Lulu femme nue T.1 (Etienne Davodeau)

Lulu femme nue tome 1 (Etienne Davodeau)

Lulu femme nue t.1

Auteur : Etienne Davodeau
Editeur : Futuropolis
Date de parution : 11/2008
Pages : 76
Prix : 16€

Où es-tu donc Lulu ? Pourquoi es-tu partie en laissant ton mari et tes trois enfants ? Te sentais-tu tellement écrasée par ta vie qu’il a fallu que tu plaques tout pour enfin avoir l’impression de respirer et de vivre ?
Nous t’avons retrouvée, Lulu. Et autour de cette table ce soir, nous nous racontons ton histoire pour enfin comprendre ce qui se passe en toi, ce besoin vital qui t’anime. Nous savons que tu reviendras un jour, aussi nous t’attendons.

Lulu est partie à quarante ans de chez elle, lasse de la recherche d’emploi, de son mari brutal et de l’effacement qu’elle s’impose. Seule sur la côte, au gré de ses rencontres, elle connaît une nouvelle naissance et retrouve un sourire depuis longtemps oublié.
Etienne Davodeau est passé maître dans l’art de donner à des personnes a priori banales, anonymes, une dimension quasi héroïque tout en gardant leur simplicité. Lulu est touchante de vérité dans son sentiment d’oppression et sa volonté de tout plaquer. Le propre trouble du lecteur trouve écho dans celui de cette femme courageuse.

Avec un tel synopsis, « Lulu femme nue » avait de quoi annoncer un ton morose et triste. Pourtant, il n’en est rien. Au contraire, l’oeuvre respire la joie de vivre et la légèreté. Le poids amené par la nouvelle du départ s’envole avec celui de Lulu lorsqu’elle se retrouve seule.
Le très beau dessin de l’auteur, en « sépia », s’accorde harmonieusement avec l’histoire, soulignant la moindre émotion de l’héroïne ou de son entourage. Le choix d’une narration par l’intermédiaire de ce dernier amène un dynamisme et permet au lecteur de se poser les mêmes questions sur les intentions de Lulu, sur la signification de ses actes et sur son état d’esprit.

Avec cette première partie, qui retrace la première étape de la nouvelle vie de son personnage, Etienne Davodeau prouve encore une fois que l’on peut créer une grande oeuvre en mettant en avant de petites gens.