L’année dernière, pour mon premier Quai des Bulles, j’avais été admirative devant la mise en scène et l’ambiance des expos. Cette année, la surprise n’était plus, mais la qualité étant toujours au rendez-vous, la balade fut encore une fois bien agréable. Les surprises sont venues de la découverte de ces planches et dessins originaux que les auteurs nous font l’honneur de proposer à nos yeux émerveillés.
La « Petite souris, Grosse Bêtise » étant courue par de nombreux petits lutins et leurs parents, je n’ai pu observer que de l’extérieur. La pièce semblait très animée, ce qui a priori est une bonne nouvelle (non ?).
L’exposition Camille Jourdy était, comme attendue, colorée, simple et fraîche. La jeune femme possède un talent graphique indéniable et le succès non négligeable de sa Rosalie Blum reflète sans conteste sa force narrative. Ne connaissant que cette dernière série, j’ai pu découvrir les autres titres et univers de l’auteure en fin de parcours.
Dans le couloir longeant l’expo Glénat, se tenaient « Les fleurs de Tchernobyl ». Ce livre/reportage de Chasseboeuf et Lepage retrace leur voyage vers les lieux du drame et recueille leurs impressions. Les illustrations sont de toute beauté, le témoignage fort et émouvant. Un carnet de voyage nécessaire pour ne pas oublier ce qui s’est passé et ceux qui vivent encore dans des zones où le danger est encore présent.
Martha Jane Canary de Blanchin et Perrissin avait reçu l’année dernière le prix des lecteurs Ouest France / Quai des Bulles. Normal donc de lui consacrer un espace cette année. Peu de surprise graphique de ce côté ci, ce qui est tout de même un bon point pour la version imprimée, qui semble garder intact le travail des auteurs. L’intérêt majeur consistait en la diversité de matériaux : correspondance des auteurs, recherches graphiques et story-board notamment. Connaissant la BD et appréciant la force narrative autant que la beauté des dessins, nous nous sommes baladés en terrain connu. Pour quelqu’un qui découvrait l’œuvre, il n’était pas autrement possible que de tomber amoureux de cette Martha Jane là (oui… l’objectivisme n’est pas mon fort…).
Au détour de cette dernière exposition, se trouvaient les « Souvenirs de films » de 51 auteurs. Les artistes ont été conviés à refaire à leur manière les affiches des films qui les ont marqué d’une manière ou d’une autre au cours de leur vie. Le résultat est regroupé dans un livre où l’on trouvera à chaque fois l’image réalisée et une anecdote sur les raisons du choix de l’auteur. Les planches originales étaient parfois à couper le souffle et si certains créateurs étaient aisément identifiables, d’autres ont su surprendre. D’ailleurs il était facile de transformer la visite en jeu du « Devine qui qu’a fait quoi » (à condition de ne pas regarder les étiquettes ou les signatures, bande de tricheurs). Instant ludique du parcours au Palais du Grand Large.
Ma plus grande surprise sera allée vers la mise en avant du travail de François Boucq. Je connaissais vaguement, ayant lu des albums étant môme (donc oublié depuis) et lorgnant sur Bouncer de temps en temps. Mais je dois dire que l’exposition le mettait vraiment bien en valeur ! Les originaux, planches, dessins ou autres aquarelles, étaient tout bonnement impressionnants. La variété des styles graphiques et narratifs ajoutait un intérêt non négligeable à la découverte (découverte dans la découverte en somme). Peut être que cette exposition aurait gagné à avoir un poil plus de mise en scène, mais d’un autre côté l’œil était avant tout attiré par l’œuvre de Boucq et ça ne l’aurait pas forcément mieux mis en valeur. Exposition réussie donc, puisqu’elle m’a donné envie de (re)découvrir l’auteur.
Après les 20 ans d’Aire Libre (Dupuis) l’année dernière, c’était au tour de Jacques Glénat de souffler les 40 bougies anniversaire de sa maison d’édition. Pour l’occasion le festival nous proposait une remontée dans le temps ainsi qu’une rencontre avec l’homme par qui tout à commencé.
L’agencement permettait de bien apprécier les évolutions successives concernant la maison d’édition, entre panneaux explicatifs et originaux. Le futur avait également sa place avec la présentation pour la première fois du projet de préquelle du Troisième Testament : Julius, à paraître en 2010. Chaque collection ou subdivision était représentée et un coin lecture permettait de reprendre son souffle au cours de la visite. La véritable originalité allait aux hommages parsemés tout au long du parcours et commis par les auteurs édités chez Glénat. Ces réalisations auront été rassemblées à l’insu du créateur des éditions qui était à la fois ému et vexé de voir qu’un ouvrage avait pu lui échapper, lui qui tient à l’œil chaque projet qui entre dans sa maison. La diversité des décors était également un bon point de l’organisation de cette célébration.
Ne reste plus que l’invité d’honneur : Uderzo. Ce grand nom de la bande dessinée s’est vu attribué une tour sur les remparts (rien que ça) pour abriter une exposition/hommage. Le cadre était certes agréable mais le parcours laissait quelque peu dubitatif. Aux côtés de magnifiques photos et dessins se trouvaient des agrandissements peu flatteurs du travail de l’auteur ; les maquettes et figurines prenaient quant à elles un peu trop d’espace pour un hommage au dessinateur. Néanmoins, humour et respect étaient gavés sur les panneaux accompagnant les originaux. Pour le public ne connaissant pas autre chose qu’Astérix et Obélix, la présentation ratissait large et permettait de mieux découvrir le travail d’Albert Uderzo. Les amateurs confirmés auront pu en revanche trouver un goût de trop peu.
Encore une belle moisson pour les expositions de cette année avec des belles images et de quoi satisfaire tous les publics (qu’il s’agisse d’âge ou de goût).
(Et ce soir, les remises de prix)
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