont de grands couturiers dont la réputation n’est plus à faire. Malheureusement, la gloire a un prix, le travail accapare Monsieur et Madame Schaklebott et la petite fille grandit, solitaire, créant ses propres habits, espérant réveiller la fierté paternelle. Un jour, Monsieur Schaklebott lui confie une mission de la plus haute importance : livrer des poupées pour la fille du ministre ! Quel honneur ! Eco s’en va, fière, résolue à accomplir ce haut fait, afin de monter dans l’estime de ses géniteurs. Une rencontre sur le chemin fait basculer sa vie et face à son erreur, malgré toute sa bonne volonté, sa maman la maudit. C’est le début d’un cauchemar pour Eco, plus seule que jamais.


Un conte enchanteur

Difficile de résumer Eco avec de simples mots. Car Eco, c’est un bout de poésie, un conte à la fois ancien et moderne, une allégorie de l’enfance et des changements qui transforment le corps et l’esprit au fil du temps. Les rimes ponctuent un texte charmant et poétique où le ton est enfantin, mais pas forcément le propos. La dimension fabuleuse est accentuée par la présence, en tête de chaque chapitre, d’un extrait de « Jack et le haricot magique », qui n’est pas sans faire écho au récit. Le rythme de lecture est ponctuellement chaotique, rompant la fluidité mais convenant malgré tout bien à la double personnalité de cette bande dessinée.


Un graphisme recherché

La mise en page du texte et des images est un élément important faisant la différence entre « simple » BD ou livre illustré et « beau livre » à la narration recherchée. Impossible de savoir ce qui attend le lecteur qui tourne la page : du texte posé sur un dessin, un dessin illustrant légèrement le texte… Au point de se demander sur quels critères sont faits les choix graphiques, car aucune logique ne semble ressortir. Cependant, cette anecdote n’entache en rien le plaisir de ces découvertes.

Le trait se prête parfaitement au style revendiqué. Les proportions et perspectives sont entièrement repensées, donnant des personnages à la tête sur-développée et des maisons aux murs tordus. Il y a un côté Tim Burton dans ce style étrange, à la fois beau et inquiétant.


Du rêve au cauchemar, une ambiance maîtrisée

Justement, le dessin et les couleurs sont les acteurs importants d’un rêve qui vire au cauchemar. Ces formes fantasques transforment une maison accueillante en grotte sinistre, une figure aimante en menace. Ils permettent d’accentuer les expressions de terreur jusqu’à l’angoisse et de faire résonner les cris. Heureusement, la tendresse et la rêverie ne sont pas en reste et habitent joliment le visage d’Eco. Les couleurs sont éclatantes malgré l’ambiance sombre, admirablement retranscrites par des jeux d’ombres et de lumières. Ce festival de rose, violet, vert et orange est un ravissement pour l’oeil. Plus les pages tournent, plus le noir envahit les décors, comme pour mieux isoler la pauvre fillette déjà éprouvée. Le scénariste quant à lui n’épargne aucun doute, aucune douleur, à la fillette et complète les illustrations qui ne peuvent saisir en un seul plan toute l’amplitude de l’histoire.


Le renouveau du conte illustré

Les textes de Guillaume Bianco ont l’habitude de faire mouche, comme dans Ernest et Rebecca (une série jeunesse que j’affectionne particulièrement) ou Billy Brouillard (dont il a notamment tiré des contes très burtoniens). Les rimes lui vont assez bien et le duo qu’il forme avec Jérémie Almanza,  jeune auteur ayant déjà prouvé son talent sur Aristide broie du noir, fonctionne à merveille pour donner vie à la petite fille et ses fabuleux amis.

Entre conte enfantin et dure fable adulte, Eco a de quoi trouver un large public et se démarque comme un livre original sur la forme autant que sur le fond. Une histoire enchanteresse dont je ne manquerai la suite sous aucun prétexte.


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7 Responses to “ECO Tome 1 (Bianco/Almanza)”

  1. Anneso says:

    je ne connais ni cette bd ni cet auteur… mais il faut que j’y remédie vu que tu lui as décerné 4 kiwis !!

    • Lelf says:

      C’est que cette BD (livre illustré ?) mérite plein de kiwis ! :D
      C’est un beau livre, bien écrit, bien illustré, un conte original. Tout est dit, moi j’aime ce genre d’ambiance.
      J’espère que tu aimeras autant que moi ;)

  2. Pikachu says:

    Dommage que je ne lise pas de BD, sinon, je pense que ça m’aurait bien plu !

    • Lelf says:

      Le format est plus celui d’un livre pour enfant.
      Je parle de BD surtout parce que c’est édité chez Soleil Prod. Mais il n’y a pas de cases ou de dialogues comme une BD “classique” :)

  3. Mélimélo says:

    Ça va trop vite tes chroniques, y’en a tous les jours et même plusieurs par jours, j’arrive plus à suivre :)
    C’est du joli travail en tout cas.

    Et j’ai bien envie de l’avoir dans mes mains, ce livre en particulier ;)

    • Lelf says:

      Ça ne m’étonne pas. Aristide broie du noir te plairait à coup sûr aussi (il a un côté plus jeunesse, plus optimiste que ce conte noir) ;)

      (Et il y a une seule chronique par jour, pas plus, mauvaise langue :p )

  4. un petit bijoux pas rose bonbon du tout, une surprise que j’ai dévoré en quelques instants inoubliables

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